Métaphores : CAFES-PHILO - CERCLE LITTERAIRE à Pau

Bienvenue

Logo métaphore

L'association Métaphores (clic) vous souhaite la bienvenue sur son blog. Vous trouverez ici toutes les informations relatives aux activités philosophiques et littéraires (libres et gratuites) que nous organisons à Pau et environs : Cafés, Apéros, Ateliers, Bedous-philo, Manhattan-philo et Cercles littéraires ainsi que des discussions autour des sujets. 

N'hésitez pas à vous abonner à la Newsletter (cocher messages + news) pour recevoir l'annonce des activités à venir, les résumés et les informations complémentaires. Prenez part aux discussions en laissant un commentaire*. 

*Les commentaires fielleux, mettant en cause des personnes ou sans aucun rapport avec le sujet traité seront supprimés.

Posté par metaphores 64 à 19:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 décembre 2018

CERCLE LITTERAIRE 23/01/19 : Rencontre littéraire

Cercle Littéraire

Amies lectrices, amis lecteurs
    Meilleurs voeux pour la nouvelle année : de belles rencontres littéraires, des surprises et beaucoup de bonheur à lire et partager nos découvertes. Je vous propose une rencontre littéraire Mercredi 23 Janvier 2019 au Dimanche à la Campagne   de 18h45  à  21 heures .
    Que vous ayez lu un peu, beaucoup ou pas du tout, mais que vous souhaitiez échanger sur vos dernières lectures ou chercher des idées d' oeuvres à découvrir sans proposer de livre à lire, vous  pouvez vous joindre au petit groupe de passionné(e)s qui se retrouvent.
 
    La soirée est libre et gratuite, pas de prise de parole obligatoire, spontanéité et bienveillance sont la marque de nos échanges .
    Bienvenue, au plaisir de vous accueillir ou de vous retrouver.
        Janine Delaitre

Posté par metaphores 64 à 17:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
22 décembre 2018

APERO-PHILO 24/01/19 - Se libérer des passions tristes ?

Apero philo

Le prochain Apéro-philo, activité libre et gratuite, se tiendra le jeudi 24 janvier à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

Peut-on se libérer des passions tristes ?

Guy Karl, présentateur-philosophe, fera une introduction problématisée autour des enjeux de la question d'une vingtaine de minutes avant de donner la parole au groupe qui décidera de suivre ou pas le plan proposé. 

Rappelons que nul n'est obligé de prendre la parole même si le groupe oeuvre collectivement à la résolution des problèmes. L'animateur fera des synthèses régulières en apportant si besoin des clarifications. Nous ferons une pause apéritive à mi-parcours (consommation non obligatoire) avant de reprendre pour une seconde partie. Fin de l'activité vers 21h. Possibilité de rester diner dans le restaurant.

Posté par metaphores 64 à 18:25 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
20 décembre 2018

ATELIER-PHILO - 30/01/19 - Blaise Pascal, penseur des limites

Atelier-philo 2

Le prochain Atelier-Philo se tiendra le Mercredi 30 janvier 2019 à 18h45 au Dimanche à la campagne (Pau). Nous proposons pour cette soirée de penser avec Blaise Pascal  

Les limites de la condition humaine

 

Résultat de recherche d'images pour "blaise pascal"

"De Blaise Pascal, penseur, écrivain, savant et inventeur autant protéiforme que génial du XVIIè Siècle, nous avons gardé en mémoire quelques formules devenues des adages célèbres : "le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas", "vérité en-deça des Pyrénées, erreur au-delà", c'est comme une "seconde nature", etc. Du savant, on retient souvent la première machine à calculer (la pascaline conçue à 19 ans, réalisée à 22 ans), ses recherches sur le vide en physique et sur l'infini en mathématiques, avec toutes les conséquences imaginables qu'elles ont entraînées. De l'homme de foi, on retient aussi son fameux "pari" et ses réflexions sur les limites de la raison : "Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison" note-t-il dans les Pensées.
Résultat de recherche d'images pour "la pascaline"la pascaline, première machine à calculer (1645)
Par ailleurs, Blaise Pascal est aussi un penseur singulier de l'existence dont l'approche est parfois qualifiée de tragique. En effet, les hommes s'appliqueraient à se détourner de leur condition, à se masquer leurs propres limites et leur place au sein d'un univers infini. C'est entre autres choses sur ces points que nous nous interrogerons en présentant d'abord quelques aspects saillants de sa pensée, puis en débattant sur quelques orientations proposées au public." DP
Résultat de recherche d'images pour "Pensées Pascal"
         La soirée sera animée par David Pourille, philosophe de formation, président de l'association Métaphores ; une lecture et un commentaire littéraire d'un passage des Pensées seront proposés par Janine Delaitre (professeure agrégée, animatrice du cercle littéraire). La soirée sera modérée par Marie-Pierre Carcau, philosophe de formation.

