Manhattan-philo1

Activité philosophique libre et gratuite, mensuelle, le mercredi de 18h45 à 21h au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, le Manhattan-Philo propose 3 sujets édités auparavant sur le blog et soumis au vote des participants le soir de l'activité. Le sujet traité est celui qui remporte le plus de suffrages. L'animateur pourra assurer une rapide présentation des enjeux, des synthèses mais l'objectif premier reste le mise en oeuvre d'un travail collectif de pensée pour résoudre ensemble les problèmes rencontrés.

Une pause conviviale au bar a lieu à mi-parcours (consommation non obligatoire) vers 20h avant de reprendre pour une seconde partie jusqu'à 21h.

15 octobre 2017

Résumé Manhattan-philo - 08/11/17 Le droit de mentir ?

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) du mois de novembre s'est tenu le 8 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, le Manhattan-Philo propose 3 sujets édités ci-dessous et soumis au vote des participants le soir de l'activité. 

Sujets proposés :

Sujet 1 : Y a-t-il un droit de mentir ?  

Sujet 2 : Les robots peuvent-ils travailler à notre place ? 

Sujet 3 : Les animaux pensent-ils ? 

 Y a-t-il un droit de mentir ?

Résumé de la soirée :

Pour ce Manatthan-Philo du mois de Novembre, le public a choisi de réfléchir à la question suivante : Y a-t-il un droit de mentir ?

J’ai tout d’abord pris soin de bien définir le sens du mensonge. Le mensonge n’est pas à confondre avec l’erreur. Mentir, ce n’est pas dire quelque chose de faux, mais c’est vouloir tromper autrui, c’est-à-dire le placer intentionnellement dans l’erreur. Ainsi, le menteur connaît la vérité mais choisit de tromper autrui en vue d’obtenir par là un bénéfice. Cette distinction est essentielle. Car l’erreur est bien souvent involontaire. On se trompe sans le vouloir, et par suite on ne ment pas en rapportant ce qu’on pense être vrai. Mais le mensonge est bel et bien un acte conscient et volontaire. Ainsi, il est légitime de se demander si le mensonge peut être juste, ou s’il est nécessairement injuste. Ce qui revient à se demander s’il y a un droit de mentir. La question porte bien sur l’universel. Il ne s’agit pas de recenser les différentes législations, mais bien de réfléchir sur ce qui doit être.

A partir de là, le public commence par remarquer que le mensonge est une sorte de nécessité sociale. On a besoin de mentir pour rendre la vie en société plus agréable, et même tout bonnement possible. Certains mensonges ont même des finalités morales. En milieu hospitalier, pour préserver les patients, il peut être nécessaire de leur masquer la vérité. Le mensonge pourrait, pourquoi pas, valoir comme une méthode Coué, souligne quelqu’un. Si on fait croire à quelqu’un qu’il va mieux – alors que c’est faux -, n’est-ce pas un moyen de le faire aller mieux ?

A ces remarques s’ajoutent des avis contraires. Quelqu’un remarque ainsi que la déontologie implique de dire la vérité aux patients. Par ailleurs, on ne peut pas user du mensonge pour guérir quelqu’un, car on le réduit à l’état d’objet, de sujet expérimental, ce qui est contraire à l’éthique. Sans doute faut-il distinguer le mensonge malicieux, qui vise à obtenir un intérêt indu, du mensonge défensif, permettant de se protéger en cas de danger, remarque alors quelqu’un.

Cette distinction amène ainsi à opposer le mensonge malicieux et le pieux mensonge. Mais le pieux mensonge n’est pas à l’abri de reproches, ne consiste-t-il pas à affirmer sa supériorité face à autrui ? Quelqu’un se demande alors si on ne peut pas voir la religion comme un mensonge. Mais d’autres rétorquent qu’un homme qui a la foi pense être dans le vrai, et donc il ne cherche pas à tromper autrui.

Une discussion est aussi entamée sur le plan juridique. Au tribunal, a-t-on le droit de mentir ? Quelqu’un soutient que l’accusé a le droit de mentir, car il a le droit de se défendre. Il est juste qu’un accusé a le droit de ne pas reconnaitre les faits qui lui sont reprochés. Mais il est à remarquer que si sa culpabilité est prouvée, sa non-reconnaissance alourdira toujours sa peine. Le mensonge devant un tribunal est toujours réprouvé, de ce fait, d’une façon ou d’une autre.

Quelqu’un cherche alors à interroger le présupposé qui voudrait que dire la vérité soit un devoir. D’où vient cette exigence de sincérité ? N’y a-t-il pas là quelque chose de totalitaire ? D’autres remarquent que le mensonge est pourtant le cœur des gouvernements totalitaires. Mais on peut aussi reconnaître à l’Etat un droit de mentir pour préserver tout ensemble son intérêt et l’intérêt collectif, c’est d’ailleurs ce que soutient Machiavel dans Le Prince.

Que faire en cas de nécessité, par ailleurs ? Ne faut-il pas mentir pour sauver des vies ? Mais il y a des difficultés. En effet, il est difficile de prévoir les conséquences de son mensonge. Réussira-t-il à sauver des vies ou provoquera-t-il un effet contraire ? Et par ailleurs, pour sauver la vie de qui ? Peut-on mentir pour sauver la vie d’un criminel ? Il semble bien que non.

Une personne remarque aussi que nous avons du mal à faire confiance aux autres, et qu’être méfiant passe pour de l’intelligence. Mais pourquoi ne pas faire tout bonnement confiance ?

La soirée se termine ainsi sur cette notion de devoir de vérité. Seul Diogène semble avoir revendiqué une franchise totale, mais le cynisme n’est sans doute pas viable en société, et il faut admettre, semble dire le public, qu’on doive tous porter des masques pour vivre.

Sans aboutir à une conclusion tranchée, la soirée aura permis de mettre en lumière bien des difficultés liées au droit de mentir. Si nous pensons spontanément que mentir peut être une bonne chose pour vivre en société ou encore défendre des intérêts supérieurs, on se heurte également aux difficultés sociales et morales qu’entraine tout mensonge. L’exigence d’honnêteté dans ses déclarations demeure ainsi contradictoire. On ne peut, semble-t-il, ni s’y plier, ni y renoncer.

Pour Métaphores,

Timothée Coyras

Nous tenons à remercier Laure pour son accueil chaleureux au Manhattan-café, pour l'organisation de cette soirée dinatoire fort sympathique et Claudine pour la qualité de ses rhums arrangés qui ont contribué au sentiment festif du moment.

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09 septembre 2017

Résumé Manhattan-philo - 04/10/17 La plainte

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) du mois d'octobre s'est tenu mercredi 4 octobre à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Comme annoncé sur le blog, les 3 sujets édités ci-dessous ont été soumis au vote le soir de l'activité.  La soirée fut animée comme d'habitude par Timothée Coyras, professeur de philosophie.

Sujet 1 : Les fous ont-ils perdu la raison ? 

Sujet 2 : Faut-il arrêter de se plaindre ?

