Métaphores : CAFES-PHILO - CERCLE LITTERAIRE à Pau

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L'association Métaphores vous souhaite la bienvenue sur son blog. Vous trouverez ici toutes les informations relatives aux activités philosophiques et littéraires (libres et gratuites) que nous organisons à Pau et environs : Cafés, Apéros, Ateliers, Bedous-philo, Manhattan-philo et Cercles littéraires ainsi que des discussions autour des sujets. 

N'hésitez pas à vous abonner à la Newsletter (cocher messages + news) pour recevoir l'annonce des activités à venir, les résumés et les informations complémentaires. Prenez part aux discussions en laissant un commentaire*. 

*Les commentaires fielleux, mettant en cause des personnes ou sans aucun rapport avec le sujet traité seront supprimés.

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25 octobre 2017

APERO-PHILO jeudi 23 novembre 17 - Dans le miroir ?

Apero philo

Le prochain Apéro-philo, activité libre et gratuite, se tiendra le jeudi 23 à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

Qui voyons-nous dans le miroir ? 

Guy Karl, présentateur-philosophe, fera une introduction problématisée autour des enjeux de la question d'une vingtaine de minutes avant de donner la parole au groupe qui décidera de suivre ou pas le plan proposé. 

Rappelons que nul n'est obligé de prendre la parole même si le groupe oeuvre collectivement à la résolution des problèmes. L'animateur fera des synthèses régulières en apportant si besoin des clarifications. Nous ferons une pause apéritive à mi-parcours (consommation non obligatoire) avant de reprendre pour une seconde partie. Fin de l'activité vers 21h. Possibilité de rester diner dans le restaurant.

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23 octobre 2017

BEDOUS-CAFE-PHILO - Samedi 25 novembre 17 - La mémoire

Bedous café-philo_modifié-1

Le prochain Café-Philo-Bedous se tiendra samedi 25 novembre 2017 comme d'habitude au café L'escala à 18h en vallée d'Aspe (Bedous). Le sujet proposé sera : 

La mémoire nous joue-t-elle des tours ? 

L'animatrice et professeure de philosophie, Véronique Barrail, présentera les enjeux problématiques de la question avant de donner la parole au groupe pour une discussion collective. L'activité, gratuite et ouverte à tous, n'est donc pas un cours ni une conférence mais la mise en jeu de problèmes philosophiques que nous essayons de résoudre de manière progressive. Des synthèses ou des précisions seront apportées si besoin pour la clarté des débats. Nul n'est obligé de prendre la parole. Cependant, dans l'esprit d'une activité publique, le café-philo repose sur l'implication des personnes présentes désireuses de faire avancer la réflexion. Fin de l'activité vers 20 h

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20 octobre 2017

CERCLE LITTERAIRE Mercredi 29 novembre 17 : Lectures

Cercle Littéraire

Le prochain Cercle littéraire se tiendra le mercredi 29 novembre au Dimanche à la campagne de 18h45 à 21 h. L'entrée est libre et gratuite. Les participants pourront échanger sur les oeuvres suivantes :

L'archipel d'une autre vie       Andreï Makine

 

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L'amour et les forêts          Eric Reinhardt

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Bakhita           Véronique Olmi

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L'ordre du jour          Eric Vuillard    Goncourt 2017

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Au plaisir de nous retrouver. Bonne lecture.

J.Delaitre 

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17 octobre 2017

Résumé Café-philo - 14/11/17 : Vivre et ne croire en rien?

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois de novembre (activité libre et gratuite) s'est tenu le mardi 14 à 18h45 au restaurant du Palais Beaumont.  Le sujet voté par le groupe présent fut :

Peut-on vivre lorsqu’on ne croit en rien ?

 1)   La première réaction du groupe fut d’interroger ce « rien ». Ce rien est-il concevable ? Encore faut-il distinguer «  ne croire en rien » et «  ne croire pas du tout ». Mais ces questions restent momentanément en suspens, car il faut d’abord examiner le croire. Le croire aide-t-il à vivre, est-il indispensable pour vivre, ou à l’inverse est-il un obstacle à la vie pleinement vécue ?

2)   En français le mot croire est ambigu : il faut distinguer le régime faible, celui de l’opinion qui engage peu, qui est labile, « ondoyant et divers », et le régime fort, celui de la croyance, qui implique une prise de risque, voire un engagement. On retiendra le second sens pour la suite du débat. Croire c’est placer sa confiance en quelqu’un ou dans une idée, une valeur. On dit alors « croire en » plutôt que croire que ». La croyance ne peut être un savoir objectif, ni une certitude. C’est la projection d’une représentation infiniment souhaitable (pour le sujet qui croit) sans qu’il y ait garantie rationnelle. Tel qui croit en l‘immortalité de l’âme ne peut la démontrer, il la pose comme une sorte d’idéal, ou un principe régulateur pour la conduite de la vie. La croyance est avant tout une prise de position subjective qui n’engage que le croyant.