Posté par metaphores 64 à 16:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
19 décembre 2018

MANHATTAN-PHILO - 06/02/19 - Les deux sujets

 

Manhattan-philo1

Le prochain Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) se tiendra le  mercredi 06 février à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, le Manhattan-Philo propose 2 sujets édités ci-dessous et soumis au vote des participants le soir de l'activité. Le sujet traité sera celui qui remportera le plus de suffrages. L'animateur pourra assurer une rapide présentation des enjeux, des synthèses mais l'objectif premier reste le mise en oeuvre d'un travail collectif de pensée pour résoudre ensemble les problèmes rencontrés. 

Sujets proposés :

Sujet 1 : L'immortalité est-elle une fiction ? 

Sujet 2 : Y a-t-il de bons préjugés ? 

 Une pause conviviale aura lieu au bar à mi-parcours (consommation non obligatoire) vers 20h avant de reprendre pour une seconde partie jusqu'à 21h.

 

Posté par metaphores 64 à 13:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 décembre 2018

Résumé Café-philo - 15/01/19 - Le désespoir, un allié ?

A9AE3CD1-3934-4FD5-905E-A6EC9D05032F

 

Le CAFE-PHILO du mois de janvier 2019 (activité libre et gratuite) s'est tenu  le mardi 15 au café le W à Pau à 18h30. Le sujet proposé et voté par le groupe présent fut :

Le désespoir peut-il être un allié ?

Un allié est supposé partager votre cause, vous soutenir dans la difficulté, vous apporter aide et soutien. C’est pour le moins paradoxal que de voir dans le désespoir, qui est souffrance et dénuement, une chance, une circonstance favorable pour la résolution de problèmes personnels ou existentiels. Mais Hölderlin déjà avait dit : « où est le péril est aussi ce qui sauve ». Avant d’en juger il faut s’interroger plus avant sur la nature, les causes et les effets du désespoir, et dans quelle mesure le pire – le désespoir – peut aider, et sauver, comme le ferait un allié.

Un participant propose une image : tel qui vivait heureux sombre soudain dans la « vallée du désespoir ». Se désespérer c’est perdre l’espoir qui jusque-là faisait vivre. Epreuve douloureuse de perte (d’un conjoint, d’un emploi, d’une position enviable, d’un idéal etc) qui plonge le sujet dans l’accablement et la tristesse. On peut faire un rapport avec le deuil, qui est un douloir, une douleur : le sujet souffre d’une diminution de puissance, voire d’une mutilation. Il se sent appauvri, écorné, évidé.

On interroge dès lors la cause du désespoir, par de là les circonstances factuelles : la perte de l’objet, en ouvrant une brèche dans l’économie psychique, révèle quelque chose de la nature du désir : on croyait que le monde allait satisfaire nos espérances, on se berçait d’illusions, et c’est maintenant, dans cette déception, que se manifeste rétrospectivement la nature de l’illusion. On pensait par exemple : amour-toujours, et l’on voit que l’amour peut se flétrir, que rien ne garantit la permanence d’un bonheur.

Cette analyse débouche sur une critique de l’espoir. Si l’espoir est souvent valorisé (l’espoir fait vivre, dit-on) il faut voir cependant que l’espoir est une attente passive. On s’en remet au sort pour régler les problèmes au lieu d’agir. L’espoir est l’envers de la crainte, deux « passions tristes » selon Spinoza. La connaissance éclairée de la réalité devrait nous libérer des pièges de l’espoir. Ne rien espérer, mais connaître et agir.

Ne rien espérer n’est pas strictement identique à désespérer. Désespérer est une souffrance liée à la perte, avec le sentiment qu’il n’y a plus d’issue, plus de perspective, plus de solution. C’est, si l’on veut, un deuil qui n’en finit pas. A ce titre le désespoir est bien une passion triste, et peut-être la plus triste des passions tristes. Il n’est donc pas question, à ce point de vue, d’y voir un allié, une aide et un soutien.