Sujet 3 : Le cinéma est-il plus vivant que la littérature ?
Le sujet choisi par les participants fut :

 Faut-il arrêter de se plaindre ? 

Résumé de la soirée : 

Pour ce Manatthan-philo du mois d’octobre, le public a choisi de parler de la plainte. « Faut-il arrêter de se plaindre ? » a donc été la question directrice de notre soirée.

La plainte signifie, étymologiquement et en son sens le plus élémentaire, l’expression d’une souffrance. Dans la plainte résonne un mal vécu, qui appelle une réaction de la part de l’auditeur. Cette douleur peut-être légère ou profonde, physique ou morale, individuelle ou collective. Pour autant, la plainte a une connotation négative dans la mesure où les personnes qui se plaignent communiquent leurs affects et étendent leur tristesse. La plainte aurait ainsi une dimension antipathique. Par ailleurs, se plaindre fait que le plaignant s’appitoie lui-même sur son sort, redoublant peut-être ainsi la tristesse. Ne faut-il pas arrêter de se plaindre, afin d’être plus heureux, malgré les difficultés et les épreuves de la vie ?

A partir de là, le public a pris la parole et je dois saluer la qualité des différentes interventions qui ont émaillé la soirée. Tout d’abord, un travail de définition et de distinction a été fait. Se plaindre a été distingué de « porter plainte », car porter plainte renvoie à un acte juridique, qui n’indique pas, par ailleurs, que la personne manifeste bruyamment sa douleur. La plainte est donc davantage un acte spontané, qui a une dimension privée. Mais ne peut-elle pas être publique, voire collective ?

A cette question, un intervenant répond négativement. La plainte doit être distinguée de la protestation. Protester, c’est porter activement une revendication légitime afin d’obtenir satisfaction. La protestation est ainsi souvent collective. La plainte est quant à elle d’ordre privée. C’est une personne, avec ses souffrances singulières, qui se plaint.

La plainte relève par ailleurs davantage du pathos que du logos, remarquent plusieurs personnes. Notamment avec cette idée que ce qui caractérise la plainte, c’est le ton du discours davantage que le contenu signifiant. Il est dés lors possible d’exprimer une douleur sans se plaindre.

La plainte peut-être vue négativement, de ce fait, en ce qu’elle introduit une emprise affective sur l’autre, remarque quelqu’un. La plainte n’a d’ailleurs de sens que dans une adresse, une direction. Se plaindre tout seul est dés lors impossible.

Mais la plainte n’est-elle pas le signal non conscient d’un problème plus grave ? Se demande quelqu’un. Elle est ainsi un symptome de quelque chose qui n’est pas manifeste. Par exemple, les agriculteurs se sont plaint des conditions climatiques avant qu’on ne prenne au sérieux le changement climatique. Par ailleurs, il n’est pas raisonnable de vouloir condamner la plainte immédiate, le cri de douleur de ceux qui vivent des drames profonds, comme la perte des êtres chers.

D’où vient alors la critique de la plainte ? Peut-être, remarque quelqu’un, d’un aspect culturel. Par exemple, Simone de Beauvoir explique que les filles sont éduquées dans un esprit de fragilité, contrairement aux garçons. Dans cette mesure, ce sont les garçons qui doivent cesser de se plaindre, au risque de perdre leur virilité. Les filles, par contre, ont toute licence pour le faire.

A qui s’adresse la plainte ? Que masque-t-elle ? Une personne entreprend de dévoiler les présupposés de la plainte. Se plaindre, c’est présupposer que le monde devrait être autrement. On s’adresse ainsi à un ordre supposé du monde, à un cosmos qui n’est pas dans l’ordre qui devrait être le sien.

S’est aussi développée une analyse psychologique de la plainte. La plainte n’est-elle pas une façon d’exister ? Voire de jouir du bénéfice de ses symptomes ? Le plaignant redouble-t-il sa douleur en l’évoquant objectivement, ou bien au contraire s’en décharge-t-il d’une manière agréable sur autrui ? Le public tend ainsi à penser que la plainte a davantage un bénéfice psychologique pour le plaignant. Mais pointe aussi du doigt le risque de l’enfermement dans la plainte et l’impuissance que cela génère.

Pour sortir de la spirale de la plainte, il apparait alors deux solutions au public. L’action, tout d’abord, mais aussi la symbolisation de la plainte et plus spécifiquement la création artistique. Barbara, dans ses chansons ( on peut penser à « la solitude », lamentation de la femme seule), se sert de la plainte comme d’un moteur esthétique. De même que Bacon, dans ses peintures de la chair, donne à voir une souffrance sous une forme sublimée.

En conclusion, il apparaît qu’il ne faut pas arrêter de se plaindre.  Au fond, celui qui est lassé des plaintes d’autrui s’en… plaint, comme l’a très bien remarqué un intervenant. La plainte peut-être maladive, certes, intrusive, désagréable, mais elle est une dimension de notre humanité qui n’est pas à rejeter dans l’indifférence stoïcienne. Elle n’est parfois que l’unique façon de montrer que l’on souffre, et que l’on est encore en vie. Elle est l’écho de la fragilité des corps et des âmes. A condition d’être toujours prêts à agir, la plainte est même l’indispensable point de départ vers une amélioration, vers une guérison, et pourquoi pas, même, vers la joie. 

Pour Métaphores,

Timothée Coyras

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11 août 2017

Résumé du Manhattan-philo 06/09/17 : Se passer de religion ?

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo du mois de septembre s'est tenu le mercredi 06 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Comme annoncé sur le blog, les 3 sujets édités ci-dessous ont été soumis au vote le soir de l'activité.  La soirée fut animée comme d'habitude par Timothée Coyras, professeur de philosophie.

Sujet 1 : Les fous ont-ils perdu la raison ? 

Sujet 2 : Peut-on se passer de religion ?

Sujet 3 : Le cinéma est-il plus vivant que la littérature ?
Le sujet choisi par les participants fut :

Peut-on se passer de religion ?

 Résumé de la soirée :

Pour ce premier manatthan-philo de la rentrée, nous avons pu accueillir un public nombreux et motivé, aux sensibilités variées, que je remercie ici pour sa présence ainsi que pour la qualité de ses interventions.

Le sujet choisi fut : « Peut-on se passer de religion ? ». Dans un contexte marqué par le retour des problématiques religieuses, ce sujet intéressa le public, qui put exprimer des opinions assez variées, mais toujours dans l’écoute réciproque.

J’ai introduit cette question en évacuant un faux problème. En effet, il ne s’agit pas, ici, de savoir si l’on peut vivre sans adhérer à une religion. Il y a de fait un nombre important de personnes qui se disent sans religion, qu’elles soient athées ou agnostiques. Mais la question est plus profonde. N’y a-t-il pas en l’homme un besoin de religion qui s’exprimerait sous une forme plus ou moins identifiable ?

Une personne se saisit alors de cette remarque pour commencer, en faisant observer qu’en Chine, pays possédant un fort athéïsme, des traditions comme le confucianisme peuvent se lire comme des religions.

