Métaphores : CAFES-PHILO - CERCLE LITTERAIRE à Pau

Bienvenue

Logo métaphore

L'association Métaphores vous souhaite la bienvenue sur son blog. Vous trouverez ici toutes les informations relatives aux activités philosophiques et littéraires (libres et gratuites) que nous organisons à Pau et environs : Cafés, Apéros, Ateliers, Bedous-philo, Manhattan-philo et Cercles littéraires ainsi que des discussions autour des sujets. 

N'hésitez pas à vous abonner à la Newsletter (cocher messages + news) pour recevoir l'annonce des activités à venir, les résumés et les informations complémentaires. Prenez part aux discussions en laissant un commentaire*. 

*Les commentaires fielleux, mettant en cause des personnes ou sans aucun rapport avec le sujet traité seront supprimés.

Posté par metaphores 64 à 19:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 mars 2018

APERO-PHILO - jeudi 26 avril 18 : Moins on se connait, mieux on se porte

Apero philo

Le prochain Apéro-philo, activité libre et gratuite, se tiendra le jeudi 26 avril à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

"Moins on se connaît, mieux on se porte." (Clément Rosset)

 

Guy Karl, présentateur-philosophe, fera une introduction problématisée autour des enjeux de la question d'une vingtaine de minutes avant de donner la parole au groupe qui décidera de suivre ou pas le plan proposé. 

Rappelons que nul n'est obligé de prendre la parole même si le groupe oeuvre collectivement à la résolution des problèmes. L'animateur fera des synthèses régulières en apportant si besoin des clarifications. Nous ferons une pause apéritive à mi-parcours (consommation non obligatoire) avant de reprendre pour une seconde partie. Fin de l'activité vers 21h. Possibilité de rester diner dans le restaurant.

Posté par metaphores 64 à 12:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
04 mars 2018

MANHATTAN-PHILO - Mercredi 2 mai 2018 : les 3 sujets

Manhattan-philo1

Le prochain Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) se tiendra le  mercredi 2 mai à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, le Manhattan-Philo propose 3 sujets édités ci-dessous et soumis au vote des participants le soir de l'activité. Le sujet traité sera celui qui remportera le plus de suffrages. L'animateur pourra assurer une rapide présentation des enjeux, des synthèses mais l'objectif premier reste le mise en oeuvre d'un travail collectif de pensée pour résoudre ensemble les problèmes rencontrés. 

 

Sujets proposés :

Sujet 1 : Peut-on apprendre à mourir ?

Sujet 2 : L'égoïsme est-il blâmable ?

Sujet 3 : Où va le progrès technique ?

Une pause conviviale aura lieu au bar à mi-parcours (consommation non obligatoire) vers 20h avant de reprendre pour une seconde partie jusqu'à 21h.

Posté par metaphores 64 à 21:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
03 mars 2018

Résumé Bedous-café-philo - 21/04/18 - L'égalité, une valeur ?

Bedous café-philo

Le Café-Philo-Bedous s'est tenu samedi 21 avril 2017comme d'habitude au café L'escala à 18h en vallée d'Aspe (Bedous). Le sujet proposé pour cette rentrée philosophique fut : 

L'égalité, une valeur ?

 Résumé de la soirée :

La DUDH défend l’égalité de naissance en droit de chacun,reconnu comme un sujet,partageant la même condition humaine :” Tous les hommes naissent libres et égaux en droit”; “Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune”.L’égalité est-elle alors une valeur, ce pour quoi il faudrait se battre, ce qui devrait valoir dans la conduite de nos actions ?
Si nous regardons l’histoire, de l’Antiquité  en passant par le moyen-âge, nous voyons comment cette idée n’est pas toujours allée de soi...On voit peu à peu apparaitre une revendication égalitariste,la révolution française instaurant une égalité politique.(cf la DUDH art.6:”La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles aux plus hautes dignités,places et emplois publics selon leurs capacités et sans autre distinction possible que celle de leurs vertus et de leurs talents”). Ainsi, puisque nous sommes tous différents, que nous n’avons pas les mêmes besoins ni les mêmes talents, l’égalité n’est pas l’identité. Que faire alors de la différence ? l’égalité est-elle toujours juste et quelle égalité ?
 