Cela dit il y a une vérité dans le désespoir, à la condition de n’y pas demeurer à jamais, comme dans une tombe, d’y macérer dans la complaisance masochiste de l’endeuillé. Cette vérité est énoncée en référence à l’analyse que faisait Karl Jaspers des « situations-limites » : on ne peut éviter de mourir, de voir mourir des proches, de rencontrer le négatif et la maladie, la souffrance et le mal. C’est la finitude humaine, qui est inscrite dès l’origine dans l’existence humaine et dont il importe de prendre conscience. Cette prise de conscience produit inévitablement déception (de nos désirs d’immortalité et de béatitude), deuil et tristesse. L’homme rencontre nécessairement le désespoir, un jour ou l’autre, toute la question étant de savoir ce qu’il va faire de ce savoir douloureux.

Il y a ce qu’on ne peut pas changer, et ce qu’on peut changer. En invitant tout un chacun à un travail de connaissance (connais-toi toi-même) la philosophie enseigne qu’il est possible de vivre lucidement et sereinement, en dépit des malheurs inévitables. Je finirai par citer Pindare :

          « N’aspire plus mon âme à la vie immortelle

                Mais épuise le champ du possible ».

 Le désespoir est un allié s’il nous fait accéder à la connaissance, le pire des maux s’il nous laisse à jamais dans la vallée de larmes.

 

Pour Métaphores, Guy Karl

Posté par metaphores 64 à 20:27 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
16 décembre 2018

Résumé Manhattan-philo - 10/01/19 : La générosité, vertu politique ?

Manhattan-philo1

 

LeManhattan-Philo (activité libre et gratuite) du mois de janvier s'est tenu le JEUDI 10 2019 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. 

Les sujets proposés furent :

Sujet 1 : - L'immortalité est-elle une fiction ?

Sujet 2 : - La générosité est-elle une vertu politique ? 

Le groupe a voté très majoritairement (2/3) pour le sujet 2

 La générosité est-elle une vertu politique ? 

Résumé de la soirée à suivre :

Pour cette soirée philosophique au Manhattan, le public a choisi de réfléchir à la question suivante : « La générosité est-elle une vertu politique ? ». La question invite à penser le statut de la générosité au sein de l’action politique. Est-elle une vertu indispensable à l’homme politique ou à l’action politique en générale, ou bien est-elle plutôt une vertu individuelle, morale ? D’autre part, la politique peut-elle assumer les conséquences potentiellement contradictoires de la générosité avec les nécessités économiques ? Si la générosité est une vertu morale au sens aristotélicien de juste milieu entre deux vices, en l’espèce ici l’avarice et la prodigalité, est-elle aussi voire même premièrement une vertu politique, fondatrice de l’organisation d’une vie en commun juste et désirable ?

A cette question, le public a trouvé plusieurs réponses. Une réponse qui a été apportée collectivement, bien que de façon diverse selon les participants, a consisté à dire que la générosité ne peut pas être une vertu politique pour au moins deux raisons. La première tient à la nature même de la générosité. Il s’agit d’un acte qui n’est pas seulement extérieur, consistant à donner des biens à ceux qui n’ont pas assez, mais aussi intérieur, consistant à accorder quelque chose qui n’est pas un dû légal, par bonté délibérée. Or, cette intériorité est foncièrement morale. En ce sens la générosité a quelque chose de spirituelle, elle ne se limite d’ailleurs pas à la seule distribution de biens matériels, mais s’étend aux choses de l’esprit : on donne du temps, de l’attention, de l’empathie, etc. Dans cette mesure une générosité politique consisterait à transformer en action publique ce qui ressort de la dimension privée. On voit bien par ailleurs que l’impôt est une contrainte politique, et non un élan délibéré de partage et de don. En d’autres termes, la générosité est quelque chose qui se joue au niveau de l’intimité d’une conscience, et non sur le plan de lois et de décisions collectives, forcément contraignantes.

La seconde raison tient à la nature de la politique. Il est remarqué que la politique a pour mission de garantir à minima la sécurité et la validité des contrats, dans la perspective par exemple de Hobbes, penseur anglais du 17ème qui a jeté les fondements de la politique moderne. La générosité n’est donc pas de son ressort. De plus, si on se penche désormais sur la réalité de l’action politique, où règne des luttes pour le pouvoir, on ne peut qu’être suspect envers toute générosité publique affichée : n’est-ce pas une manœuvre politique  que de distribuer des richesses ? N’achète-t-on pas des voix avec des promesses, le prestige avec des dons, ou la paix sociale avec des hausses de salaire ? Il est donc permis, avec Machiavel, Nietzsche entre autres, de penser la politique comme un jeu de forces, un conflit de puissances, et non la recherche désintéressée du bien commun. Pour certains, on peut même interroger la possibilité même d’un acte généreux. N’est-ce pas toujours un acte intéressé de celui qui veut obtenir un avantage, un prestige, ou encore un aveu de faiblesse de celui qui ne sait pas dire non ?

