Métaphores : CAFES-PHILO - CERCLE LITTERAIRE à Pau

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L'association Métaphores (clic) vous souhaite la bienvenue sur son blog. Vous trouverez ici toutes les informations relatives aux activités philosophiques et littéraires (libres et gratuites) que nous organisons à Pau : Cafés, Apéros, Ateliers, Manhattan-philo et Cercles littéraires ainsi que des discussions autour des sujets. 

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*Les commentaires fielleux, mettant en cause des personnes ou sans aucun rapport avec le sujet traité seront supprimés.

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10 mai 2019

APERO-PHILO - 23/05/19 - Propriétaires de notre corps ?

Apero philo

Le prochain Apéro-philo, activité libre et gratuite, se tiendra le jeudi 23 mai à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne (Pau) sur le sujet suivant : 

Sommes-nous propriétaires de notre corps ?

Guy Karl, présentateur-philosophe, fera une introduction problématisée autour des enjeux de la question d'une vingtaine de minutes avant de donner la parole au groupe qui décidera de suivre ou pas le plan proposé. 

Rappelons que nul n'est obligé de prendre la parole même si le groupe oeuvre collectivement à la résolution des problèmes. L'animateur fera des synthèses régulières en apportant si besoin des clarifications. Nous ferons une pause apéritive à mi-parcours (consommation non obligatoire) avant de reprendre pour une seconde partie. Fin de l'activité vers 21h. Possibilité de rester diner dans le restaurant.

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07 mai 2019

CERCLE LITTÉRAIRE 28/05/19 : En mai, lis ce qu'il te plaît

Cercle Littéraire

 En mai, lis ce qu'il te plait !
Exceptionnellement, le Cercle littéraire se tiendra le MARDI 28 MAI (et non le mercredi) au Dimanche à la campagne, à partir de 18h45 (enrée libre et gratuite).
Chacun est invité à évoquer ses lectures et ses coups de coeur. Et aussi les pépites dénichées par nos fidèles du Cercle. 
En espérant vous retrouver pour une séance avec de belles découvertes à partager sans modération.
     Janine Delaitre

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04 mai 2019

MANHATTAN-PHILO - 05/06/19 : les 2 sujets

Manhattan-philo1

Le prochain Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) se tiendra le  mercredi 5 juin à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, le Manhattan-Philo propose 2 sujets édités ci-dessous et soumis au vote des participants le soir de l'activité. Le sujet traité sera celui qui remportera le plus de suffrages. L'animateur pourra assurer une rapide présentation des enjeux, des synthèses mais l'objectif premier reste le mise en oeuvre d'un travail collectif de pensée pour résoudre ensemble les problèmes rencontrés. 

Sujets proposés :

Sujet 1 : Le malheur des uns fait-il le bonheur des autres ?

Sujet 2 : Qu'est-ce qu'être fort ?

Une pause conviviale aura lieu au bar à mi-parcours (consommation non obligatoire) vers 20h avant de reprendre pour une seconde partie jusqu'à 21h.

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02 mai 2019

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois de juin (activité libre et gratuite) se tiendra  le mardi 11 à 18h30 au café l. Il sera animé par Guy et modéré par Nicole. Comme d'habitude, le sujet sera voté par les personnes présentes à la suite des propositions (sujets, citations, questions...) que chacun pourra faire en début de séance. L'objectif consiste à traiter collectivement les problèmes soulevés par le sujet. L’animateur fera des synthèses régulières et apportera si besoin quelques précisions pour relancer la discussion.

Aucune compétence spécifique n'est exigée. Le désir de réfléchir avec d'autres que soi est simplement requis. (Nul n'est obligé de prendre la parole.)

Nous ferons une pause apéritive et conviviale vers 19h20 (Le W nous propose le Happy Hour – tarifs réduits - consommation non obligatoire) avant de reprendre pour une deuxième partie. Fin de l'activité vers 20h30.