3)   On se demande si la plupart des croyances ne sont pas des faits culturels plutôt qu’individuels, des fruits de la transmission familiale, confessionnelle ou régionale. Ce qui pose le problème de la sincérité : suis-je authentiquement croyant si je me contente de répéter les articles de foi appris dans l’enfance ? On voit que la croyance ne va pas sans le doute, du moins si l’on ne se contente pas de la simple crédulité. Apparaît ici une difficulté : la croyance est d’abord sociale, elle contribue puissamment à renforcer le lien communautaire, à définir des appartenances, voire à imposer des conceptions et des conduites. Où est alors l’acte libre de celui qui prétend croire ? Pour accéder à une certaine liberté, le minimum, pour le sujet, est de s’autoriser l’examen de ce qu’on lui a transmis.

4)   Il faut distinguer alors le fait de croire, pris en lui-même, et l’objet auquel on croit. Certains changent volontiers d’objet de croyance au gré de leurs intérêts ou de leurs passions. On commence catholique, on devient marxiste, puis libéral, on finit conformiste…Est-ce l’objet qui détermine le croire, ou est-ce le croire qui se donne un objet, quitte à en changer s’il se révèle trop décevant ? Mais alors quelle est la racine du croire ? Partager un idéal collectif pour s’intégrer dans le groupe ? Combler un manque ? Idéaliser une personne ou une vision du monde ? S’assurer contre l’insatisfaction inhérente au vivre ? Prendre une option sur l’avenir ? Se garantir contre l’incertitude, l’inanité d’une vie sans idéal ? Faire un pari sur le sens contre le non-sens ? On remarque en tout cas que le croire s’enracine très profondément dans les arcanes de la psyché, tant individuelle que collective. Besoin ou désir ? Quoi qu’il en soit, la croyance vient boucher un trou dans la représentation, offrant une issue à la panne du savoir. Si nous pouvions savoir qu’aurions-nous à faire de la croyance ?

5)   Ce qui vient affaiblir, voire ruiner la croyance c’est la déception, la désillusion. Moment critique, mais qui le plus souvent est annulé au profit d’une autre croyance. Mais on peut aussi tirer parti de cette expérience pour procéder à un examen approfondi de la croyance, se demander si la croyance est nécessaire ou non, si la vie est possible sans elle, ou plus intéressante sans elle. Certains font l’option qu’il vaut mieux ne pas croire, et suspectent dès lors tous les articles de foi, religieux, sociaux, politiques, idéologiques, pour mieux juger de tout en ne se soumettant à rien. C’est la position critique de la philosophie. Reste à voir ce qu’il en advient dans la vie pratique.

6)   Suspendre la croyance c’est se mettre à penser. « Sapere aude » ose savoir, ose te servir de ton entendement. C’est en effet une audace que de se mettre ainsi en retrait de la tradition. Est-ce politiquement possible ? Dans certains régimes de force c’est courir à la mort (voir la condamnation de Giordano Bruno). Dans un régime de droit c’est possible et parfois c’est même encouragé. On peut penser et croire ce qu’on veut, mais on ne peut toujours agir comme on veut. Selon Descartes et Spinoza le philosophe – et le penseur libre - s’avanceront masqués : pensant librement sans croire, on vivra en prudence. Est-il en effet indispensable, sous prétexte de véracité, de s’offrir à la foule comme victime expiatoire ? Ritualisme aimable et savant, qui consiste à jouer le jeu public, autant qu’il est nécessaire pour survivre, tout en cultivant par devers soi la libre jouissance de la vie. (voir Epicure)

7)   Reste la question du « rien ». Peut-on ne rien croire, et ne croire en rien ? Théoriquement rien ne s’y oppose. Mais il faut bien convenir, en toute humilité, que la chose, dans les faits, est difficile : il reste sans doute dans les profondeurs de l’âme des passions secrètes, des attachements anciens, des convictions impensées qui ne se résorbent pas volontiers. Si croire c’est parier sur l’incertain, ne pas croire c’est parier sur l’improbable. Je dirai, parodiant Platon, que ne pas croire est « un beau risque ».