Reste à dire, enfin, ce que peut la politique, si elle ne peut être généreuse. Le concept de solidarité est dès lors avancé. En effet, toute politique est une action publique, qui concerne donc l’intérêt commun. La solidarité est une composante essentielle de la politique. Certes, le degré de solidarité peut varier, mais une société ne peut pas cesser d’être solidaire sans cesser tout bonnement d’être. Partage des richesses, sécurité sociale, éducation gratuite, voire revenu universel, sont des façons pour la société d’offrir à tous des biens sans qu’ils soient versés en proportion du mérite ou des richesses. Le degré de solidarité d’une société est dès lors une question politique : jusqu’où peut-on être solidaire ? Libéraux et tenants d’une politique sociale s’opposent sur cette question. Les libéraux considèrent que l’état n’a pas à jouer un rôle maternant, de protection sociale, en ponctionnant les richesses des uns pour les donner aux autres. Les socialistes considèrent que l’état doit au contraire former des politiques de redistribution, afin que personne ne subisse la loi du plus fort. Mais quoi qu’il en soit, la distinction de la générosité et de la solidarité peut s’avérer plus féconde qu’on y pense au premier abord. En effet, elle permet de dissocier la question de la justice sociale de la question des vertus morales, et ainsi de ne pas mélanger ce qui relève d’un souci objectif de justice, et ce qui ne peut relever que d’une décision privée, qui contient une part de mystère. 

Pour Métaphores, Timothée Coyras

 

Pour prolonger la réflexion, voici quelques articles de Descartes extraits des Passions de l'âme dans lesquels il propose une définition originale de la générosité

Art.152. Pour quelles causes on peut s’estimer

Et parce que l’une des principales parties de la sagesse est de savoir en quelle façon et pour quelle cause chacun se doit estimer ou mépriser, je tâcherai ici d’en dire mon opinion. Je ne remarque en nous qu’une seule chose qui nous puisse donner juste raison de nous estimer, à savoir l’usage de notre libre arbitre, et l’empire que nous avons sur nos volontés. Car il n’y a que les seules actions qui dépendent de ce libre arbitre pour lesquelles nous puissions avec raison être loués ou blâmés, et il nous rend en quelque façon semblables à Dieu en nous faisant maîtres de nous-mêmes, pourvu que nous ne perdions point par lâcheté les droits qu’il nous donne.

Art. 153. En quoi consiste la générosité.

Ainsi je crois que la vraie générosité, qui fait qu’un homme s’estime au plus haut point qu’il se peut légitimement estimer, consiste seulement partie en ce qu’il connaît qu’il n’y a rien qui véritablement lui appartienne que cette libre disposition de ses volontés, ni pourquoi il doive être loué ou blâmé sinon pour ce qu’il en use bien ou mal, et partie en ce qu’il sent en soi-même une ferme et constante résolution d’en bien user, c’est-à-dire de ne manquer jamais de volonté pour entreprendre et exécuter toutes les choses qu’il jugera être les meilleures. Ce qui est suivre parfaitement la vertu.

Art. 154. Qu’elle empêche qu’on ne méprise les autres.

Ceux qui ont cette connaissance et ce sentiment d’eux-mêmes se persuadent facilement que chacun des autres hommes les peut aussi avoir de soi, parce qu’il n’y a rien en cela qui dépende d’autrui. C’est pourquoi ils ne méprisent jamais personne ; et, bien qu’ils voient souvent que les autres commettent des fautes qui font paraître leur faiblesse, ils sont toutefois plus enclins à les excuser qu’à les blâmer, et à croire que c’est plutôt par manque de connaissance que par manque de bonne volonté qu’ils les commettent. Et, comme ils ne pensent point être de beaucoup inférieurs à ceux qui ont plus de bien ou d’honneurs, ou même qui ont plus d’esprit, plus de savoir, plus de beauté, ou généralement qui les surpassent en quelques autres perfections, aussi ne s’estiment-ils point beaucoup au-dessus de ceux qu’ils surpassent, à cause que toutes ces choses leur semblent être fort peu considérables, à comparaison de la bonne volonté, pour laquelle seule ils s’estiment, et laquelle ils supposent aussi être ou du moins pouvoir être en chacun des autres hommes.