    Quelqu’un commence par remarquer que l’égalité vient du monde mathématique, avec une capillarité oscillant entre le plus petit et le plus grand ,indiquant ainsi une société hiérarchisée ;L’égal serait donc quelque chose d’imparfait, l’humain n’étant pas un objet mathématique. L’égalitarisme ,derrière un discours humaniste, peut vouloir protéger un intérêt plus personnel. Il faudrait donc s’en tenir à une égalité devant la loi, droit de pouvoir être  qui permet de vivre ensemble.
 
    Mais, il convient de remarquer que ce n’est pas aussi simple. L’amende pour une infraction au code de la route est déterminée par la loi, par exemple, le fait de ne pas s’arrêter à un feu rouge. Par la mise en danger  de la vie d’autrui, c’est une faute morale. Or, la sanction sera la même pour tous et cependant, elle n’aura pas le même impact selon le pouvoir d’achat du contrevenant. Il faut  faire la distinction entre le droit et la non-égalité des résultats. Donc, en ce sens,l’égalité n’est-elle pas injuste ? ( “ selon que vous serez puissants ou misérables....). Ainsi, même si on la décrète, elle ne permet pas forcément le juste et plusieurs  facteurs viennent y faire obstacle. Ce que l’on appelle “l’égalité des chances” révèle ainsi le constat de l’inégalité.
 
   On se demande alors à ce stade de la réflexion si l’on doit nécessairement rechercher cette égalité , avant de voir si elle est possible. Qui dit valeur dit barème,  oscillation d’un coté à l’autre, recherche d’un équilibre, qui semblerait le contraire de l’égalité. Mais,  Si on est dans une solidarité qui ne s’appuie pas sur l’égalité, on est dans la charité et donc dans la hiérarchie. L’égalité est à la base de toute relation humaine , mais elle passe alors par la reconnaissance des différences  et  des compétences de chacun, plus que de ses résultats. On peut alors parvenir à une autre égalité.Par exemple , nous pouvons illustrer cela par un ensemble musical: il y a des instruments  différents, des niveaux de maitrise différents et donc aussi des partitions adaptées à tous ces niveaux, des solistes, le but étant de produire une harmonie. Tout le monde va récolter les applaudissements et ce  quelle que soit la manière dont il a joué. Pourtant, il y a des postes plus essentiels que d’autres et le soliste sera logiquement plus applaudi Ainsi, plutôt que la justice, ne faudrait-il pas mieux envisager la justesse, laquelle semble plus pertinente concernant la question de l’égalité. Il  faut donc un ajustement sinon il y aura injustice. On ne donnera pas la même part de gâteau  à un enfant de quatre ans et à un de seize.  On passe alors à l’équité, d’autant plus si la taille du  gâteau est limitée  par rapport au nombre de personnes. Celui qui a moins de ressources a plus de besoins et c’est là que la solidarité peut intervenir.
 
  Il semblerait donc que cette question de l’égalité pose inévitablement celle de la différence.  Le danger ne serait-il pas  l’uniformisation? Par exemple, en voulant amener les élèves à un même point,l’éducation scolaire écarte des talents qui restent  ignorés; or, si la question du collectif implique la participation de chacun, c’est par une authentique individuation qu’il peut se construire,l’individualisme oubliant la question de l’autre. Si l’inégalité existe, c’est le résultat de la volonté humaine  mais cela ne signifie pas gommer les différences,tout au contraire. L’égalitarisme est le danger qui nous fait vouloir être comme les autres. Or ,si ce sont nos différences qui font notre singularité, il nous faut lutter contre ce mouvement.
Pour Métaphores, Véronique Barrail

 

Posté par metaphores 64 à 11:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
01 mars 2018

Résumé Café-philo - 17/04/18 - Création, ivresse et exaltation

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois d'avril s'est tenu le mardi 17 à 18h45 au Palais Beaumont à Pau. Le sujet voté à partir des neuf propositions formulées par le groupe présent fut :

La création suppose-t-elle l’ivresse et l’exaltation ? 