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CAFE-PHILO - 11/06/19

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois de juin (activité libre et gratuite) se tiendra  le mardi 11 à 18h30 au café le W. Il sera animé par Guy et modéré par Nicole. Comme d'habitude, le sujet sera voté par les personnes présentes à la suite des propositions (sujets, citations, questions...) que chacun pourra faire en début de séance. L'objectif consiste à traiter collectivement les problèmes soulevés par le sujet. L’animateur fera des synthèses régulières et apportera si besoin quelques précisions pour relancer la discussion.

Aucune compétence spécifique n'est exigée. Le désir de réfléchir avec d'autres que soi est simplement requis. (Nul n'est obligé de prendre la parole.)

Nous ferons une pause apéritive et conviviale vers 19h20 (Le W nous propose le Happy Hour – tarifs réduits - consommation non obligatoire) avant de reprendre pour une deuxième partie. Fin de l'activité vers 20h30.

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01 mai 2019

Résumé Café-philo - 14/05/19 - Sincérité de l'ami et de l'ennemi

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO de Pau (activité libre et gratuite) du mois de mai 2019 s'est tenu le mardi 14 à 18h30 au café le W Le sujet voté par le groupe présent fut :

 

« Sont-ce nos amis ou nos ennemis qui sont les plus sincères ? »

 

Difficile de répondre à cette question si les amis peuvent être de faux amis. A première vue l’ennemi serait plus sincère : on ne doute pas qu’il soit mal intentionné à notre égard, que cela se voie et s’éprouve, et qu’à ce titre sa sincérité soit manifeste.

Le premier moment de la discussion porte sur les conditions d’une amitié authentique : être un ami c’est savoir écouter, entendre, dire, partager. D’où la question de la vérité : dire le vrai c’est être vérace. Peut-on exiger la véracité ? Certains préféreront la pudeur, la réserve : ne pas tout dire pour sauvegarder l’affection. Sans doute y-a-t-il divers types d’amitié, répondant à des exigences ou des tolérances diverses. On se demandera toutefois si le mensonge et la tromperie ne sont pas la limite qu’on ne peut franchir. Il y a des déceptions dont l’amitié ne se relève pas. L’amitié serait un subtil équilibre entre l’affection et la véracité.

On remarque ensuite que si l’on tend à exiger de la sincérité de l’ami on n’est pas toujours capable de s’imposer à soi-même la même règle. La sincérité serait d’abord une certaine honnêteté, authenticité à l’égard de soi-même : savoir reconnaître ce que l’on sent, éprouve et pense en soi-même, établir une congruence entre le vécu et le parlé, ne pas se dissimuler ses propres affections, ne pas se mentir. A partir de quoi on pourra parler avec franchise (franc=libre). Mais la franchise elle-même a des limites : jusqu’où puis-je dire sans blesser ou froisser ? En théorie la sincérité peut être intégrale, la franchise non.

Suit une réflexion fort pertinente sur la difficulté d’être sincère : la vie sociale nous contraint à jouer divers personnages, à porter des masques (en latin persona c’est le masque de théâtre), voire à être hypocrites (en grec hypocritès c’est l’acteur), à cultiver des « amitiés » d’intérêt, de complaisance, déguisements et jeux de dupes largement traités dans la littérature romanesque ou dans les ouvrages des moralistes. A l’inverse la haine, la médisance, la jalousie, l’envie, la rivalité de l’ennemi semblent évidents, sauf à être la victime crédule d’un « faux ami » qui cache son jeu et vous assassine par derrière.

Au terme de ces réflexions nous aurons dégagé quelques obstacles à la sincérité :

1 - La connaissance de soi et de l’autre demeure incomplète par nature.

2 - Nous avons tendance à chosifier, réifier, essentialiser, former des images stables et permanentes de ce qui est essentiellement mouvant et évolutif.

3 - Nous avons tendance à idéaliser l’amitié selon nos désirs et aspirations, voire à idéaliser l’ami, quitte à découvrir avec douleur qu’il n’était pas ce que nous croyions.