 Art. 155. En quoi consiste l’humilité vertueuse.

Ainsi les plus généreux ont coutume d’être les plus humbles ; et l’humilité vertueuse ne consiste qu’en ce que la réflexion que nous faisons sur l’infirmité de notre nature et sur les fautes que nous pouvons autrefois avoir commises ou sommes capables de commettre, qui ne sont pas moindres que celles qui peuvent être commises par d’autres, est cause que nous ne nous préférons à personne, et que nous pensons que les autres ayant leur libre arbitre aussi bien que nous, ils en peuvent aussi bien user.

Art. 156. Quelles sont les propriétés de la générosité, et comment elle sert de remède contre tous les dérèglements des passions.

Ceux qui sont généreux en cette façon sont naturellement portés à faire de grandes choses, et toutefois à ne rien entreprendre dont ils ne se sentent capables. Et parce qu’ils n’estiment rien de plus grand que de faire du bien aux autres hommes et de mépriser son propre intérêt, pour ce sujet ils sont toujours parfaitement courtois, affables et officieux envers un chacun. Et avec cela ils sont entièrement maîtres de leurs passions, particulièrement des désirs, de la jalousie et de l’envie, à cause qu’il n’y a aucune chose dont l’acquisition ne dépende pas d’eux qu’ils pensent valoir assez pour mériter d’être beaucoup souhaitée ; et de la haine envers les hommes, à cause qu’ils les estiment tous ; et de la peur, à cause que la confiance qu’ils ont en leur vertu les assure ; et enfin de la colère, à cause que n’estimant que fort peu toutes les choses qui dépendent d’autrui, jamais ils ne donnent tant d’avantage à leurs ennemis que de reconnaître qu’ils en sont offensés. 

                             Descartes, Les passions de l’âme

Posté par metaphores 64 à 20:58 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
15 décembre 2018

Résumé Bedous-café-philo - 05/01/19 - Sagesse de la douleur ?

Bedous café-philo_modifié-1

Le prochain Café-Philo-Bedous se tiendra samedi 05 janvier 2019 comme d'habitude au café L'escala à 18h en vallée d'Aspe (Bedous). Le sujet proposé pour cette soirée sera :

 Y-a-t-il une sagesse de la douleur ?

  Ce sujet a été inspiré par le vers de C.Baudelaire, issu du poème “Recueillement”: “sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille”. Le mot douleur vient du latin dolere, avoir mal, être affligé, de dolus, la ruse, qui a donné le deuil.; Il semble être synonyme de souffrance et leur opposé habituel est le plaisir, plaisir que Baudelaire, dans son écrit, compare à un “bourreau sans merci”...
     Mais, souffrance et douleur sont-elles identiques , ne peut-on tenter de penser une différence ? Ce que nous pouvons constater, c’est que les humains ont depuis longtemps questionner cette expérience de la douleur et les mythes ancestraux tentent de lui donner une origine (par ex., celui de Pandora dans les écrits d’Hésiode), comme si cette épreuve était le lot commun de tous les humains, inévitable et cependant semblant injustifiable. Mais si douleur/souffrance amoindrissent l’homme dans son intégrité et ses capacités jusqu’à le désespérer, peut-on entendre l’idée d’une sagesse de la douleur ? Peut-on en penser une positivité ? Que pouvons-nous y rencontrer et si sagesse il peut y avoir, laquelle ?
 
    La réflexion s’engage sur une possible différence entre douleur et souffrance. Tout le monde semble s’accorder sur le fait qu’elles s’opposent au bonheur et qu’elles ne sont pas identiques. La douleur, selon certains , est de l’ordre du physique, ce que le corps ressent , là où la souffrance serait psychique , de l’ordre du sentiment, impalpable. Mais, on objecte que certaines expériences(perte d’un être  cher) sont des douleurs. On en vient alors à l’idée que la souffrance est ce que le sujet fait de la douleur( le ressenti de la douleur et comment il s’exprime, le mot faisant penser au souffre, au feu qui brule, au diable...) ) et qu’elle est donc relative , chacun n’ayant pas les mêmes armes face à cette expérience On interroge alors le rapport au temps , avec l’idée qu’elles n’ont pas la même temporalité. La douleur serait reconnaissable, la souffrance invisible  et c’est le sujet qui fait de la douleur une souffrance.  A quel moment la douleur devient-elle souffrance ? La douleur peut disparaitre et la souffrance peut cependant perdurer( donc là, pas de sagesse). Ainsi, au-delà de la douleur qui n’est plus, la souffrance dit quelque chose de nous. Mais, n’y a-t-il pas des douleurs( par ex. dans la passion amoureuse) qui créent une souffrance qui nous dépasse, qui touchent au statut de l’humain. Ne peut-on dire que le deuil est ce qui nous fait accéder à notre statut ?
 
