Atelier-philo

          Le premier Atelier-philo a fait dialoguer le droit et la philosophie. Nous avons accueilli à cette occasion Denise Pombieillh, avocate à la cour de Pau, pour aborder collectivement et dans le cadre d'une discussion ouverte et d'une grande richesse, le sujet suivant : (animation et synthèse : David Pourille)

 

          Comment décide-t-on de ce qui est juste ou injuste ?

 

           Le but de l’atelier philo-droit a été d’ouvrir une réflexion sur la question « comment décide-t-on de ce qui est juste ou injuste » à partir du regard du droit, représentée par une avocate du barreau de Pau, et de celui de la philosophie, représenté par l’animateur de l’atelier.

           La présentation de la question : 

          La présentation du côté du droit a consisté dans un exposé précis du processus juridique conduisant à la décision de justice – l’arrêt, le jugement de justice. Ce processus de décision s’élabore à partir du syllogisme juridique, triptyque de la loi, à laquelle on soumet le fait à juger, et la décision qui en découle. Par ailleurs, deux conceptions de la justice existent dans la procédure judiciaire française : la justice commutative s’appuyant sur l’égalité ; et la justice distributive s’appuyant sur la proportionnalité, sur la prise en compte des parties (leur état de nécessité, les circonstances atténuantes…).

        D’emblée le parallèle entre droit et philosophie a été aisé à dresser puisque tant le syllogisme que la distinction justice commutative et distributive ont été théorisés par la philosophie, Aristote précisément.

          La présentation du côté de la philosophie a consisté quant à elle dans une critique de quelques grandes conceptions de la justice, celle d’Aristote et celle du droit naturel en particulier. Car que ce soit le critère aristotélicien de juste milieu entre l’excès et le défaut et le critère de justice existant dans un droit naturel surpassant les lois écrites du droit positif, rien ne s’impose dans son évidence et son universalité.

          Le débat :  

           A partir de cette double présentation, le débat s’est articulé autour de deux questions : quel pourrait être ce critère du juste et de l’injuste ? Et, l’idéal de justice confronté aux décisions de la justice conduit-il à un échec ou à une réussite ?

           Pour la première question, deux grandes tendances ont émergé. Une tendance a penché pour un critère du juste et de l’injuste dans le sentiment de justice, l’intuition naturelle. Une autre tendance a penché pour un critère s’inscrivant dans la loi écrite, dans le droit positif ; loi et droit certes imparfaits mais corrigibles et évolutifs.

            Pour la seconde question, là aussi deux grandes tendances ont émergé. Une tendance a penché pour une limitation de la justice à une simple sanction ou répression sans portée réparatrice. Une autre tendance a penché pour une issue réparatrice pour la victime et rééquilibrante pour la société.

         Les conclusions :

           D’une part, la justice est imparfaite, certes, mais parvient néanmoins à des résultats éducatifs, voire prophylactiques. D’autre part, le critère du juste et de l’injuste est sans doute moins à chercher dans une tradition ou dans les subjectivités des individus qu’à construire. Ce critère serait un projet à élaborer au sein d’une discussion collective argumentée et ouverte. Sans doute son point de départ pourrait être la prise en compte du respect de la personne humaine dans tous les champs de ses activités (créatrices ou productives)  et dans toutes les relations qu’elle entretient avec ce monde et cet environnement naturel radicalement modifiés.

             DP   

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