1)   L’énoncé induit presque irrésistiblement l’image du génie possédé par la démesure de son inspiration, image longtemps cultivée par une certaine tradition « romantique ». C’est évidemment faire la part belle à l’irrationnel – quand d’autres voix s’élèvent pour rappeler le rôle déterminant du travail, de la patiente composition au jour le jour. « Un dixième d’inspiration, neuf dixième de transpiration ». Notre propos sera d’examiner ce que signifie ce « suppose » : l’ivresse et l’exaltation sont-elles causes de la création ? Ne font elles qu’accompagner la création ? Sont-elles éventuellement absentes de la création ? Et enfin voir si l’on peut trouver la source, ou les sources de l’activité créatrice.

2)   Quels sont les critères qui permettent de définir une création, sachant qu’il ne peut exister de création ex nihilo ? La création fait surgir dans le monde une réalité qui jusque-là n’existait pas, qui se présente comme innovante, inventive, originale. C’est l’œuvre de la « poièsis », l’acte de faire du neuf, et non pas une simple « technè » qui répète des procédures anciennes au service de l’utilité. De plus la création se caractérise par un processus d’extériorisation, d’expression – l’idée, l’intuition se manifestent dans une forme concrète, visible par autrui. Dans le cas du génie elle atteint l’universel, exprime en son temps une dimension universelle : on donne l’exemple de Guernica qui condense en un tableau toute l’horreur d’une époque.

3)   Ainsi définie la création suppose-t-elle l’ivresse ? Mais que faut-il entendre par ivresse ? « Enivrez-vous ! » écrivait Baudelaire. L’ivresse est un état second, provoqué par des substances chimiques, ou par un certain enthousiasme, un emballement cérébral, une excitation pulsionnelle, une imagination enfiévrée, par quoi le sujet quitte la représentation ordinaire et normée de l’existence commune, pour voyager quelque temps dans un territoire psychique ou spirituel particulier : parfois des visions, voire des délires ou des hallucinations peuvent se produire (on songe au « dérèglement de tous les sens » prôné par Rimbaud dans « Une saison en enfer »). Un tel état est-il favorable à la création ? Rien n’est moins sûr : la vision élargit la perception, mais cela ne garantit pas l’accès à l’expression, qui reste quand même la finalité recherchée. Combien de « visionnaires », incapables de transmettre intelligemment leurs visions ! Il faut savoir disposer d’un outil, d’une aptitude expressive, d’un art, de techniques sûres, et sans doute beaucoup travailler ! « Les dieux, disait à peu près Valéry, vous font la grâce du premier vers, à vous de trouver la suite ! »

17 04 18

4)   La notion d’exaltation a été un peu moins analysée. On pourrait dire que l’exaltation est un passage à la limite (ex-altus : en dehors de l’extrême, altitude ou profondeur). Il y a des exaltations du sublime, des élévations vers le divin ou la beauté, mais aussi des exaltations sombres et ténébreuses, de tonalité mélancolique (voir « les Chimères « de Nerval). Dans les deux cas le sujet perd la référence commune (le sens commun) pour se déréaliser dans des territoires hors-norme. L’exaltation peut être un extraordinaire moteur pour s’élever ou s’enfoncer, ouvrant de nouveaux territoires à la perception. Mais le problème est le même que pour l’ivresse : rien ne garantit le passage à l’écriture, à la composition, à l’expression.

5)   La fin des débats a porté essentiellement sur les facteurs de la création : pourquoi créer ? Et quel bénéfice ? La création est de par sa nature même une protestation contre l’ordre des choses, une révolte contre la mornitude du monde, contre la répétition, l’ennui, le non-sens. En elles–mêmes, l’ivresse et l’exaltation, suivies ou non de création, témoignent de ce besoin impérieux de s’affranchir des limites de la réalité, de voyager dans l’inconnu, d’explorer de nouvelles terres. Quand ce profond désir se matérialise, au prix du travail, dans une œuvre innovante, l’inventeur goûte une autre ivresse encore, plus sereine et tamisée, celle de la joie de créer, qui est peut-être la plus haute joie que l’homme puisse goûter ici-bas.

Pour Métaphores,

Guy Karl

Posté par metaphores 64 à 15:27 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

12 février 2018

Résumé Manhattan-philo - 4/4/18 : La curiosité est-elle un vilain défaut ?