  On interroge alors l’insupportable de la douleur ? pourquoi ? qu’est-ce que cette expérience ? Quelqu’un constate que chez l’enfant et l’adolescent, la douleur est comme décuplée . Elle serait le signe qu’il y a un chainon manquant entre soi et l’univers et la sagesse de la douleur serait un protocole que l’on trouverait pour combler ce chainon manquant. S’il y a une sagesse , c’est alors la tentative de régler, de gérer sa douleur. Ainsi, nous n’avons pas de ‘kit’' de survie psychique”,et c’est là qu’intervient la subjectivité.  La réflexion s’engage alors sur la question de l’autre parce qu’on constate que on peut  se réfugier dans l’isolement, que l’on est seul avec soi-même et qu’il peut y avoir de l’orgueil à ne pas demander de l’aide( le danger serait qu’elle nous retire du monde mais quel retour ?). C’est peut-être parce que cette expérience suppose d’accepter d’être démuni , elle nous fait connaitre l’acceptation. Il peut aussi y avoir un danger qui consisterait à faire de la victimisation et la sagesse refuserait de tenir ce rôle ou encore un danger de légitimation de la douleur et quelqu’un rappelle cette phrase : “l’homme est un apprenti, la douleur et son maitre” . La douceur serait alors bienvenue pour ne pas faire l’apologie de la douleur et nous constatons qu’une seule lettre sépare les deux...
 
    Le danger de la douleur serait avant tout qu’elle ne s’exprime pas(le corps est capable de s’anesthésier longtemps et un jour  tombe malade sans que l’on sache  pourquoi) et c’est quand elle commence à parler, quand nous en prenons conscience et que nous l’acceptons que nous pouvons espérer en faire quelque chose. Elle nous alerte sur quelque chose, comme un phare, une lumière .D’ailleurs, on peut volontairement choisir de souffrir pour s’améliorer, pour la supporter mieux et l’exemple des arts martiaux est évoqué. Si la sagesse évoque la connaissance, la maitrise ou encore la métamorphose,  elle a à voir avec une transformation et il n’y a que cela qui peut nous sortir de la souffrance. Quand on ne reste que centré sur soi, on continue à souffrir et il manque peut être l’estime de soi pour éviter de devenir un martyr. Il y a donc un danger à ne pas résister à la douleur et elle est aussi une question de regard (  Face à la torture, porté par un idéal, l’homme peut résister). Elle peut devenir un moteur pour se transcender. Cependant, il n’y a aucune nécessité de vivre la douleur pour devenir sage et chacun s’accorde avec l’idée que le manque que nous avons devrait être rempli par autre chose.  Mais, si elle est inévitable dans une vie humaine, elle nous invite à accepter notre finitude, à nous transformer , faisant ainsi l’expérience d’une vertu qui se nomme courage ainsi que d’une possible liberté. Elle rappellerait à l’humain qu’il peut être une créateur, à commencer par lui-même.
 
   Enfin, quelqu’un souligne comment cette expérience nous rappelle le bonheur de vivre sans souffrance, nous enseigne que ce n’est pas un dû de ne pas avoir mal, nous fait alors éprouver le bonheur de vivre au jour le jour,  nous invite à une autre temporalité. La douleur n’est pas une quête, la sagesse, si, et s’il y a une sagesse de la douleur , elle nous ouvre à une autre altérité nous permettant de repérer la souffrance de l’autre, de l’aider à progresser, dàse dépasser en se réinventant, à mourir à soi(deuil)  pour devenir, nous unissant à l’humaine condition , universelle et intemporelle: “être poète, c’est donner à notre douleur la force et les moyens de se dépasser, de devenir aussi la douleur de tous,y compris de la poésie elle-même”( Franck Venaille).
Pour Métaphores, Véronique Barrail

 

Posté par metaphores 64 à 22:44 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
28 novembre 2018

Résumé Apero-philo - 19/12/18 - Y a-t-il une nature humaine ?