8)   Enfin, pour la fine bouche, je proposerai en addendum une conception métaphysique très ancienne et toujours actuelle, qui consiste à dire que sous les parades sophistiquées de nos savoirs et de nos croyances, sous le vernis flatteur de nos constructions langagières et mentales, l’esprit averti et dégrossi verra effectivement le « rien » : rien de pensable, rien de connaissable, rien de nommable et d’identifiable, rien que le vide immense et insondable du Chaos primitif d’où toutes choses procèdent, qui les génère et les détruit, « feu éternellement vivant qui s’allume et s’éteint à mesure » (Héraclite). (Ne) croire en rien serait opter pour le réel pur.

Pour Métaphores,

Guy Karl

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15 octobre 2017

Résumé Manhattan-philo - 08/11/17 Le droit de mentir ?

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) du mois de novembre s'est tenu le 8 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, le Manhattan-Philo propose 3 sujets édités ci-dessous et soumis au vote des participants le soir de l'activité. 

Sujets proposés :

Sujet 1 : Y a-t-il un droit de mentir ?  

Sujet 2 : Les robots peuvent-ils travailler à notre place ? 

Sujet 3 : Les animaux pensent-ils ? 

 Y a-t-il un droit de mentir ?

Résumé de la soirée :

Pour ce Manatthan-Philo du mois de Novembre, le public a choisi de réfléchir à la question suivante : Y a-t-il un droit de mentir ?

J’ai tout d’abord pris soin de bien définir le sens du mensonge. Le mensonge n’est pas à confondre avec l’erreur. Mentir, ce n’est pas dire quelque chose de faux, mais c’est vouloir tromper autrui, c’est-à-dire le placer intentionnellement dans l’erreur. Ainsi, le menteur connaît la vérité mais choisit de tromper autrui en vue d’obtenir par là un bénéfice. Cette distinction est essentielle. Car l’erreur est bien souvent involontaire. On se trompe sans le vouloir, et par suite on ne ment pas en rapportant ce qu’on pense être vrai. Mais le mensonge est bel et bien un acte conscient et volontaire. Ainsi, il est légitime de se demander si le mensonge peut être juste, ou s’il est nécessairement injuste. Ce qui revient à se demander s’il y a un droit de mentir. La question porte bien sur l’universel. Il ne s’agit pas de recenser les différentes législations, mais bien de réfléchir sur ce qui doit être.

A partir de là, le public commence par remarquer que le mensonge est une sorte de nécessité sociale. On a besoin de mentir pour rendre la vie en société plus agréable, et même tout bonnement possible. Certains mensonges ont même des finalités morales. En milieu hospitalier, pour préserver les patients, il peut être nécessaire de leur masquer la vérité. Le mensonge pourrait, pourquoi pas, valoir comme une méthode Coué, souligne quelqu’un. Si on fait croire à quelqu’un qu’il va mieux – alors que c’est faux -, n’est-ce pas un moyen de le faire aller mieux ?

A ces remarques s’ajoutent des avis contraires. Quelqu’un remarque ainsi que la déontologie implique de dire la vérité aux patients. Par ailleurs, on ne peut pas user du mensonge pour guérir quelqu’un, car on le réduit à l’état d’objet, de sujet expérimental, ce qui est contraire à l’éthique. Sans doute faut-il distinguer le mensonge malicieux, qui vise à obtenir un intérêt indu, du mensonge défensif, permettant de se protéger en cas de danger, remarque alors quelqu’un.

Cette distinction amène ainsi à opposer le mensonge malicieux et le pieux mensonge. Mais le pieux mensonge n’est pas à l’abri de reproches, ne consiste-t-il pas à affirmer sa supériorité face à autrui ? Quelqu’un se demande alors si on ne peut pas voir la religion comme un mensonge. Mais d’autres rétorquent qu’un homme qui a la foi pense être dans le vrai, et donc il ne cherche pas à tromper autrui.

Une discussion est aussi entamée sur le plan juridique. Au tribunal, a-t-on le droit de mentir ? Quelqu’un soutient que l’accusé a le droit de mentir, car il a le droit de se défendre. Il est juste qu’un accusé a le droit de ne pas reconnaitre les faits qui lui sont reprochés. Mais il est à remarquer que si sa culpabilité est prouvée, sa non-reconnaissance alourdira toujours sa peine. Le mensonge devant un tribunal est toujours réprouvé, de ce fait, d’une façon ou d’une autre.

Quelqu’un cherche alors à interroger le présupposé qui voudrait que dire la vérité soit un devoir. D’où vient cette exigence de sincérité ? N’y a-t-il pas là quelque chose de totalitaire ? D’autres remarquent que le mensonge est pourtant le cœur des gouvernements totalitaires. Mais on peut aussi reconnaître à l’Etat un droit de mentir pour préserver tout ensemble son intérêt et l’intérêt collectif, c’est d’ailleurs ce que soutient Machiavel dans Le Prince.