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo du mois d'avril s'est tenu le 04 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Les trois sujets proposés furent :

Sujet 1 : Peut-on apprendre à mourir ?

Sujet 2 : L'amour rend-il aveugle ?

Sujet 3 : La curiosité est-elle un vilain défaut ? 

Après le vote rituel, le sujet choisi par le groupe fut : 

La curiosité est-elle un vilain défaut ?

Résumé de la soirée :

Pour ce Manhattan-philo, le public a choisi de traiter le sujet suivant : « la curiosité est-elle un vilain défaut ? »

Si l’expression peut prêter à sourire, en ceci qu’elle a une valeur moralisatrice, adressée principalement aux enfants, elle cache en fait un problème plus profond. La curiosité est en effet le lieu d’une ambivalence. D’une part, elle semble un défaut, s’il s’agit de regarder quelque chose qu’on ne peut ni ne doit savoir. Pascal dit ainsi que « la principale maladie de l’homme est la curiosité inquiète des choses qu’il ne peut savoir ». Mais d’autre part, elle est aussi le moteur même de l’activité scientifique et philosophique. Son étymologie, le soin, indique qu’elle est une attention positive et bienveillante. Ainsi, je propose au public de distinguer ce qui relève de la vertu et du vice dans la curiosité.

Quelqu’un fait d’abord référence au conte de Perrault, Barbe-bleue, où la femme du terrible et sanguinaire mari a la curiosité coupable d’ouvrir la pièce interdite ; mettant en péril sa vie. La curiosité paraît bien ici un défaut. Est aussi distingué la pulsion de voir et le désir de savoir. D’un côté, la pulsion relève d’un comportement non réfléchi, instinctif, et de l’autre, le désir de savoir est un comportement plus intellectualisé.

De façon globale, le public fait l’éloge de la curiosité, en montrant comment elle a permis à l’homme de progresser, de sortir des préjugés, de l’obscurantisme, et en un mot de faire évoluer la science. Mais se pose alors la question de savoir pourquoi on a aussi une méfiance envers la curiosité. La raison qu’avance un participant est sociale. La curiosité que j’ai pour les affaires de mon voisin, de mon collègue, bref, de ce qui ne me concerne pas, me fait sortir de l’ordre dans lequel je suis inscrit, et relève de la transgression. Il cite ainsi la culture chinoise à cet effet, où dans le confucianisme, le respect de la place de chacun est essentiel.

Est aussi distinguée une curiosité de voir ce que l’on pressent, et une curiosité de voir ce que l’on ignore absolument. Ainsi, le voyeur, au sens strict, n’est pas curieux, car il sait ce qu’il va voir. Mais celui qui cherche à savoir ce que contient une pièce secrète, ou mieux, ce qu’il y a « après la mort », est curieux d’un objet absolument inconnaissable, et c’est là un sens plus profond de la curiosité, qui peut prêter à la critique si l’objet inconnu est aussi inconnaissable : pourquoi chercher à connaitre ce qui est inconnaissable ?

La curiosité pourrait relever ainsi de la volonté de maitriser ce que l’on ignore et ce que, de fait, on craint. Est suggéré alors que l’objet de la curiosité n’est pas tant les choses que soi-même. Le curieux cherche une expérience, un vécu, une connaissance de soi, davantage qu’une simple information sur les choses. De ce point de vue, la curiosité renvoie au rapport qu’un sujet entretient avec le monde en général, et non d’un simple désir de connaissance.

Le public est aussi amené à réfléchir sur la société contemporaine où l’on peut voir et être informé de tout. Les phénomènes de la télé-réalité viennent ainsi nourrir cet appétit de voir. La rumeur, qu’un participant identifie au commencement du langage chez les grands singes, vient régulièrement gonfler les lignes des journaux. Mais à cette curiosité de bas étage, de nombreux participants s’empressent d’opposer la saine et vivante curiosité qui manifeste en l’homme un soin pour la vérité, pour l’inconnu, bref, pour quelque chose dans lequel il peut progresser et grandir. De ce point de vue, la curiosité n’est non seulement pas un défaut, mais sans doute une qualité que nous manquons de cultiver suffisamment. 