Apero philo

L' Apéro-philo, activité libre et gratuite, du mois de décembre 2018 s'est tenu le mercredi 19 à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

Y a-t-il une nature humaine ? 

Résumé de la soirée :

Par nature on peut entendre l’ensemble des caractères innés – natifs – qui définissent un individu ou une espèce. Dès lors cette nature serait stable, permanente, peu évolutive. Le comportement des abeilles ne semble guère avoir évolué depuis les premières observations. A l’inverse, on constate une extraordinaire diversité des comportements humains, des règles et coutumes qui se sont manifestées dans l’histoire, au point que plusieurs auteurs en sont venus à contester la légitimité même de la notion de nature humaine.

De fait, comment  isoler un ensemble de traits natifs, naturels, antérieurs à la socialisation et à la culture, si partout et toujours nous voyons l’homme vivre dans une culture artificielle, sous le régime de règles conventionnelles, de lois et d’interdits différents d’une société à l’autre : « vérité en de ça des Pyrénées, erreur au-delà ». Comment trouver un socle stable et permanent, comment isoler l’inné de l’acquis, si la culture est le fait universel de l’humanité, si la « nature » de l’homme c’est l’aptitude à la culture ?

Traditionnellement on définit l’homme comme un « animal raisonnable », ajoutant que c’est dans le langage conventionnel que se développent la conscience et la raison. C’est le langage, comme activité symbolique, qui différencie l’homme de l’animal. (Aristote, Descartes). Cette approche soulève immédiatement, dans le groupe, une objection : raison bien précaire si elle ne peut empêcher le mal, la cruauté, la violence (homo homini lupus). Ces caractères appartiennent manifestement à l’humanité comme une constante anthropologique plutôt qu’une déplorable exception. « Homo sapiens demens » dira Edgar Morin. Raison et folie coexistent tout au long de l’histoire humaine.

Cette double polarité de la conduite humaine exprime aussi la liberté. En théorie chacun peut choisir entre la loi et la transgression. Liberté d’indétermination : chez l’homme les instincts et les pulsions ne semblent pas fixés de manière définitive et immuable, ce qui engendre cette stupéfiante diversité de comportements, qui étonnait Montaigne. « Ondoyant et divers » l’homme échappe aux définitions, déjoue les critères inventés par la morale et la philosophie. Quelle nature si l’on ne trouve nulle part les caractères traditionnels de la nature ?

La discussion s’oriente ensuite sur la notion de devoir-être : on considère « naturel » ce qui est conforme à la loi morale, ce qui réalise un idéal : « Tu seras un homme mon fils ». L’humanité, dans cette vision finaliste, n’est pas un donné mais un devoir. Pour Aristote l’homme doit devenir un citoyen. Pour Kant un sujet moral. Mais en fait chaque culture agit de même : il faut socialiser, éduquer, former, élever, et dompter le naturel pour réaliser un certain type conforme à l’idéal collectif. – Je note qu’on ne trouve rien d’équivalent dans le monde animal. Chaque animal est ce qu’il est, sans qu’on puisse repérer une tension comparable entre le naturel et l’idéal. L’homme seul connaît le devoir-être, ou le devoir tout court. Nous y voyons incontestablement l’effet de la dimension symbolique, inséparable du langage.

Une participante fait remarquer qu’il y a deux manières d’aborder le sujet. Soit on cherche à différencier l’homme de l’animal pour dégager ce qui est propre à l’homme, soit on s’efforce de saisir directement  les traits spécifiques de la nature humaine. Or cette seconde approche est très difficile, peut-être impossible : l’homme est l’être qui veut et ne peut se comprendre lui-même, étant à lui-même l’énigme qu’il voudrait interpréter. Quête infinie, que même les sciences humaines ne peuvent accomplir. L’inexplicable, l’insondable sont au cœur de l’homme, qui ne peut parvenir à savoir qui il est.

Etre bien étrange en effet, qui désire ce qu’il ne peut attendre, voué à l’impossible et à l’errance, qui trouve bien de ci de là quelque satisfaction, mais vite oubliée, et jamais satisfaisante. C’est de ce creux que s’originent les grandes folies (homo sapiens demens) mais aussi les grandes œuvres de la science, de l’art et de la philosophie.

Nous n’aurons, au total, trouvé aucune définition de la nature humaine, mais des indications sur la liberté, le choix, la diversité, le devoir-être et la folie, qui ne font pas une définition, mais un tableau lui-même bigarré, ondoyant et divers. Peut-être faut-il se résigner à ne voir dans la nature humaine que le fantasme d’une origine à jamais inaccessible.