Que faire en cas de nécessité, par ailleurs ? Ne faut-il pas mentir pour sauver des vies ? Mais il y a des difficultés. En effet, il est difficile de prévoir les conséquences de son mensonge. Réussira-t-il à sauver des vies ou provoquera-t-il un effet contraire ? Et par ailleurs, pour sauver la vie de qui ? Peut-on mentir pour sauver la vie d’un criminel ? Il semble bien que non.

Une personne remarque aussi que nous avons du mal à faire confiance aux autres, et qu’être méfiant passe pour de l’intelligence. Mais pourquoi ne pas faire tout bonnement confiance ?

La soirée se termine ainsi sur cette notion de devoir de vérité. Seul Diogène semble avoir revendiqué une franchise totale, mais le cynisme n’est sans doute pas viable en société, et il faut admettre, semble dire le public, qu’on doive tous porter des masques pour vivre.

Sans aboutir à une conclusion tranchée, la soirée aura permis de mettre en lumière bien des difficultés liées au droit de mentir. Si nous pensons spontanément que mentir peut être une bonne chose pour vivre en société ou encore défendre des intérêts supérieurs, on se heurte également aux difficultés sociales et morales qu’entraine tout mensonge. L’exigence d’honnêteté dans ses déclarations demeure ainsi contradictoire. On ne peut, semble-t-il, ni s’y plier, ni y renoncer.

Pour Métaphores,

Timothée Coyras

Nous tenons à remercier Laure pour son accueil chaleureux au Manhattan-café, pour l'organisation de cette soirée dinatoire fort sympathique et Claudine pour la qualité de ses rhums arrangés qui ont contribué au sentiment festif du moment.

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20 septembre 2017

Résumé de l'Apéro-philo -19/10/17 : La folie

Apero philo

L' Apéro-philo (activité libre et gratuite), s'est tenu le jeudi 19 octobre à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

De quoi la folie est-elle le nom ? 

 

Résumé de la soirée

1)   Folie est un terme commode pour désigner des pensées, des passions, des conduites extrêmement diverses, d’intensité très inégale, parfois dangereuses, parfois inoffensives, depuis la « douce  folie » du poète jusqu’aux ravages inquiétants de la psychose avérée. Cette extrême diversité pose le problème de savoir s’il existe quelque chose de commun entre ces manifestations : de quoi parlons-nous quand nous utilisons ce mot ?

2)   D’emblée apparaît l’idée que la folie qualifie un comportement hors-cadre, hors-norme, hors règle : une asocialité qui dérange et qui est perçue comme une menace pour l’ordre social. C’est l’autre qui est fou, posé comme altérité dangereuse, et à ce titre rejetée, voire exclue. On songe au « grand renfermement » de l’âge classique analysé par Foucault : mise en quarantaine de tous les déviants, criminels, chômeurs, prostituées, et fous, indistinctement relégués dans les Hospices. Mais on voit bien que tout déviant n’est pas fou, et qu’on ne peut identifier déviance et folie. La folie excède manifestement cette définition.

3)   On propose alors une nouvelle idée : le conflit ne serait pas réductible à l’opposition entre le social et l’individuel mais se situerait dans la psyché elle-même : conflit entre l’élément passionnel et le rationnel, incapacité à gérer les pulsions, à s’adapter à un ordre conventionnel et social, aspiration incontrôlable à l’illimité, perte du sens de la réalité, fuite dans l’imaginaire etc. La rupture sociale ne ferait que traduire une rupture plus profonde, interne au sujet lui-même, qui se manifesterait dans une évidente perte de maîtrise.

4)    Apparaît alors la notion de chaos : si chacun porte en soi un chaos, les uns sauront le gérer vaille que vaille, voire à en tirer les éléments d’une création originale et libre, comme certains artistes particulièrement novateurs, alors que d’autres seront submergés par le chaos intérieur. S’il en est ainsi la folie n’est pas l’exclusivité pathétique d’un autre – l’aliéné – mais serait la « folle du logis » présente en chacun, inquiétante hôtesse de l’âme, risque suprême d’effondrement ou de déraison, mais aussi, dans les cas favorables, source d’inspiration, de renouvellement et de création. Face au chaos nous sommes très inégalement armés, les uns sombrant sans recours, d’autres y trouvant le meilleur.