Une autre explique que la religion peut être en effet vécue intérieurement par la foi, mais être aussi simplement culturelle. D’autre part, il y a aussi une religion naturelle, marquée par la simple conviction intellectuelle de l’existence d’un Dieu. Le public semble ainsi, à partir de là, bien distinguer entre la religion instituée, et la foi personnelle. Globalement, le public tend à penser que la foi personnelle prime en valeur sur le culte institué, qui dénature la foi.

En s’interrogeant sur le sens de la religion, le public se demande aussi si on peut lire des utopies politiques comme des religions, à l’exemple du communisme. Ou encore, ne peut-on pas voir dans l’effervescence autour du foot une religion contemporaine ? Ce point ne fait pas l’unanimité. On en revient au problème de la définition de la religion.

Dés lors, peut-être faut-il revenir à sa source, qui est la conscience de la mort, remarque quelqu’un. La religion est ici primordiale, pour le mourant qui a besoin de croire comme pour les survivants qui ont besoin de ritualiser ce passage. Mais ne peut-on pas concevoir un rituel funéraire a-religieux ? Là encore, ce point fait débat. Pour les uns, on peut se contenter de la fonction symbolique du rite, sans référence à une transcendance, pour les autres, tout rite funéraire porte la trace du religieux.

Est ensuite abordée la question de la fonction psychologique de la religion. Si elle est de l’ordre du besoin, c’est qu’elle a une fonction vitale pour le psychisme. Mais est-ce le cas ? Permet-elle de répondre aux angoisses fondamentales ? Là encore, ce point fait débat. Pour certains, la science permet de répondre aux questions des origines de la vie. Pour d’autres, il subsistera toujours un invisible, un inconnu rendant légitime la conscience religieuse.

Le problème est aussi abordé sous l’angle social et politique. La société a-t-elle besoin de la religion ? Il est remarqué que la société a besoin de la pluralité religieuse, mais que l’intolérance est, par contre, toujours mauvaise. La religion jouerait-elle le rôle d’une instance régulatrice, sur le plan social ? La question est posée. Pour certains, la société bénéficie de l’apport des religions sur le plan des rituels, des symboles, voire de la morale. Pour d’autres au contraire, la religion est toujours synonyme d’intolérance et il faut avant tout promouvoir une laïcité stricte.

Se pose enfin la question de la distinction de la spiritualité et de la religion. On suppose que la spiritualité est une démarche personnelle, tandis que la religion a toujours une dimension collective. Il est fait référence à Durkheim. Mais on convoque aussi Marcel Gauchet pour penser le fait que le christianisme a permis une approche rationnelle de la nature qui a défait l’homme de l’emprise du religieux, ce qui en fait la religion de la sortie de la religion.

A-t-on besoin de la religion pour combler le vide de sens, que laisse notamment planer la mort inéluctable ? La question revient en fin de soirée et face aux tenants d’un besoin de transcendance, d’autres opposent le matérialisme, qui laisse l’homme seul responsable du sens qu’il veut donner à la vie. La mort peut être vue comme dramatique, mais aussi, d’un point de vue matérialiste, elle peut être pensée comme indolore, puisqu’elle est précisément privation de sensation. Ce fut ici le lieu d’un beau lapsus : « Il n’y a pas de meilleure réponse à la peur de la mort que l’euthanasie », l’auteur voulant dire « anesthésie », afin de montrer que la mort et le sommeil profond ne sont pas plus à craindre l’un que l’autre.

En conclusion, il me semble que nous avons là une question difficile mais passionnante. La difficulté porte principalement sur la définition de la religion, et la soirée n’a pas permis de faire la lumière sur ce point-là. La soirée a sans doute permis de montrer, a minima, que l’homme peut se passer des religions instituées mais pas de la spiritualité comme appel de l’invisible, appel qui ne trouve pas un écho seulement dans la religion, mais aussi dans l’art, les rites, ou encore la philosophie. L’essentiel étant, comme la soirée l’a montré, de pouvoir débattre en toute convivialité dans la diversité de nos convictions.

Pour Métaphores,

Timothée Coyras

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07 juillet 2017

Résumé Manhattan-Philo - 5/7/17 - Le droit de rater sa vie ?

Manhattan-philo1

Le dernier Manhattan-Philo de la saison s'est tenu mercredi 05 juillet au café-Manhattan à 18h45. Trois sujets furent proposés par notre animateur-philosophe Timothée Coyras:

Sujet 1 : A-t-on le droit de rater sa vie ?

Sujet 2 : Les fous ont-ils perdu la raison ?

Sujet 3 : Le cinéma est-il plus vivant que la littérature ?

Résumé de la soirée :

Pour ce dernier Mannathan-philo avant la pause estivale, le public a choisi de traiter le sujet suivant : A-t-on le droit de rater sa vie ?

Un sujet qui peut déconcerter, et qui a visiblement intrigué les participants. J’ai commencé par dire quelques mots pour introduire cette question. Il existe l’idée selon laquelle la société se diviserait en personnes qui ont réussi leur vie – socialement, sentimentalement, matériellement, etc.- et en personnes qui ont raté leur vie. Par ailleurs, il existe une pression sociale qui nous pousse à réussir, pour éviter de paraître comme un raté. Mais sommes-nous maîtres de cette réussite ? Et si non, n’avons-nous pas le droit d’échouer ? La société n’a-t-elle pas le devoir de repêcher ceux qui échouent ? Par ailleurs, qu’est-ce que réussir sa vie ? Est-ce seulement sur le plan social ou matériel, n’est-ce pas aussi et surtout sur un plan moral ? Sur ce plan, Kant expliquait que l’homme a le devoir de se perfectionner. Mais n’a-t-on pas le droit à la paresse ?

C’est à partir de ce questionnement initial que le public prend la parole. Quelqu’un remarque d’abord que rater sa vie, au fond, c’est mourir. Un autre remarque que la notion de réussite prend place dans un schéma pré-établi. Ainsi, ce schéma ne laisse aucune place à la création. Par exemple, des créateurs comme Mozart ou Van Gogh n’ont pas réussi matériellement et socialement, mais se sont montrés créatifs. Toutefois, une autre personne remarque que ces artistes ont réussi leur vie dans la mesure où ils ont atteint la postérité. S’ensuit alors un débat sur le sens de « réussir sa vie ». Est-ce la réussir pendant sa vie ? Ou est-ce la réussir du point de vue de la postérité et de l’Histoire ?

Un autre participant recentre un peu sur le sujet initial en disant qu’on rate sa vie au travers du regard des autres et que, dans cette mesure, on a le droit de rater sa vie devant le regard des autres. Une distinction se crée alors, pour un autre, entre réussite « extérieure » et réussite « intérieure ». La réussite extérieure se jugerait du point de vue de la société, et la réussite intérieure du point de vue de la conscience et, au fond, d’un principe divin.