4 - Nous avons tendance à figer les processus, à refuser et nier la puissance du temps, qui nous révèle le caractère passager de toute chose, et de nos attachements.

En un mot c’est l’illusion qui est au cœur de nos passions, et c’est une douleur de voir s’émietter nos illusions. Pour autant ne renonçons pas à un certain « devoir » de sincérité : c’est dans la parole, par la parole qu’un certain travail de perlaboration est possible, qui nous permettra de voir un peu plus clair en nous-mêmes et dans l’autre, sans prétendre à la transparence absolue, ni à la sincérité inconditionnelle.

La sincérité est à la fois impossible et souhaitable.

Pour Métaphores, Guy Karl

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28 avril 2019

Retrait de Bedous-café-philo

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L'animatrice du café-philo de Bedous, Véronique Barrail, nous a fait savoir qu'elle désirait poursuivre son activité hors du cadre associatif Métaphores qui l'a accueillie jusqu'à présent. Nous lui souhaitons bonne continuation. 

Si la rubrique correspondante a été de ce fait supprimée du menu, l'ensemble des sujets traités à Bedous ainsi que les résumés demeurent consultables sur le blog en cliquant en bas d'un message de l'activité sur Bedous-Café-Philo (clic).

L'équipe Métaphores

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23 avril 2019

Résumé Bedous-café-Philo - 27/04/19 : Gagner du temps ?

Bedous café-philo_modifié-1

Le Café-Philo-Bedous du mois d'avril s'est tenu samedi 27 au café L'escala à 18h en vallée d'Aspe (Bedous). Le sujet proposé pour cette soirée fut : 

Gagner du temps ? Merci !

Nous voyons bien que le temps passe (l’alternance des saisons , du jour et de la nuit) , nous le mesurons avec des montres et cependant chacun le vit d’une manière différente ; d’entrée de jeu nous pouvons donc distinguer un temps de la nature, celui du monde et l’épreuve subjective que chacun en fait. Le temps humain n’est pas seulement vécu, il est aussi agi et c’est alors qu’apparait  l’idée que nous pourrions en perdre mais aussi du coup, en gagner.L’heure est à la vitesse, l’accélération et les moyens de transports participent de cela. De même pour la fabrication des objets ou encore les progrès de l’informatique et de la communication qui laissent entrevoir une nouvelle dimension de l’expérience humaine,une instantanéité comme affranchie des barrières du temps et de l’espace.
Qu’est-ce que perdre du temps et au contraire en gagner?
peut-on vraiment gagner du temps?
Dans ce mouvement d’accélération, que devient “ la force du présent” dont parlait Nietzsche ?
 
  La réflexion démarre sur un constat: l’injonction contemporaine à gagner du temps ; “time is money” ,le temps serait une donnée dont on se sert , considéré comme une marchandise. Le stakhanovisme a montré comment une organisation qui veut être efficace cherche à aller vite. On remarque qu’à certaines époques ou dans certaines cultures, la gestion du temps est  différente selon les genres, différente selon les hommes et les femmes, ces dernières devant s’occuper des tâches ménagères et dont on considèrera qu’elles perdent leur  temps à lire, par exemple. Une certaine idée de rentabilité et de progrès peut nous amener à vouloir gagner du temps et le fait qu’on le mesure de façon toujours plus précise montre son importance. La perception du temps s’accélère et plus on progresse dans l’espérance de vie, plus on cherche à en gagner. On considère aujourd’hui qu’on réussit sa vie si on fait plein de choses, on gère nos emplois du temps. La question qui vient alors est : pourquoi ? On se demande si il y a eu une période dans l’histoire où l’homme aurait décidé d’en gagner et si les sociétés primitives se posaient la question. Pour autant, le temps cyclique impose aussi de faire certaines choses avant la tombée du jour.
 