Pour Métaphores, Guy Karl

Posté par metaphores 64 à 22:41 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :
25 novembre 2018

Résumé Café-philo - 11/12/18 - Le savoir rend-il malheureux ?

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois de  décembre (activité libre et gratuite) s'est tenu le mardi 11 à 18h30 au café le W (face au lycée Barthou, place Louis de Gonzague) sur le sujet suivant (voté par les participants).

Le savoir rend-il malheureux ?

Résumé de la soirée :

« Heureux les ignorants » Ne vivent-ils pas dans la béatifique insouciance du paradis ? – A voire…C’est en tout cas un fantasme persistant qui consiste à déférer à une enfance imaginaire ce que nous avons perdu dans l’inévitable et parfois douloureuse entrée dans l’ordre symbolique. « C’était mieux avant ». Discours de la nostalgie, regret des « verts paradis de l’enfance ».

Contre ce discours de la naïveté, la philosophie enseigne depuis l’origine la valeur libératrice de la connaissance : « connais-toi-toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ». Ou, chez Kant : « sapere aude », ose savoir, ose te servir de ton entendement pour t’affranchir des tutelles de l’opinion, de la tradition ou du pouvoir. La philosophie n’enseigne pas particulièrement la voie du bonheur mais plutôt de la raison comme outil de libération. Serons-nous plus heureux en recherchant le savoir, ou plus malheureux encore, à mesure que nous nous éloignons des illusions et des fausses certitudes ?

Nous commençons par examiner plusieurs types de savoir : information, instruction, sciences, savoirs utiles ou inutiles, pour mieux cerner le vrai  enjeu : le savoir lié au questionnement existentiel. Schopenhauer est alors convoqué, qui a mis l’accent sur une déchirure douloureuse entre l’homme et le monde : si l’on se met à penser c’est précisément que les choses ne vont pas toutes seules, que notre position est infiniment problématique. C’est la douleur qui éveille, jamais le plaisir. C’est une sorte de malheur originaire qui pousse l’homme à s’interroger sur sa place dans le monde, à chercher quelque aménagement de sa condition. Le savoir est d’abord douleur, du moins s’il est authentique, avant de livrer éventuellement quelque solution à la douleur d’exister.

Apparaît alors la question du désir. Certains ont le désir de savoir, d’autres non, qui préfèrent se tenir mollement dans une paisible indifférence. Mais ce désir de savoir, à son tour, n’est pas univoque : il y a la curiosité, bien sûr, mais aussi le désir de maîtrise, voire de contrôle. Savoir pour pouvoir, et prévoir. D’autres évoquent le désir d’intégration, et d’autres le plaisir. Quoi qu’il en soit se pose la question des motivations : Qui veut savoir ? Quoi ? Pourquoi ? Question difficile, et pourtant centrale si, comme le dit Spinoza « nous connaissons nos désirs mais non les causes qui nous déterminent ».

Le désir de savoir met en jeu le savoir du désir. Mais pouvons-nous  poser qu’il existe un savoir du désir ? Ce serait sans doute prétendre à une position de maîtrise absolue qui relève de la fantasmagorie. L’expérience nous montre que tout savoir conquis de haute lutte ouvre instantanément la porte à une nouvelle ignorance, l’ignorance savante qui est savoir du non-savoir. « Je sais que je ne sais » ou, à la manière de Montaigne : « Que sais-je ?» incertain que je suis et du monde et de moi. Ce non-savoir d’un nouveau genre, radicalement distinct de l’ignorance naïve et béate, s’inscrit comme un trou dans la chaîne du savoir : moment de suspension, béance, incertitude, hiatus où peut surgir quelque chose d’un non-su qui nous révèle à nous-mêmes la part cachée, l’énigme de notre destinée.

C’était l’enseignement de Freud : Wo ich war soll es werden – où était ça je dois advenir. Savoir indéfiniment ouvert, en mouvement, où le sujet est appelé à advenir, dans un processus pérenne de vérité.

Ce savoir-là rend–il heureux ? Ce n’est sûrement pas selon la définition ordinaire (la réalisation durable de tous nos désirs), mais selon la formule, à la fois improbable et virtuellement réalisable, de l’alliance du désir et de la vérité.

Pour Métaphores, Guy Karl

 

Posté par metaphores 64 à 09:58 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,