La réussite n’est-elle pas le simple fait d’être heureux ? Demande quelqu’un. Dans ce cas, certaines personnes au bas de l’échelle sociale, qui se satisfont de peu, ont réussi leur vie. Pour un autre participant, la réussite se juge sur un critère moral et il convoque un exemple historique pour appuyer son propos. Thomas More, grand chancelier de Henri VIII, qui avait atteint une réussite sociale tout à fait remarquable, a été condamné à mort pour avoir refusé de soutenir Henri VIII qui voulait divorcer, alors que la loi religieuse s’y opposait. On voit donc un échec social, mais en même temps une réussite morale. Cet exemple fait réagir un autre participant, qui estime que personne ne peut juger de la réussite ou de l’échec d’une vie.

A partir de là, une bonne partie de la discussion va tourner auour de la question de savoir si on a le droit de juger de la réussite ou de l’échec d’une vie. Pour l’un, c’est chacun qui doit juger de sa propre vie, pour un autre, cette idée est symptomatique d’une société individualiste, où chacun fait ce qu’il veut, mais n’a pas de sens dans bien d’autres cultures, plus centrées sur le collectif et la dimension morale. Ainsi, si on a plus le droit de juger, comment louer ou blamer ce qui est louable ou blamable ?

En revenant un peu sur le problème de la réussite et de l’échec, il est souligné qu’il n’y a au fond pas de réussite ou de ratage « globaux », mais seulement des actions réussies ou ratées. Et des réussites peuvent être inintéressantes, tandis qu’il y a des ratages féconds.

La question du droit à rater sa vie est au fond, remarque quelqu’un, une réponse à une attaque. Si on nous somme de réussir notre vie, on répondra qu’on a le droit de la rater. Il y a ici un hiatus entre la loi, universelle, et l’individualité.

Un participant remarque qu’il y a deux cas où on a le droit de rater sa vie. Le premier, dans le cas de la réincarnation. Si on a plusieurs vies, alors on peut en rater une. Ou dans le cas où Dieu n’existe pas, car dés lors tout est permis, et il n’y a pas de juge suprême devant lequel réussir ou rater.

Mais sommes-nous propriétaires de notre vie ? Y a-t-il quelque chose à réussir ou à rater ? S’interroge quelqu’un.

Dans la deuxième partie de la soirée, un peu plus brève, le public revient principalement sur la question de la signification de « réussir sa vie » ainsi que sur le droit dont on dispose de juger ou non de la réussite d’une vie. Le débat s’anime ainsi autour de ce droit, impossible pour les uns, tout à fait possible voire même nécessaire pour les autres.

Pour essayer de mettre tout le monde d’accord, je souligne qu’il faut distinguer le jugement que l’on porte sur des actions singulières, et un jugement que l’on porte sur une vie. On peut juger les actions singulières, mais pas la vie, pas l’être lui-même de la personne.

En s’interrogeant sur les conditions de la réussite, un participant remarque qu’elle est un effet de l’esprit d’entreprise et de la volonté de créer, comme en témoignent les disparités économiques, qui sont liées pour une part essentielle à cet état d’esprit.

Le plus intéressant, remarque enfin quelqu’un, est peut-être de rater sa vie, car cela signifie qu’on a osé quelque chose. Si on rate parce qu’on a pris un risque, la question devient alors : a-t-on le droit de prendre le risque de rater sa vie ? Il faut ainsi distinguer les actes et les résultats, qui ne sont pas toujours à la hauteur des espérances.

Réussir, c’est peut-être parvenir à vivre au présent, remarque finalement quelqu’un, afin de ne pas rater, manquer, cette vie qui ne se joue qu’au présent.

Pour conclure cette soirée, on peut proposer la synthèse suivante :

Il y a bien un droit de rater sa vie, au sens où on a le droit de rater la vie que les autres voudraient pour nous. Mais au sens où notre vie rencontre aussi le cas du devoir, il y a un devoir de ne pas rater sa vie au sens où nous ne pouvons pas manquer à nos responsabilités. Enfin, la notion  de réussite et d’échec ne s’applique pas à la vie elle-même. Pour rater ou réussir, il faut d’abord vivre ! Dés lors, une vie n’est pas une chose ratée ou réussie, elle est plus fondamentalement la condition d’actions éventuellement ratées ou réussies. 

Pour Métaphores, Timothée Coyras

 

Prochain Manhattan-philo en principe le mercredi 06 septembre 18h45

 

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29 avril 2017

Résumé Manhattan-Philo 7/06/17 : Le hasard

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo du mois de juin s'est tenu le merecredi 07 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, les 3 sujets édités ci-dessous ont été soumis au vote le soir de l'activité.  

Sujet 1 : Qu'est-ce qu'être courageux ? 

Sujet 2 :  Le hasard fait-il bien les choses ?

Sujet 3 : Que peut-on espérer de la politique ?
Le sujet choisi fut :

Le hasard fait-il bien les choses ?

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Résumé :

Pour ce quatrième Manhattan-philo, le public a choisi de réfléchir au sujet suivant : « Le hasard fait-il bien les choses ? ».

J’introduis tout d’abord le sujet. Il existe en effet une expression populaire selon laquelle : « le hasard fait bien les choses ». On peut se demander si ce n’est qu’un dicton sans intérêt, ou bien s’il y a derrière une intuition méritant d’être éclaircie. A première vue, l’idée selon laquelle le hasard pourrait introduire une perfection dans les choses est étrange, puisque s’il y a une disposition harmonieuse, c’est qu’il y a une intelligence. Mais d’un autre côté, l’idée que l’homme est apparu par hasard, ou encore qu’il y a de l’indétermination dans l’univers, est une idée courante. Ou encore, le tirage au sort peut être utilisé pour régler des conflits ou distribuer des postes. Enfin, la rencontre amoureuse peut être laissée au hasard ou bien provoquée par des sites de rencontre, et il semble que le hasard possède un charme supplémentaire. Qu’en est-il donc ? Le hasard fait-il bien les choses ou non ?

Le public se saisit alors de la parole et une première remarque est faite : il n’est pas sûr que le hasard puisse « faire » les choses. En effet, le hasard est-il une cause ?

Puis, le thème de la rencontre amoureuse donne lieu à un débat animé. La rencontre amoureuse, pour l’un, n’est rien d’autre que l’effet de processus physico-chimiques, en un mot des phéromones. Rien à voir, donc, avec le hasard. Pour l’autre, il faut bien distinguer le hasard physique du hasard de la rencontre, qui implique ici une disponibilité de la personne à la nouveauté. Rien à voir, donc, avec des processus physico-chimiques.

Cette opposition entre déterminisme et hasard va ensuite animer la réflexion collective. Faut-il penser l’univers, l’homme y compris, comme un ensemble de phénomènes déterminés matériellement ? Ceci semble renvoyer au déterminisme du 19ème, au positivisme notamment, dont nous sommes heureusement sortis, remarque quelqu’un. En effet, la science contemporaine admet une indétermination des phénomènes, comme on peut le voir en biologie ou en physique quantique.
Jacques Monod, prix nobel de médecine (1965) illustre bien cette position dans son ouvrage « le hasard et la nécessité ».