 Pour Métaphores, Timothée Koyras

 

Posté par metaphores 64 à 22:57 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Cercle littéraire 28/03/18 : Lectures croisées

Cercle Littéraire

Le Cercle littéraire du mois de mars s'est tenu le 28 au Dimanche à la Campagne à 18h45 sur le thème suivant : 

Lectures croisées

Résumé de l'activité à venir.

Posté par metaphores 64 à 11:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 février 2018

Résumé Apéro-philo - 22/03/18 - Le désir c'est ce qui dérange

Apero philo

L'Apéro-philo du mois de mars s'est tenu le jeudi 22 à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

Le désir c'est ce qui dérange 

Résumé de la soirée :

1)    Dans une économie psychique marquée par le souci de régularité, de sécurité et de prévisibilité – telle que peut l’être celle d’un moi centrée sur le bien-être – l’apparition soudaine du désir se signale par le dérangement, vécu comme une menace, ou un beau risque. La littérature mondiale a souvent traité ce thème, et décliné les variantes de ce dérangement, parfois jusqu’aux conséquences les plus dramatiques : Anna Karenine, abandonnant sécurité, mari et enfant pour s’exalter dans la violence d’un amour qui la mènera au suicide. On reconnaîtrait la puissance du désir, sa dimension singulière précisément au dérangement qu’il cause. Il viendrait compromettre la sécurité paisible d’ « une vie rangée », ouvrant au risque et à l’incertitude.

2)    Cette analyse ne vaut pas pour le besoin, qui ne vise qu’à la conservation de la vie. Mais le désir n’est pas le besoin : le désir a une dimension d’indétermination, de variation (dans le choix des objets – qui au sens strict ne sont pas nécessaires). Dans le désir le sujet expérimente une poussée, un élan vital, une impulsion qui donne du prix à l’existence. S’il s’attache à un objet il peut s’en détourner après satisfaction, pour désirer encore ailleurs, dans une course métonymique sans cesse relancée. D’où l’hypothèse d’un manque structurel qui, du fond de l’être, détermine un mouvement interminable vers une satisfaction, toujours brève et incomplète. D’autres participants insistent plutôt sur la puissance du désir, qui signalerait un excès plus qu’un manque. Quoi qu’il en soit, le désir est là, qui agit et transit, apportant son lot de souffrances et de joies, au gré de la fortune et des circonstances.

3)    Notre énoncé n’a guère de sens si l’on s’en tient aux menus désirs de la vie quotidienne, désirs d’objets encouragés par la publicité, désirs conformes à la morale, aux impératifs sociaux etc. Ceux-là ne dérangent rien ni personne, tout au contraire ils font tourner la machine du monde. Mais d’autres désirs se signalent par leur violence, leur caractère éruptif, voire hors-norme, ou asociaux : ils menacent directement l’équilibre familial (une maîtresse, un amour passionnel, une soudaine envie de voyage au bout du monde, etc). Ou ils entraînent une totale refonte des valeurs : alors cela dérange l’entourage, bouleverse tous les rapports.

4)    Dans ces cas, plus fréquents que l’on pense, le sujet et ses proches vivent le dérangement dans un mélange d’angoisse et de peur. Mais aussi d’espoir – au moins pour le sujet lui-même, qui, risque assumé, espère un changement radical et positif de sa vie : Gauguin quittant la France, sa femme et ses enfants pour Tahiti, et pour la peinture, enfin libre, et la beauté. Il est bien difficile de comprendre quelle est la source d’une telle aspiration si on ne la partage pas : le désir de l’autre, qui n’est pas le mien, me reste une énigme. Mais à moi-même, dans l’épreuve du désir, je suis une énigme. Nous y verrons la marque propre de l’inconscient.

5)    Il semble que pour l’être humain il y ait un conflit fondamental entre l’aspiration légitime au bien-être, à la sécurité physique et psychique, conformément d’ailleurs au discours normatif de la morale, aux exigences sociales – et d’autre part un élan, une aspiration dynamique et survoltée vers un « ailleurs », un « autre monde », une intensité inépuisable qui nourrit en profondeur une insatisfaction chronique, un sentiment de révolte, une soif pour un continent inconnu « quelque part hors du monde pour y trouver du nouveau ».

Pour Métaphores, Guy Karl

Posté par metaphores 64 à 20:08 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :
10 février 2018

Résumé Café-philo - 13/03/18 - Rechercher la beauté ?