  Quelqu’un remarque alors que poser le problème en ces termes semble illusoire . qui souhaiterait être immortel?  Cependant, quand on met moins de temps pour faire quelque chose, on aurait plus de temps disponible pour autre chose et la question est toujours la même: quoi ? .  Il semble que nous voulions gagner autre chose que du temps et  dans la confrontation à la finitude, le problème est la question du sens. Il  est alors remarqué que la lenteur semble  reprendre quelques droits et que prendre son temps n’est pas toujours le perdre. Or, parfois, la recherche de rentabilité face au temps peut faire émerger l’idée que le sommeil lui-même serait une perte de temps. Mais chercher à gagner du temps cacherait l’impossibilité de donner du sens à  notre vie et cela rappelle le mot d’Aragon “ le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard”. L’idée de lenteur vient peut-être du fait que l’espèce humaine ne maitrise plus ce qu’elle fait alors que paradoxalement, ce sont ces mêmes techniques qui permettent d’aller plus vite. Il faudrait alors opérer un rapport qualitatif au temps et non plus simplement quantitatif. On voit souvent le temps comme un moyen et non comme une finalité, celle de vivre. Nous sommes enfermés dans un passé nostalgique ou dans une inquiétude face à l’avenir et oublions l’instant présent.Comment alors mieux “plonger” dans le présent ?
 
L’important est d’avoir vécu et de ne pas avoir de regrets mais avoir vécu ne sert à rien si on n’a pas appris et pour cela le temps ne fait rien à l’affaire.” L’expérience n’est une lanterne que pour celui qui la porte”. On pourrait alors avoir le sentiment d’avoir perdu son temps quand certaines valeurs intérieures ont été oubliées, quand on s’est perdu dans des futilités. Après tout , cette sensation de perdre ou de gagner du temps est toujours par rapport à un référentiel et personne n’aura le temps de finir ce qu’il avait à faire. D’ailleurs, quelqu’un remarque que quand nous rêvons, le temps et l’espace explosent et on se demande alors quel est le rapport au temps le plus authentique, le rationnel ou celui-ci ?  Cette expression “gagner du temps” serait là pour un souci de rentabilité et ne serait qu’un prétexte à l’exploitation  de certains hommes par d’autres.Pour autant, certains constatent que la rapidité fait partie de notre évolution.
 
  On peut vouloir en gagner parce qu’on se dit qu’on a quelque chose à faire et l’essentiel serait surtout de ne pas en perdre. Si  il nous faut distinguer le temps quantifié et l’action humaine, il convient d ‘interroger le sens de cette dernière. Gagner du temps n’aurait alors un sens que pour agir dans la société avec les autres et c’est la question du commun qui émerge   Saisir le présent au vol, se forger une personnalité forte et se rendre utile au sein de la collectivité, c’est le conseil de Confucius face à cet écoulement du temps, retrouver “la force du présent”, force d’initiative  ou encore prendre ”soin du monde” en co-agissant car “l’action est comme un rappel permanent que les êtres humains, même s’ils doivent mourir, ne sont pas nés pour mourir mais sont  nés pour donner naissance à quelque chose de nouveau” H. Arendt.
Pour ce dernier Café-philo-Bedous-Métaphores, Véronique Barrail

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08 mars 2019

Résumé Apéro-philo - 24/04/19 - « Je pense » ou « ça pense » ?

 

Apero philo

L'Apéro-philo du mois d'avril (activité libre et gratuite) s'est tenu exceptionnellement le mercredi 24 à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

Faut-il dire  « je pense » ou « ça pense » ?

Résumé de la soirée :

La question nous invite à prendre soin de la vérité : qu’en est-il de notre rapport à la pensée ? Sommes-nous libres de penser ce qui nous plaît, avons-nous le contrôle de notre pensée, pouvons-nous affirmer que ce qui pense c’est un sujet libre, personnel, singulier qui se désigne légitimement comme l’auteur de la pensée, un « je » conscient de soi – ou bien tout au contraire, sommes-nous amenés, par l’observation méthodique, et l’humilité, à voir que la pensée se fait en dépit de nous, selon des mécanismes et des enchaînements sur lesquels nous avons peu de prise. Auquel cas on devrait dire : ça pense, avant de rechercher par quels moyens on pourrait parvenir à un degré relatif d’autonomie. En clair, le ça pense précéderait naturellement un je pense dont l’advenue est elle-même problématique. L’enjeu philosophique est donc d’analyser en quoi à ça pense en nous, connaissance préalable et nécessaire, avant de rechercher une éventuelle affirmation du sujet pensant.