Le hasard semble dés lors une problématique contemporaine. Pour l’un, c’est une problématique redoublée par l’absence de transcendance qui caractérise la modernité. Laissés seuls dans un monde sans sens, l’homme se lit comme le fruit du hasard. Pour un autre, il n’est pas sûr que le hasard soit une problématique si contemporaine. Les épicuriens, déjà, envisageaient l’idée que les atomes puissent dériver spontanément de leur trajectoire, introduisant ainsi la contingence dans la nature. Lucrèce nous apprend cette notion en la nommant « clinamen ».

Est interrogée aussi la volonté de tout expliquer. Dire qu’il y a du hasard, n’est-ce pas plus humble ? Mais d’un autre côté, remarque un autre, le hasard peut aussi être une solution de facilité, qui permet de se sortir des difficultés sans justement rien expliquer du tout.

La définition du hasard est alors creusée. Il conviendrait, dit quelqu’un, de bien distinguer le hasard physique, qui n’est que la rencontre de séries causales indépendantes (thèse de Cournot), la fortune, qui renvoie au sort, pouvant être bon ou mauvais, et enfin le hasard fondamental, qui renvoie à ce réel qui, bien que pensé, reste inconnu.

Pour la seconde partie de la soirée, je propose de revenir sur un problème concret, celui de l’usage du tirage au sort dans la société, à des fins diverses. Le hasard peut-il introduire de la justice ?

Le public préfère tout d’abord penser le problème du rapport entre hasard et liberté. Le hasard, pour quelqu’un, nie en fait la liberté, au sens où on a pas de visibilité sur nos choix. Le concept de Providence s’associe avec celui de liberté individuelle – c’est pourtant un redoutable problème métaphysique – mais pas celui de hasard. Cette idée n’est pas partagée par un autre, qui insiste au contraire sur le fait que le hasard n’empêche pas une liberté de choix, au sens où on peut intégrer le hasard dans nos choix.

Nous revenons enfin à la question du tirage au sort. Si les jurés sont tirés au sort, c’est pour empêcher la partialité, dit l’un. Ou encore, si on tire au sort pour régler des problèmes de répartition de postes – ou de places à l’université – c’est pour se décharger de la responsabilité d’avoir à trancher, remarque un autre.

Le hasard semble aussi être juste au sens où ne pas vouloir de hasard dans la société, c’est justement la marque du totalitarisme. Mais naître dans une famille aisée plutôt que dans une famille pauvre, ce qui est un effet du hasard, est-ce injuste ? La question n’est pas traitée plus en profondeur, mais on perçoit qu’il s’y joue quelque chose d’important.

Le hasard, en fin de compte, nous rend tous égaux, remarque quelqu’un. Car nous sommes égaux devant le hasard, au sens où nous n’avons pas de puissance sur lui, pas plus que sur la mort. Le hasard et la mort seraient ainsi les deux facteurs d’égalité entre les hommes.

Plusieurs remarques sont ainsi faites sur l’expérience du hasard, comme expérience fondamentale, mais qui ne donne pas lieu aux mêmes réactions chez les hommes. Certains souhaitant le contrôler, d’autres l’acceptant. Ainsi, une personne remarque qu’avec la fécondation in vitro, et peut-être bientôt une emprise plus grande sur le mécanisme génétique, il y a une volonté de maitriser un processus normalement laissé au hasard. Est-ce une bonne chose que cette volonté de contrôle ?

En conclusion, il me semble que lors de cette soirée riche, qui aura vu des personnes d’âges et d’horizons variés se réunir pour réfléchir à cette question difficile du hasard, quelques résultats sont à noter. D’abord, que le hasard n’est pas une cause mais plutôt une incapacité fondamentale à décrypter la causalité, et donc une situation d’ignorance. Si le hasard fait bien les choses, c’est que nous sommes disponibles pour accepter la nouveauté et non parce que nous nous laissons porter par le sort. Enfin, le hasard peut provoquer deux réactions : une volonté de contrôle, ou encore une acceptation, et c’est dés lors un problème éthique de savoir ce que nous devons faire. 

Pour Métaphores,

Timothée Coyras

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14 mars 2017

Manhattan-philo - 03/05/17 : Rêve et réalité

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Le Manhattan-Philo du mois de mai s'est tenu le 03 mai à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, les 3 sujets édités ci-dessous ont été soumis au vote le soir de l'activité.  

Sujet 1 : Qu'est-ce qu'être courageux ? 

Sujet 2 :  Le rêve s'oppose-t-il à la réalité ?

Sujet 3 : Que peut-on espérer de la politique ?

 

Le sujet retenu à l'occasion de ce moment fort sympathique fut :

Le rêve s'oppose-t-il à la réalité ?

Résumé à suivre :

Manhattan-philo

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13 mars 2017

Résumé du Manhattan-philo - 19/04/17 : Pourquoi le temps passe-t-il si vite ?

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo du mois d'avril s'est tenu le 19 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, le Manhattan-Philo a proposé les 3 sujets édités ci-dessous et qui ont été soumis au vote le soir de l'activité.  

Sujet 1 : Pourquoi le temps passe-t-il si vite ? 

Sujet 2 :  L'art a-t-il déjà tout dit ?

Sujet 3 : Que peut-on espérer de la politique ?
Le sujet retenu par l'assemblée nombreuse et impliquée fut : 
 Pourquoi le temps passe-t-il si vite ? 
Résumé de la soirée :

Pour ce second Manatthan-philo, les participants avaient le choix entre trois sujets. Malgré la présence d’un sujet d’actualité : « Que peut-on espérer de la politique ? », le public a choisi – sans doute à raison – de prendre de la hauteur sur les événements, et de réfléchir sur le temps.

Pourquoi le temps passe-t-il si vite ? Cette question naît d’une plainte fréquente : la vie passerait trop vite. Nous n’avons pas le temps de profiter d’une jeunesse qui file, d’enfants qui grandissent trop vite, ni de mener à terme nombre de projets qui sont dévorés par Chronos avant même d’avoir pris forme. Sénèque a consacré un traité à cette question : « De la brièveté de la vie », où le philosophe se demande si au fond, c’est bien la vie qui est brève ou nous qui ne savons pas gérer notre temps. Ceci servira de cadre au débat. Qu’est-ce qui explique cette brièveté éprouvée de la vie, et y a-t-il moyen d’y remédier ? Je précise ainsi qu’il ne s’agira pas de réfléchir sur une quelconque rapidité intrinsèque du temps physique, objectif – question par ailleurs peut-être dénuée de sens d’un point de vue physique, et ce malgré la théorie de la relativité restreinte – mais bien de partir du temps vécu, du temps de la vie tel que nous l’éprouvons et l’habitons.