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois de  mars (activité libre et gratuite) s'est tenu le mardi 13 à 18h45 au Palais Beaumont. Le sujet voté par les participants présents fut : 

Y a-t-il nécessité à rechercher la beauté ?

Résumé de la soirée :

1)   Existe–t-il « la beauté » ou seulement des choses, des œuvres belles ? Si la beauté en soi est introuvable, nous n’en faisons pas moins l’expérience, sous les espèces de l’émotion esthétique, de la sensation de plaisir, voire de l’extase (le syndrome de Stendhal). Expérience essentiellement individuelle, même si la beauté est régulièrement codifiée, normée par les institutions, les écoles et les traditions. Second paradoxe : si chacun est souverain dans le domaine de l’appréciation esthétique, l’idée de beauté est en elle-même universelle, comme référence, comme valeur, alors même qu’il n’existe pas d’accord universel sur la qualité de telle ou telle œuvre artistique, voire sur les beautés de la nature. Ces deux paradoxes (social-individuel ; subjectif-universel) sont indépassables, et creusent dans cette question un véritable abîme de perplexité.

2)   On relève qu’il y a bien des différences entre l’agréable, le joli, le beau et le sublime. Dans le beau il y a un élément, au-delà de la proportion, de l’harmonie, qui inquiète : «  le beau c’est ce qui désespère » (Valéry) ou de Breton : « la beauté est convulsive », expressions d’artistes qui témoignent là, d’intimité, de l’ « effroi du beau ». La beauté intimide parce qu’elle rend sensible l’écart entre la quotidienneté, la médiocrité, la banalité, la trivialité, et cette perfection à la fois offerte et refusée, accessible et inaccessible.

3)   Quelle nécessité nous pousserait à rechercher la beauté ? Plusieurs personnes évoquent la joie, l’intensité nouvelle qui transporte l’âme, qui dynamise la vie, comme un appel à une dimension supplémentaire, une certaine qualité de bonheur qui exige d’être communiquée et partagée. « Supplément d’âme » ? La beauté est du côté des forces de vie, la laideur des forces de mort.

4)   D’autres insistent plutôt sur le don de sens – à entendre à la fois comme sensualité, sentiment et comme signification. Mais quelle signification ? L’œuvre parle, parfois elle crie, créant une résonance mystérieuse et intime entre celui qui crée et celui qui contemple : accord qui ne relève d’aucune obligation ni contrainte, mais plutôt d’une « nécessité » toute subjective, à la fois libre et impérieuse. C’est pourquoi l’expérience esthétique est de l’ordre de la rareté – relative, car si pour certains, comme l’artiste, elle est vitale à sa création, elle peut être tout à fait exceptionnelle pour d’autres, ou quasiment absente.

5)   Un participant, dans un bel élan philosophique, déclare que pour lui la beauté est un psychotrope, autrement agissant que les substances chimiques. Un psychanalyste contemporain (Julia Kristeva) dirait : un contre-dépresseur. Remarque précieuse : sans psychotrope, quelles qu’en soient les modalités, que deviendrait la vie ? Songez à ce que dit Baudelaire de l’ « ivresse ».

6)   Reste que l’on assiste aussi, hélas, à un dévoiement public de l’usage de la beauté, au service de la publicité, du marketing, de la consommation, et de l’idéologie. C’est aussi un marché, et un enjeu politique et idéologie. Pensez aux artistes embrigadés de force au service de l’Etat ou du Parti.

7)   Concluons : il y a bel et bien une nécessité à rechercher la beauté, plus encore à la trouver : dans le spectacle de la nature (qui a aussi ses laideurs), dans les arts, dans les personnes, et parfois même dans la quotidienneté. Expérience précieuse, intime, réconfortante, apaisante ou dynamisante, allègre et heureuse, mais non sans un certain coefficient d’étrangeté et de distance. Si la beauté s’abaisse trop vers nous elle confine à la joliesse et perd aussitôt sa qualité propre. Il est bon que ce qui est précieux soit également rare.

Pour Métaphores, Guy Karl

Posté par metaphores 64 à 00:24 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , ,
18 janvier 2018

Résumé Manhattan-philo - 07/03/18 : Penser mieux à l'écrit ou à l'oral ?