5)   « Je est un autre » écrivait Rimbaud : la folie, dans les autres et en nous-mêmes, nous met en face d’une vérité terrible, que la tragédie de longtemps a su mettre en scène : moi qui crois savoir, qui crois régenter ma propre vie, je me découvre habité par un « génie » un « daïmon », qui, si je le refuse et le nie, se vengera en menaçant l’équilibre fragile et fallacieux que j’ai construit : effondrement, décompensations dans les cas graves, symptômes persistants et pénibles, souffrance et conflit dans les cas ordinaires. Le fou n’est pas toujours l’autre, mais il est si commode de le croire !

6)   La folie révèle la dimension tragique de l’existence, aussi cherche-t-on à la masquer, l’écarter, l’isoler, la nier, la forclore, d’où les « asiles » et autres lieux d’isolement. Mais par ailleurs il ne faut pas se cacher le fait que la vraie folie est d’abord une souffrance qui appelle le soin, l’écoute, la compassion. L’asile est à la fois un refuge et une prison, un lieu de soins et d’isolation, d’écoute bienveillante et de coercition. On prétend soigner tout en protégeant la société de la violence potentielle. Ambiguïté indépassable de la psychiatrie.

7)   Au final la folie interroge le sens. Traditionnellement le fou c’est « l’insensé », celui qui a perdu le sens. Mais s’il a perdu le sens commun, du moins selon l’opinion de la majorité, il témoigne à sa manière d’un autre sens, que nous n’aimons pas interroger. Il y a une puissance de contestation dans la folie, mais indirecte, parole mutilée qui fait signe vers un sens que nous avons perdu et que nous devrions retrouver : songeons au sage Démocrite qui rit de tout et de tous, et de soi-même, en démasquant par son rire la folie ordinaire d’une société obsédée par la richesse, le pouvoir, la frime universelle, les fausses valeurs, au mépris de la vie et de l’humanité. Diogène le Chien pissant sur les vases d’or.

8)   Sagesse ou folie ? A côté des pauvres gens souffrants de réelles pathologies quasi incurables et dévastatrices, il se trouve aussi de forts gaillards qui ont le sens authentique de la liberté intérieure, qui acceptent le risque de déplaire ou de gêner, témoignant par-là de la plus haute destination de l’homme.

9)   Petite folâtrerie pour finir : philosophie ou folisophie ?

Pour Métaphores,

Guy Karl

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18 septembre 2017

Résumé Cercle littéraire - 18/10/17 : Lectures du moment

   

Cercle Littéraire

                                           

Le prochain Cercle littéraire (activité libre et gratuite) se tiendra le Mercredi 18 octobre à 18h45 au Dimanche à la campagne à Pau sur le thème suivant : 

   Lectures du moment

 "Pour le premier Cercle Littéraire de la saison, je vous propose de venir  partager vos lectures présentes ou récentes dans le cadre convivial du Dimanche à la Campagne. Chacun, chacune pourra présenter ses dernières lectures et échanger avec les autres participants. Au plaisir de vous retrouver. " (JD)

Résumé de la soirée :

Les lectrices et le lecteur ont partagé leurs lectures  du moment .

Quelques thématiques s'en dégagent : l'esclavage et la différence, le harcèlement, les couples .

                        Véronique Olmi  BAKHITA

 Cette histoire vraie d'une fillette de sept ans enlevée au Darfour et vendue comme esclave, puis rachetée et affranchie par un consul italien, devenue religieuse et canonisée par Jean-Paul II retrace l'histoire  de l'esclavage au travers d'un destin singulier.              

 Les souffrances et l'horreur de cette condition sont retracées avec beaucoup de force. Bakhita oublie son nom, celui de sa mère, ses racines . Malgré  les humiliations subies, elle reste forte et lumineuse .  Ce récit pose la question de la survie et de la construction de soi et peut se rapprocher de  LA NUIT EN VERITE  (du même auteur). Cette œuvre évoque le harcèlement scolaire dont est victime un élève obèse et pose la question de la différence dans le domaine de l'apparence, de l'argent.                                                                                                                                                                                                            Autre récit sur le thème de l'esclavage :

                    Colson Withehead  UNDERGROUND

 Cette histoire réaliste met en scène des chasseurs d'esclaves qui traquent les esclaves fugitifs tentant de gagner le Nord avec l'aide d'un réseau de solidarité, matérialisé par la métaphore d'une ligne de chemin de fer souterraine . Le lecteur est confronté à des descriptions dures mais ce récit éclaire la question des combats menés par les Noirs aux Etats-Unis  ainsi que la violence de leurs relations avec les Blancs. Trois générations ne suffisent pas à apaiser et refermer ces blessures .