Le public se saisit d’emblée de la parole et remarque dans un premier temps que la conscience du temps varie selon les âges de la vie. L’enfant, qui est tout entier au présent, n’a pas conscience de l’écoulement et de sa mesure, et chaque journée, chaque instant, prend pour lui les proportions de l’éternité, pur présent sans passé ni futur. Au contraire, en grandissant, nous prenons conscience de notre finitude, nous avons en tête l’horizon de la fin des choses, et surtout de notre propre fin. Cette conscience de l’échéance entraine une dé-présentification, une projection dans la temporalité et, par suite, une conscience de l’écoulement du temps. L’adulte sait que les vacances ont une fin, et qu’elles sont trop courtes, il les voit filer et voit tout ce qu’il n’a pas pu faire. L’enfant, lui, ne pensera au retour à l’école que le jour même de la rentrée. Là est toute la différence. Le problème de la rapidité du temps est ainsi le problème du manque de temps, qui est dés lors envisagé comme un bien consommable, dont on manquerait toujours. La préoccupation incessante accélère le temps, tandis que l’ennui, le désoeuvrement, donnent aux journées des proportions incommensurables. « L’ennui, fruit de la morne incuriosité, prend les proportions de l’immortalité », nous dit Baudelaire.

On peut même se demander, remarque un participant, à quoi ressemblerait en fin de compte une durée acceptable pour le temps : ni trop longue, ni trop courte ; ni trop lente, ni trop rapide. Question qui permet de remarquer que le temps est toujours éprouvé par des affects joyeux ou tristes, qui lui confèrent rapidité ou lenteur. Un participant remarque ainsi que les émotions jouent un rôle primordial dans la perception de l’écoulement du temps. La joie rend le temps imperceptible. La gêne, par contre, lui confère une lenteur oppressante.

Un paradoxe apparaît soudain : quand on vit intensément quelque chose, ça passe vite. Mais cela s’imprime plus fortement et durablement dans la mémoire, et par suite cela perdure davantage dans le temps. Tandis que ce qui est ennuyeux et sans intérêt passe lentement, mais ne laissera aucune marque. De longues journées sans intérêt ont donc, paradoxalement, la temporalité la plus brève.

Cette relation essentielle du temps vécu à la mémoire est l’occasion pour un participant de remarquer – en s’appuyant sur des travaux scientifiques – que la rapidité de l’écoulement du temps est  due à un ratio entre le temps vécu et le temps restant à vivre. Plus on a vécu, plus les journées passent vite. Le temps s’accélérerait ainsi sous l’effet de la mémoire et de la proximité de l’échéance finale. De ce point de vue, c’est toujours en se distanciant d’un pur présent – le présent d’éternité – qu’on prend conscience du temps et qu’on l’anticipe ou le regrette.

Le débat prend alors un autre tournant. En revenant sur les termes même du sujet, on peut se demander tout d’abord, remarque quelqu’un, s’il est bien correct de dire que « le temps passe ». En effet, le temps est toujours là, mais c’est nous, plutôt, qui passons. Si le temps « passait », ce serait pour ne plus être du temps, c’est-à-dire pour s’arrêter. Mais pendant combien de temps s’arrêterait-il ? Le temps n’est donc pas une chose. Mais quel est-il exactement ? En poussant plus loin la réflexion, le public remarque que l’on ne sait pas , en définitive, ce qu’est le temps. Et ce quelque chose que nous ne savons pas définir, existe-t-il vraiment ? N’est-ce pas plutôt l’éternité seule qui existe ? L’éternité serait ainsi le moyeu de cette roue qu’est le temps. Le temps, comme mesure de l’écoulement et du passage, s’avère dés lors une création humaine, qui ordonne, rationalise les mouvements et les cycles de la nature. C’est dans l’introduction de cette mesure que le temps, dés lors, se donne à voir comme quelque chose qui passe. Pourquoi une telle mesure ?

L’horizon de ce besoin de mesurer n’est peut-être rien d’autre que la mort. Parce que nous mourons, parce que le temps de la vie est fini, nous devons le mesurer pour en prendre soin. Mais cette mesure est une souffrance. Dans cette perspective, le paradis, tel que les religions monothéistes l’envisagent, en particulier le christianisme, se trouve hors du temps, on y est dans un présent éternel – l’éternité de Dieu – qui est une délivrance du poids du temps et de la nécessité de le mesurer.

Dés lors, le débat s’oriente sur ce besoin d’éternité, ou encore d’immortalité, qui se trouvent chez l’homme. Si le temps passe trop vite et que la mort est toujours trop proche, c’est que nous désirons ne pas mourir. Est-ce une bonne chose de mourir ? Les grecs plaçaient les dieux au dessus des hommes précisément parce qu’ils sont immortels, et qu’ils n’ont pas à se soucier du temps. Il n’est pas sûr qu’être mortel soit une si bonne chose, comme le disent parfois les théologiens qui louent la providence divine. Peut-être que les progrès de la médecine nous permettront d’éradiquer le vieillissement et la mort comme on a éradiqué des virus. Rien n’est moins sûr, remarque plusieurs personnes qui rappellent que le vieillissement est intrinsèquement lié à l’entropie et à la nature des cellules.

Si on ne peut rien faire contre le temps physique, et que la relativité n’y change rien car même le voyageur inter galactique – à supposer qu’il soit possible – reste un être fini soumis au vieillissement, on peut par contre réinvestir le temps social, remarque quelqu’un. L’appropriation du temps par la société ne nous aliène-t-elle pas ?

C’est sur cette question que nous nous arrêtons, le temps d’une pause chaleureuse dans l’atmosphère feutrée du Manatthan.

En repartant sur la question laissée en suspens, on commence par remarquer que le problème n’est pas lié au temps social, au temps qui est institué par le calendrier et les horloges. Le problème concerne bien le temps de vie, temps qui est ressenti comme s’accélérant au long de la vie. Comment dés lors gagner en qualité de vie pour ne pas souffrir du temps ? Une des solutions pourrait consister dans le fait de se recentrer sur soi-même, afin d’affaiblir la conscience du temps. On pense dés lors à Rousseau, qui, dans sa 5ème promenade, raconte comment, auprès du lac de Bienne, il éprouvait des purs moments de joie dans le fait de ne jouir que d’une existence réduite au seul contentement d’être. Dans la simple joie d’exister, on éprouve une éternité dépouillée de toute temporalité.

Voilà qu’une intervention vient alors prendre le contre-pied de la dynamique animant le débat depuis le début de la soirée. Il y a tout de même un présupposé que nous n’avons pas interrogé, remarque une personne, c’est celui selon lequel le temps passerait de plus en plus vite. Or, rien n’est moins sûr, puisque certaines personnes âgées sont tout simplement lassé de vivre, en ont marre du caractère interminable d’une vie n’offrant plus d’intérêt. La rapidité serait dés lors la condition des vivants, des actifs, lorsque la lenteur serait le lot de ceux qui, dans l’antichambre de la mort, subiraient le temps, mais sans vivre.

Un participant relève alors que l’élasticité du temps, dans son métier de comédien, est très perceptible. La lenteur ou la longueur éprouvées par le spectateur ne tiendraient pas seulement au jeu des comédiens et au texte, mais principalement à la mise en scène, à l’art de capter une attention sans jamais la lâcher. Si le théâtre est bien une représentation de la vie, c’est donc en nous plongeant au cœur de la vie qu’il nous fera oublier le temps. En suivant cette idée d’un temps qui est mieux supporté lorsque les forces vitales sont exaltées, on rencontre alors l’idée suivante : la nouveauté et la surprise, qui caractérisent la vie et l’activité, permettent de ne pas s’ennuyer et de ne pas subir le temps, au contraire de la répétition qui, comme dans la pulsion de mort freudienne, éteint la vie.