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) du mois de mars s'est tenu le mercredi 7 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. 

Sujets proposés :

Sujet 1 : L'homme et la femme, une différence naturelle ou culturelle ? 

Sujet 2 :  A quoi ressemblerait un monde idéal ? 

Sujet 3 :  Pense-t-on mieux à l'oral ou à l'écrit ? 

 

Résumé de la soirée : 

Il est remarquable que de grands philosophes et religieux n’aient rien écrit ; Socrate, Bouddha, Confucius, Epictète, Jésus, Mahomet, pour ne citer qu’eux, n’ont délivré que des enseignements oraux, transmis ensuite par leurs disciples et consignés par écrit. Cela pourrait-il nous indiquer que, non seulement « nul n’est tenu d’écrire un livre », selon le mot de Bergson, mais plus que cela, que l’oral possède une supériorité sur l’écrit ? Platon lui-même n’a-t-il pas choisi le dialogue pour penser, insistant ainsi sur la dimension d’élaboration dialectique du vrai ?

Le public prend alors la parole, pour une discussion très intéressante. Plusieurs éléments sont venus nourrir le débat. Tout d’abord, un problème de définition. Il ne faut pas, insistent plusieurs personnes, confondre la communication et la pensée. Pense-t-on mieux ? N’est pas la question : communique-t-on mieux ? Dans le premier cas, il y a élaboration d’une idée, dans le second, l’idée est simplement transmise. Pour la communication, l’écrit a une supériorité, dans la mesure où il inscrit de manière précise et structurée une pensée sur un support qui dure et échappe à l’oubli. Mais l’oral est par contre plus vivant, plus à même de faire passer les émotions et sentiments. Pour la pensée, par contre, l’écrit permet également de bien structurer son idée, tandis que l’oral est plus de l’ordre de la spontanéité.

Ensuite, se pose la question de la définition de l’oralité ? Est-ce seulement l’expression orale au sens de l’expression vocale ? Le « tchat » sur des messageries est-il de l’ordre de l’écrit ou de la parole ? Il semble qu’on soit plus dans l’ordre de l’oralité, même si on écrit quelque chose. Inversement, la conférence « lue » n’est-elle pas de l’ordre de l’écrit ? Si, affirment plusieurs personnes. On prend alors conscience que la distinction oral/écrit, n’est pas la différence entre le parler à voix haute, et l’écrit. Quelqu’un insiste alors sur le fait que l’oral met essentiellement la personne en rapport à autrui, et dessine une intersubjectivité, tandis que l’écrit laisse l’auteur dans une solitude, dans un face à face avec lui-même. Il n’y a que l’écrivain qui peut douter, tel Descartes, de l’existence du monde et des autres, mais pas l’orateur pris dans une relation intellectuelle où autrui est un pôle constituant de l’élaboration de l’idée.

La différence entre oral et écrit apparaît enfin dans la temporalité ; celle du présent pour l’oral, qui est ainsi un acte de pensée « en train de se faire », tandis que l’écrit est toujours du passé, du constitué, il est la pensée « faite ». Le besoin d’une trace écrite (d’un cours, d’une pensée, et même d’un café philo…) est ainsi le besoin d’inscrire dans le temps la pensée, et de ne pas la perdre dans l’évanescence. L’oral nous rapporte à autrui, mais l’écrit nous rapporte à ceux qui ne sont plus – ou pas encore – autrement dit à la civilisation dans son ensemble.

Le public ne parvient pas à trancher entre la supériorité de l’un sur l’autre – mais pourquoi le faudrait-il ? –, remarquant que ces modes d’expression et d’élaboration de la pensée sont tout simplement complémentaires, et varient aussi selon les sensibilités. Au fond, le seul risque est de privilégier l’un au détriment de l’autre. S’enfermer dans l’écrit nous prive du rapport vivant aux autres. Mais ne pas écrire, c’est courir le risque de ne pas clarifier sa pensée, ou encore de la perdre pour toujours, à moins que… à l’image des grands hommes cités plus haut, de fidèles disciples s’en chargent ! 

Pour Métaphores, Timothée Coyras

Posté par metaphores 64 à 23:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,