 D'autres œuvres sur le thème de l'esclavage et du racisme sont citées : La couleur des sentiments de Kathryn Stockett , L'oeil le plus bleu de Toni Morrisonou le film Qui vient dîner ce soir ? 

 Le thème de la différence amène à parler du dernier livre de Leïla Slimani

                   SEXE ET MENSONGES, LA VIE SEXUELLE AU MAROC .

 Dans cet essai, Leïla Slimani retrancrit la parole des femmes et des hommes qu'elle a écoutés : la vision des hommes par rapport aux femmes,la façon dont est conçue la relation à l'autre .  Au-delà du poids des traditions sur les femmes, c 'est la souffrance et les contradictions de toute une société qu'elle donne à entendre.

                  Stefan Zweig      LE MONDE  D' HIER 

 Cette chronique rédigée entre les années 1934, année de l' exil et 1942, date du suicide de l'auteur à Buenos-Aires exprime dans un  style fluide le mal-être de tous ces gens réduits à être des exilés, après que tout leur a été enlevé dans leur propre pays, jusqu'au droit de s'asseoir sur un banc ! Le lecteur est d'abord plongé dans la vie cosmopolite de la Vienne d'avant 1914 , âge d'or avant le basculement final . Zweig évoque ensuite les atistes qu'il a rencontrés lors de ses voyages  et brosse un  tableau vivant et foisonnanrt de l'intelligentsia de la première moitié du XX° : Freud, Rilke, Cosima Wagner, Romain Rolland . Collectionneur, traducteur de Verhaeren, Keats, Baudelaire, Zweig livre une œuvre -testament ; à travers son témoignage, s'entend la nostalgie d'un monde en train de disparaître et un avertissement pour l'avenir.

 Un roman  policier se déroulant dans notre région est ensuite proposé .

                   Thomas Aden    ALARME EN BEARN   

  Un jeune couple, banal, vivant à Mourenx est témoin d'un incendie criminel .Il se retrouve mêlé à une série de rebondissements  .

Les deux jeunes gens vont mener leur enquête, en parallèle avec la police .

le bassin de Lacq et la  délocalisation de l'usine sert de toile de fond à cette intrigue qui va connaître une chute brutale . L'agrément de ce récit tient à une action rapide qui colle à la réalité, à la familiarité avec les lieux évoqués .

 Un essai :Elizabeth Badinter              XY , DE L' IDENTITE MASCULINE

Cette étude riche et de grande qualité interroge les hommes sur leur identité et bouscule quelques idées bien ancrées sur la question.  L'homme ne se construit pas seulement sur des fondements génétiques mais aussi sur des facteurs sociaux et culturels. Les contours d'un « nouvel homme » sont dessinés , prélude d'une nouvelle harmonie du couple

 Deux autres oeuvres ont été présentées :

    L' AMOUR ET LES FORÊTS    de Eric Reinhardt

    L'ARCHIPEL D'UNE AUTRE VIE d'Andreï Makine

  Pas de résumé ici car ces deux livres sont selectionnés pour le prochain Cercle qui se tiendra fin novembre (la date exacte sera précisée ultérieurement ) .

 Plusieurs titres seront proposés à la lecture en vue d'une discusion entre participants .

Une présentation de  ces œuvres figurera dans l'annonce du prochain Cercle.  

 Pour MétaphoresJanine Delaitre

                                  

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15 septembre 2017

Résumé Café-Philo -10/10/17 Suivre les règles ?

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois d'octobre (activité libre et gratuite) s'est tenu le mardi 10 à 18h45 au café-restaurant un Dimanche à la campagne. Après le vote des participants, le sujet retenu fut :

Pourquoi suivons-nous des règles ?

Résumé de la soirée

En effet nous les suivons pour l’essentiel, en dépit de nos contrariétés, mécontentements et critiques variées. Il faut croire qu’il existe quelque raison « supérieure » à ce fait, qui mérite examen.

1)   On commence par tenter une définition générale de la règle. En premier lieu la règle c’est la régularité, la périodicité, la constance dans le temps. Définition minimale et faible, car elle ne distingue pas ce qui est de l’ordre de la nature et de la culture. Au sens strict la règle est un fait culturel majeur, voire premier. Elle prescrit un comportement, en interdit un autre : c’est une régulation qui s’impose au corps social et aux individus (interdit de l’inceste par exemple, considéré comme fondement de l’ordre culturel).

2)   Pour qu’un système puisse fonctionner il faut des règles : règles de la langue, règles du jeu par ex. On voit que ces règles sociales sont conventionnelles, qu’elles évoluent dans le temps, qu’elles sont certes imparfaites et amendables, mais qu’on ne peut s’en passer.