Le problème d’une souffrance liée à une accélération ressentie du temps est donc essentiellement le problème d’une vie qui ne parvient pas à affirmer sa puissance. C’est en fin de compte dans une éthique de vie que se trouve la clé au problème posé, éthique dont on ne peut certes pas donner le détail ou le programme pour chacun. Le temps qui va trop vite n’est ainsi en rien le constat de l’homme face à une réalité naturelle, mais l’expression d’une certaine impuissance dont il s’agit de réduire la négativité en se rendant capable de vivre authentiquement, en adéquation avec sa puissance.

Je propose pour finir une petite synthèse des résultats obtenus.

La rapidité éprouvée du temps a une explication psychologique toute simple : elle est occasionnellement le fruit des moments heureux, qui passent plus rapidement que les moments tristes. L’accélération du temps au long de la vie se comprend, elle, ainsi : elle est  la conséquence d’une vie active qui a une perspective plus grande sur son passé, et une conscience plus grande des échéances, la dernière étant la mort.

A ces explications s’adjoint une compréhension plus fondamentale : si nous nous désolons de voir le temps passer si vite, ou si nous souhaitons le voir passer plus rapidement, nous trouvons dans les deux cas le temps insupportable. Que le temps nous presse ou nous oppresse, il exprime dans les deux cas notre impuissance, c’est-à-dire l’inadéquation de notre désir avec ce qui arrive. Si le bonheur fuit, nous nous attristons de voir le temps passer. Si le bonheur est dans le temps futur, nous voudrions accélérer son cours. Partagé entre l’attente et le regret, "nous habitons, nous rappelle Pascal, des temps qui ne sont pas les nôtres". Le problème fondamental n’est donc pas de se donner davantage de temps, mais de ne pas perdre le seul que nous possédons. 

Pour Métaphores,

TC

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26 janvier 2017

Résumé du Manhattan-philo - 15/03/17 : Vertus de la pauvreté ?

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Le premier Manhattan-Philo s'est tenu le mercredi 15 mars 2017 au Manhattan-bar (clic), 5 rue Sully (quartier du château) à Pau à 18h45. Nous tenons vivement à remercier Laure, son mari et Carl pour leur chaleureux accueil dans leur établissement.

Cette nouvelle activité mensuelle du mercredi fut animée par Timothée Coyras, professeur de philosophie, qui vient de rejoindre pour notre plus grand plaisir l'équipe Métaphores.

La particularité du Manhattan-Philo consiste à proposer au groupe présent trois sujets relatifs à des domaines philosophiques distincts édités sur le blog. Chacun a pu voter en début de séance afin de déterminer le sujet de la soirée.

 Sujet 1 : Pourquoi le temps passe-t-il si vite ? 

Sujet 2 : La pauvreté a-t-elle des vertus ?

Sujet 3 : L'art a-t-il déjà tout dit ?

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Le sujet voté et retenu fut la question 2 : 

La pauvreté a-t-elle des vertus ?

Résumé de la soirée :

Pour ce premier Manhattan-philo, le public a choisi de réfléchir sur la question suivante : « la pauvreté a-t-elle des vertus ? ». Les deux autres sujets, qui avaient la préférence de certains, sont conservés pour la prochaine séance, où un nouveau sujet sera également proposé au choix, pour maintenir la présence de trois sujets.

J’ai tout d’abord établi deux distinctions afin de préciser le sens du sujet. Première distinction : la pauvreté se distingue de la misère. En effet, la misère est l’état de celui qui ne peut pas satisfaire ses besoins, et qui vit donc dans la faim, la maladie, le manque. La pauvreté, quant à elle, est l’état de celui qui n’a que le nécessaire pour vivre, sans confort, sans moyens pour améliorer son quotidien.

Deuxième distinction : être une vertu doit se distinguer d’avoir des vertus. Etre une vertu, c’est être une disposition à faire le bien. La générosité ou le courage, par exemple, sont des vertus. Avoir des vertus, c’est posséder des qualités qui ont des effets positifs d’un point de vue physique ou moral. Ainsi, la pauvreté telle que définie plus haut n’est pas une vertu, puisqu’on peut très bien être pauvre et vicieux, tout comme on peut être riche et vertueux. Mais il se pose la question de savoir si elle a des vertus. L’expérience de la pauvreté doit-elle seulement être vue comme quelque chose de négatif, ne peut-elle pas former l’homme sur le plan physique, moral, social, intellectuel ? L’enjeu de la question est intéressant dans une société qui fait de l’accroissement des richesses et de la fin de la pauvreté sa motivation politique fondamentale.

A partir de là, le public a commencé par critiquer l’angle de réflexion choisi. Pourquoi ne penser la pauvreté qu’en termes économiques ? La pauvreté est aussi un état d’esprit. C’est l’état de celui qui refuse de vivre selon les biens matériels, qui refuse l’accroissement de ses désirs. En ce sens, il s’agit d’une pauvreté « en esprit », proche de la vertu de tempérance, à bien distinguer de la pauvreté « d’esprit », qui renvoie à un esprit faible et capable de peu. Cette pauvreté en esprit, ou encore cet esprit de pauvreté, ce qui revient au même, peut permettre de lutter contre la dépression. Face au sentiment d’un monde incapable de satisfaire nos ambitions, l’esprit de pauvreté permet de se retrouver soi-même et de ne plus souffrir de ses désirs illimités.

Si l’on ramène la notion à sa dimension économique, puisque c’était mon point de départ, le public remarque qu’on ne peut pas répondre facilement à la question car la notion n’est pas facile à définir. La pauvreté se distingue-t-elle bien, au fond, de la misère ? Quand on parle du seuil de pauvreté, d’un point de vue économique, ne parle-t-on pas aussi du seuil de misère, d’un seuil de l’intolérable, en dessous duquel personne ne voudrait raisonnablement vivre ? De ce point de vue, la pauvreté n’est rien d’autre qu’une souffrance, qui n’a aucune vertu et que nul ne veut expérimenter. Par ailleurs, la pauvreté est aussi relative. Relative aux riches d’une part, mais aussi relative à une époque. Les riches d’hier seraient, toutes proportions gardées, les pauvres d’aujourd’hui. Ainsi, la réflexion sur la pauvreté économique revient à une réflexion sur les classes sociales, qui peut friser une forme d’indécence lorsqu’on ose se demander si, en fin de compte, la pauvreté apporte quelque chose de positif.