Je pense ou ça pense ?

Ce ça qui pense est multiforme, omniprésent, complexe : on remarque d’abord qu’il y a en nous une activité spontanée du cerveau qui produit des sensations, des stimulations, des émotions, des images et des idées. Cela pense tout seul, selon des mécanismes, des automatismes, des schèmes constitués qui déterminent des processus de répétition, que l’on constate et que l’on ne peut guère empêcher. (Comment s’arrêter de penser ? On risque fort d’y perdre la raison). Puis il y a les héritages, conventions, règles et valeurs, profondément enracinées, qui conditionnent la représentation et dirigent la conduite. Puis les conformismes culturels, cultuels, idéologiques. Plus profondément encore tout ce qui émerge de l’inconscient : pulsions, fantasmes, contraintes psychiques, voire pathologiques. Ces conditionnements ont l’avantage de tracer des routes pour le « sujet » mais peut-on légitimement parler de sujet si le passif l’emporte sur l’actif, si la pensée est asservie, si, en toute rigueur, ce n’est pas même une pensée. Il faut distinguer entre une production psychique spontanée ou répétitive, et une pensée véritable qui opère une distanciation pour analyser scrupuleusement les faits.

Alain disait «penser c’est dire non ». On commence à penser quand on introduit une césure dans le discours intérieur, qu’on s’arrête pour examiner, qu’on suspend l’adhésion pour se donner la chance d’une liberté. Montaigne fut un excellent modèle de jugement méthodique. C’est dans cette puissance de jugement qu’il voyait la marque du « je», apprenant à distinguer ce qu’il est pour les autres (gentilhomme, maire, écrivain etc) et ce qu’il découvre comme constituant sa « forme maîtresse », l’homme libre capable de juger librement de toutes choses.

On peut dire autrement : il faut introduire du jeu – une case vide – pour que le système, jusqu’ici saturé par la domination de ça, puisse à nouveau fonctionner par la mobilité des variables. Ce qu’on appelle le « je » n’est certes pas une substance immuable et toute puissante, mais une capacité de faire jouer, de déplacer, de mobiliser et d’éliminer, de se distancier et d’adhérer, de prendre et de jeter, un opérateur souple et ferme qui saurait tirer parti des opportunités. Dès lors ça n’est plus l’ennemi dont il faudrait se débarrasser ou qu’il faudrait soumettre par la volonté ou la maîtrise, mais un partenaire : si ça est source de souffrance, d’aliénation et de servitude, ça est aussi un prodigieux réservoir d’images, de symboles, d’idées, comme on voit dans la poésie et dans l’art. Le philosophe amant de la vérité saura, lui aussi, se mettre à l’écoute des sources profondes s’il veut prendre en compte l’existence dans sa vastitude.

Agapes

Comment conclure ? Oui, ça pense, et ça pense tout seul. Et ce qui s’offre là est profondément ambivalent. Le sujet se constitue comme tel par un travail de séparation qui le mène à dire « je pense », s’affirmant comme entité séparée, comme singularité irréductible. Mais cette affirmation à son tour risque de se raidir dans l’orgueil, de se stériliser dans une position vide (Je pense, je suis). Moment crucial, qui devrait déboucher sur une nouvelle forme d’inclusion, dont les arts nous donnent la formule : découvrir en soi-même la source d’où jaillit toute créativité et toute beauté. Dans cette illumination, même ce sujet si précieux que nous avons laborieusement dégagé de l’aliénation, nous apparaîtra enfin comme une nécessaire, une sublime illusion.

Pour Métaphores, Guy Karl

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