3)   On remarque toutefois que souvent elles sont mal vécues  par les individus qui se plaignent de perdre leur liberté, comme si, par de là leur pure fonctionnalité, elles charriaient des normes morales, des valeurs, des exigences, comme si elles définissaient un « bien » moral, une norme de respectabilité, et pour finir une normalisation universelle. La règle évoque aussi la ligne droite tracée arbitrairement, la rectitude, voire la rigidité ou la normopathie. Faut-il dès lors adopter les règles, ou plus simplement s’y adapter ?

4)   Estimant que cette définition générale est suffisante on en revient à la question du pourquoi. D’abord on suit la règle par peur des sanctions. Toute obligation implique sanction (Durkheim) positive ou négative. Ensuite il y a cette évidence que la société ne peut fonctionner sans elles, qu’il faut un cadre général qui règle les échanges de toute nature, économiques, politiques, matrimoniaux, symboliques, culturels etc. Chacun renonce, en principe, à la violence pour que les autres en fassent autant. Rousseau : obéir à la loi pour n’avoir pas à obéir aux autres. La règle crée un espace de relation valable pour le groupe en tant que tel, mais aussi pour l’individu lui-même, qui, s’il n’y consent point, bascule dans l’anomie, le narcissisme échevelé, l’illusion de toute puissance, voire dans la psychose. Lévy-Strauss le dit explicitement : nous avons le choix entre l’aliénation sociale (l’adaptation) et l’aliénation psychiatrique.

5)   Après la pause, l’examen porte plus spécifiquement sur la relation difficile entre la règle sociale et la singularité individuelle. En particulier sur la différence essentielle entre l’hétéro-nomie (régime psychique où la règle est posée de l’extérieur par l’Autre comme une contrainte subie) et l’auto-nomie (régime psychique où c’est le sujet lui-même qui se donne à lui-même la règle de la conduite). La situation du sujet humain, dans les premières années, est telle que c’est forcément l’autre qui régule et normative. Cette situation peut durer indéfiniment – infantilisme, immaturité psychique, névroses etc . Il faut à la fois des conditions favorables et une vraie volonté de liberté pour que le sujet puisse évoluer vers l’autonomie, laquelle est sans doute plus accessible sur le plan de la conduite individuelle que sur le plan politique.

6)   Plutôt que de dire que « nous suivons les règles » on peut estimer que nous devons apprendre à nous réguler d’après elles, en les amendant quand c’est nécessaire. Après tout nous faisons évoluer les lois, les règlements, les normes, qui ne sont jamais pleinement satisfaisants mais dont nous ne pouvons nous passer. Il faut apprendre à vivre « parmi les autres », en acceptant qu’il faille une régulation des échanges et en tentant de nous positionner comme sujet dans le système symbolique de la société.

7)   En conclusion on pourra se demander quel est cet étrange animal qui vient au monde inachevé, prématuré, souffrant d’une immaturité psychique telle qu’il ne peut ni vivre, ni évoluer, ni se développer sans le secours d’une tutelle, qui, si elle est en principe passagère, se révèle le plus souvent définitive. La liberté psychique et morale est le fruit d’un long travail et d’une laborieuse conquête, mais elle n’est pas impossible. Comme dit Spinoza « tout ce qui est beau est difficile autant que rare ».

Pour Métaphores,

Guy Karl

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09 septembre 2017

Résumé Manhattan-philo - 04/10/17 La plainte

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) du mois d'octobre s'est tenu mercredi 4 octobre à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Comme annoncé sur le blog, les 3 sujets édités ci-dessous ont été soumis au vote le soir de l'activité.  La soirée fut animée comme d'habitude par Timothée Coyras, professeur de philosophie.

Sujet 1 : Les fous ont-ils perdu la raison ? 

Sujet 2 : Faut-il arrêter de se plaindre ?

Sujet 3 : Le cinéma est-il plus vivant que la littérature ?
Le sujet choisi par les participants fut :

 Faut-il arrêter de se plaindre ? 

Résumé de la soirée : 

Pour ce Manatthan-philo du mois d’octobre, le public a choisi de parler de la plainte. « Faut-il arrêter de se plaindre ? » a donc été la question directrice de notre soirée.

La plainte signifie, étymologiquement et en son sens le plus élémentaire, l’expression d’une souffrance. Dans la plainte résonne un mal vécu, qui appelle une réaction de la part de l’auditeur. Cette douleur peut-être légère ou profonde, physique ou morale, individuelle ou collective. Pour autant, la plainte a une connotation négative dans la mesure où les personnes qui se plaignent communiquent leurs affects et étendent leur tristesse. La plainte aurait ainsi une dimension antipathique. Par ailleurs, se plaindre fait que le plaignant s’appitoie lui-même sur son sort, redoublant peut-être ainsi la tristesse. Ne faut-il pas arrêter de se plaindre, afin d’être plus heureux, malgré les difficultés et les épreuves de la vie ?