Pour autant, remarque un participant, la distinction entre misère et pauvreté a tout de même un sens. La misère est la souffrance liée à l’impossibilité de satisfaire ses besoins. La pauvreté, elle , renvoie à une vie réduite à ses besoins les plus simples. Or, de ce point de vue, la pauvreté a une vertu remarquable, qui est de nous ramener à l’essentiel. De quoi avons-nous vraiment besoin ? Voilà l’enseignement de la pauvreté. Elle nous dévoile tout le superflu que nous croyons nécessaire par habitude de confort. Tel un randonneur qui apprend à ne prendre que l’essentiel dans son sac, la pauvreté nous éloigne de tout ce qui encombre inutilement notre vie.

Mais la pauvreté ainsi pensée peut révéler d’autres vertus, qui sont soulignées. Tout d’abord, elle peut avoir des vertus créatrices, qui sont liés à la nécessité de se débrouiller, d’inventer, de pratiquer un système D, loin de la facilité de tout ce que l’argent peut nous offrir sans efforts. Par ailleurs, la pauvreté invite à la solidarité. La nécessité de partager, de s’entraider, sont des corrélatifs de la pauvreté, qui a de ce point de vue des vertus sociales.

Pendant que certains regrettent qu’on n’aborde pas assez la pauvreté sur le plan spirituel, et qu’on réduise trop la question à l’aspect matériel, une pause conviviale s’impose, qui laisse à chacun le loisir de reprendre ses esprits tout en appréciant l’ambiance du Mannhatan, où Laure nous accueille chaleureusement.

La seconde partie permet de revenir dans un premier temps sur le problème des besoins minimaux de l’homme, permettant d’appréhender la pauvreté. Ceux-ci ont une dimension subjective, certes, mais peuvent aussi faire l’objet d’une définition, pouvant servir à des modes de vie. Les cyniques, par exemple, à l’image de Diogène, vivent avec un simple manteau et un baton, en faisant l’expérience de l’autarcie jusqu’à ses limites. Là se trouve une pauvreté authentique, qui a pour le coup une vertu sur le plan de la sagesse. Les épicuriens, quant à eux, ne peuvent pas entrer dans cet esprit de recherche de pauvreté, car s’ils se restreignent aux besoins, ils n’excluent pas des plaisirs superflus occasionnels, et intègrent l’amitié et la philosopie dans le régime des besoins, loin de l’autarcie plus radicale des cyniques. Mais, à tout le moins, il s’agit bien de philosophies de vie fondées sur un refus de la richesse et du pouvoir, et en ce sens, sur une acceptation de la pauvreté.

Mais une autre perspective apparaît alors, dans la continuité du rapport entre pauvreté et sagesse. La pauvreté, comme absence d’avoir, se révèle ainsi comme la situation anthropologique par excellence. L’homme, se découvrant mortel, se découvre essentiellement dépossédé de tout. L’homme le plus riche n’emporte pas un sou dans la tombe, tandis que le temps emporte tout ce que nous croyons posséder fermement : travail, amis, santé, etc. De ce point de vue, la pauvreté n’est pas tant une situation que certains connaissent par opposition aux riches qui ne la subiraient pas, mais une situation universelle que certains refusent de voir en recherchant la richesse ou le divertissement. Cette prise de conscience de notre pauvreté originaire, métaphysique, nous ramène dés lors à cette vérité que l’essentiel est ailleurs que dans l’avoir.

En nous recentrant sur l’être, la pauvreté nous recentre sur que nous possédons en propre, c’est-à-dire la liberté, à partir de laquelle nous pouvons agir et créer, et ainsi , à l’image des artistes, laisser une trace sur terre. Cette pauvreté originaire, liée à la précarité essentielle de toute vie, nous permet ainsi de nous ressaisir comme sujets et de mener une vie plus authentique.

A ce point de la réflexion, qui s’est considérablement élevée au cours de cette seconde partie, j’ajoute enfin, en me référant au Banquet de Platon, que la pauvreté – entendue en son sens métaphysique –est aussi une condition de l’amour. En effet, dans le mythe conté par Diotime, qui initie Socrate aux mystères de l’amour, Eros, c’est-à-dire le désir amoureux – et non l’amour céleste ou divin figuré par Aphrodite –, a pour parents Poros, la richesse, et Pénia, la pauvreté. L’amour ne peut naître que chez celui qui reconnait d’abord son incomplétude, et qui ainsi prend conscience de sa pauvreté. Mais de là nait aussi un amour qui rend l’homme fertile, et pas seulement selon le corps, mais aussi selon l’âme. Ainsi, l’amour de la sagesse, qui caractérise Socrate, n’est possible que sur fond d’une reconnaissance tacite de son ignorance.

Pour conclure, une personne remarque que si la pauvreté n’a pas toujours des vertus, la réflexion sur la pauvreté, elle, ne manque pas de nous rendre plus riches.

Pour Métaphores, Timothée Coyras.  

Manhattan 2_modifié-1

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20 janvier 2017

Nouvelle activité : le Manhattan-Philo

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Le premier Manhattan-Philo se tiendra le mercredi 15 mars 2017 au Manhattan-bar (clic), 5 rue Sully (quartier du château) à Pau à 18h45. Cette nouvelle activité mensuelle du mercredi sera animée par Timothée Coyras, professeur de philosophie, qui vient de rejoindre pour notre plus grand plaisir l'équipe Métaphores

Si la cité de Manhattan peut faire penser à la conquête économique, à la démesure (hybris) de l'homme moderne occidental, on peut aussi y voir le symbole d'un trait d'union entre terre et ciel. L'activité philosophique, née dans la Cité antique, interroge depuis toujours ce lien, ce rapport énigmatique de l'homme à la nature, aux éléments, de l'homme comme "animal politique" confronté à ses semblables, de l'homme saisi par son propre pouvoir technologique ou par son sens de la création. Tant de questions et d'enjeux qui ne finissent pas de nous étonner, de nous fasciner ou de nous inquiéter et dont Manhattan est aussi, à sa manière, la figure littéraire, cinématographique et philosophique.

La particularité du Manhattan-Philo consistera à proposer au groupe présent trois sujets* relatifs à des domaines philosophiques distincts (les sciences, l'art, la politique, la morale etc.) édités au préalable sur le blog dans la rubrique correspondante. Chacun pourra voter sur place afin de déterminer laquelle de ces trois propositions sera problématisée et discutée. 

La formule se situe donc entre l'apéro-philo (le jeudi) dont le sujet unique est fixé à l'avance et le café-philo (le mardi) dans lequel toutes les propositions font l'objet d'un vote. L'intérêt est de maintenir la possibilité du choix tout en pouvant réfléchir aux enjeux philosophiques impliqués par les questions.

Nous espérons de tout coeur que cette nouvelle activité paloise trouvera son public pour continuer à faire vivre l'esprit de la philosophie dans les murs de la Cité conformément au projet associatif qui est le nôtre.

Toute l'équipe de Métaphores tient à remercier chaleureusement Laure et Franck du Manhattan pour leur invitation dans leur établissement convivial et dynamique. Sachez que des concerts s'y tiennent d'ailleurs régulièrement. 

*Les trois sujets du premier Manhattan-Philo seront annoncés très prochainement sur le blog.

Pour Métaphores, DK

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