A partir de là, le public a pris la parole et je dois saluer la qualité des différentes interventions qui ont émaillé la soirée. Tout d’abord, un travail de définition et de distinction a été fait. Se plaindre a été distingué de « porter plainte », car porter plainte renvoie à un acte juridique, qui n’indique pas, par ailleurs, que la personne manifeste bruyamment sa douleur. La plainte est donc davantage un acte spontané, qui a une dimension privée. Mais ne peut-elle pas être publique, voire collective ?

A cette question, un intervenant répond négativement. La plainte doit être distinguée de la protestation. Protester, c’est porter activement une revendication légitime afin d’obtenir satisfaction. La protestation est ainsi souvent collective. La plainte est quant à elle d’ordre privée. C’est une personne, avec ses souffrances singulières, qui se plaint.

La plainte relève par ailleurs davantage du pathos que du logos, remarquent plusieurs personnes. Notamment avec cette idée que ce qui caractérise la plainte, c’est le ton du discours davantage que le contenu signifiant. Il est dés lors possible d’exprimer une douleur sans se plaindre.

La plainte peut-être vue négativement, de ce fait, en ce qu’elle introduit une emprise affective sur l’autre, remarque quelqu’un. La plainte n’a d’ailleurs de sens que dans une adresse, une direction. Se plaindre tout seul est dés lors impossible.

Mais la plainte n’est-elle pas le signal non conscient d’un problème plus grave ? Se demande quelqu’un. Elle est ainsi un symptome de quelque chose qui n’est pas manifeste. Par exemple, les agriculteurs se sont plaint des conditions climatiques avant qu’on ne prenne au sérieux le changement climatique. Par ailleurs, il n’est pas raisonnable de vouloir condamner la plainte immédiate, le cri de douleur de ceux qui vivent des drames profonds, comme la perte des êtres chers.

D’où vient alors la critique de la plainte ? Peut-être, remarque quelqu’un, d’un aspect culturel. Par exemple, Simone de Beauvoir explique que les filles sont éduquées dans un esprit de fragilité, contrairement aux garçons. Dans cette mesure, ce sont les garçons qui doivent cesser de se plaindre, au risque de perdre leur virilité. Les filles, par contre, ont toute licence pour le faire.

A qui s’adresse la plainte ? Que masque-t-elle ? Une personne entreprend de dévoiler les présupposés de la plainte. Se plaindre, c’est présupposer que le monde devrait être autrement. On s’adresse ainsi à un ordre supposé du monde, à un cosmos qui n’est pas dans l’ordre qui devrait être le sien.

S’est aussi développée une analyse psychologique de la plainte. La plainte n’est-elle pas une façon d’exister ? Voire de jouir du bénéfice de ses symptomes ? Le plaignant redouble-t-il sa douleur en l’évoquant objectivement, ou bien au contraire s’en décharge-t-il d’une manière agréable sur autrui ? Le public tend ainsi à penser que la plainte a davantage un bénéfice psychologique pour le plaignant. Mais pointe aussi du doigt le risque de l’enfermement dans la plainte et l’impuissance que cela génère.

Pour sortir de la spirale de la plainte, il apparait alors deux solutions au public. L’action, tout d’abord, mais aussi la symbolisation de la plainte et plus spécifiquement la création artistique. Barbara, dans ses chansons ( on peut penser à « la solitude », lamentation de la femme seule), se sert de la plainte comme d’un moteur esthétique. De même que Bacon, dans ses peintures de la chair, donne à voir une souffrance sous une forme sublimée.

En conclusion, il apparaît qu’il ne faut pas arrêter de se plaindre.  Au fond, celui qui est lassé des plaintes d’autrui s’en… plaint, comme l’a très bien remarqué un intervenant. La plainte peut-être maladive, certes, intrusive, désagréable, mais elle est une dimension de notre humanité qui n’est pas à rejeter dans l’indifférence stoïcienne. Elle n’est parfois que l’unique façon de montrer que l’on souffre, et que l’on est encore en vie. Elle est l’écho de la fragilité des corps et des âmes. A condition d’être toujours prêts à agir, la plainte est même l’indispensable point de départ vers une amélioration, vers une guérison, et pourquoi pas, même, vers la joie. 

Pour Métaphores,

Timothée Coyras

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