Cercle Littéraire

Activité bimestrielle libre et gratuite proposée en principe le jeudi en début ou fin de mois de 18h45 à 21h. Présenté et animé par Janine Delaitre, professeure de latin et de lettres, le cercle littéraire aborde tous les enjeux relatifs à la lecture, à l'écriture autour de thématiques générales, d'auteurs ou de coups de coeur des participants.

 

03 février 2017

Résumé du Cercle littéraire - 29/03/17 : Littérature américaine

Cercle Littéraire

 

Le Cercle Littéraire du mois de mars s'est tenu mercredi 29 à 18h45 (entrée libre et gratuite) au Dimanche à la campagne, face au parc Beaumont à Pau sur le thème suivant : 

 

La littérature américaine contemporaine

 

Thème ambitieux pour le Cercle littéraire. A l'image de la démesure et du gigantisme qui marquent ce pays, que de géants lorsque l'on aborde le domaine de la littérature ! Forcément des choix -subjectifs- et donc de la frustration, des injustices, des oublis...

Après une rapide mise en perspective historique de la littérature américaine, l'oeuvre de quelques auteurs marquants sera évoquée .

Quelques noms et titres en guise de mise en bouche :

Résumé de la soirée :

Un rapide survol de l'histoire littéraire des Etats-Unis fait apparaître la façon dont cette littérature s'est constituée : un double mouvement, d'une part le désir de se détacher des racines britanniques, de l'autre s'affirmer dans l'appropriation d'un nouvel espace géographique et imaginaire  au  détriment des  autochtones . La création de colonies urbaines, les préoccupations religieuses sont ensuite relayées par la confrontation  à une nature gigantesque, le défi de la conquête de l'Ouest, le mythe de la frontière et la prise en compte des Amérindiens et des Noirs dont des écrivains actuels sont issus. Ces grands questions irriguent la littérature et constituent des lignes de force qui sous-tendent la plupart des œuvres : les vastes espaces qui fascinent l'homme et questionnent sa place.

les mégalopoles , l'alcool la solitude les désillusions ; la route la quête de l'horizon ; le Nord et le Sud , tradition et modernité ; l'Est et l'Ouest, fermeture et ouverture ; la violence

Quelques grandes figures ont été évoquées : il s'agit ici de donner les références des œuvres présentées qui ont suscité des échanges soulignant la force et le pouvoir de ces textes magnifiquement écrits

Jim HARRISON    Légendes d'Automne, trois nouvelles sur la vengeance

                    Dalva , 1987, beau portrait de femme, qui cache un secret et qui en remontant vers ses origines invite à la traversée des conflits et événements dramatiques qui jalonnent l'histoire de son pays

                     Péchés capitaux  récit qui incarne ces péchés  dont l'innommé  n'est pas le moindre :  la violence.

Annie PROULX  Les pieds dans la boue, 1999 onze  nouvelles (dont Brokeback Mountain)

situées dans le Wyoming mettent en scène personnages rudes, contrastés , archaïques parfois au croisement du mythe et de la sociologie .

Cartes postales 1992 déroule une double histoire : celle de Loyal Blood  dans sa   pénible traversée des Etats-Unis de 1944 aux années 80  et en regard celle de sa ferme  qu'il a quittée précipitamment. D'un côté, routes , paysages, animaux , personnages attachants ou inquiétants se succèdent , de l'autre la famille Blood confrontée à la nouvelle donne économique et aux  mutations qui en découlent.

 Louise ELDRICH  « Je me contente de monter comment les gens vivent et ce qu'ils subissent. » La malédiction des colombes 2008  Un crime initial se répercute  sur plusieurs générations et la tragédie pèse sur tous les habitants liés par le sang, le mensonge et les secrets . On remonte le fil de l'histoire collective et individuelle en explorant le poids de la culpabilité et le prix de l'innocence .

Cormac MAC CARTHY   La route  2007  ce récit post-apocalyptique, angoissant, haletant montre le cheminement d'un père et son fils dans un  univers cauchemardesque où ce qu'il reste de l'humanité se délite dans l'âpre combat pour la survie, Auteur également de Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme 2005

Dan FANTE      La tête hors de l'eau

Bruno Dante , le double de l'auteur, looser, anti -héros nous  embarque dans ses galères d' alcoolique repenti, dépressif, travaillé par le désir d'écrire - rivalité ou admiration avec son père écrivain ? - contraint à endosser le rêve américain dans l'entreprise de télémarketing où il décroche un emploi.  Déboires amoureux, violence et folie s'enchaînent  écriture au scalpel phrases incisives  grande tension

 Les Anges n'ont rien dans les poches 1996 réédité sous le titre  Rien dans les poches 2011

 David VANN 

Sukkvan Island 2010 un père et son fils adolescent dans une île sauvage  réinventent la vie des pionniers dans une nature hostile : projet du père pour tenter de créer un lien avec ce fils de 13 ans qu'il connaît si mal. Mais l' atmosphère  vire rapidement au cauchemar et la tragédie éclate, dévoilant les tréfonds de l'âme humaine Un style haletant , un suspense éprouvant.

Désolations 2011 reprend la même situation que le récit précédent; mais il s'agit cette fois-ci d' un couple marié depuis une trentaine d'années. Le jeu des rapports humains, des projets imposés plus que partagés, la solitude, les difficultés de communication entre les êtres tissent la trame de ce récit d'une implacable et cruelle lucidité.

Joyce CAROL OATES    

Belle fleur 1980 roman gothique ; Dès la première phrase, le lecteur est emporté par le style torrentueux de l'écrivaine . Longues phrases qui déroulent descriptions et portraits avec un luxe de détails au service d'une observation aiguë . La saga familiale des Bellefleur ,ancrée à un manoir fou,énorme transporte le lecteur à des époques variées de l'histoire américaine depuis ses débuts et fait entendre une voix très anglaise .

Blonde  2000 Cette bio-fiction consacrée à Marilyn Monroe démonte les rouages de la machine à rêves américaine

Mudwoman  2013

Maudits 2014  raconte les heurts et malheurs d'une dynastie privilégiée de Princeton. Monstres et phénomènes démoniaques dans un gothique ironiquement flamboyant sont les métaphores d'un «retour du refoulé » qui submerge une classe dirigeante plongée dans le déni, en l'occurrence le lynchage subi par deux Afro-américains .

D'autres auteurs 

Paul AUSTER  et sa Trilogie new-yorkaise ou encore Brooklyn Folies

John IRVING     Le monde selon Garp

                     Hôtel New-Hampshire

Toni MORRISON    Beloved

                        Home

                        Délivrance s 2014

 B;Eastton ELLIS  American Psycho

                        Suite(s) impériale(s) 2010

 Anne TYLER    Une bobine de fil bleu 2017 Saga familiale autour d'une maison familiale à Baltimore ; une famille parfaite en apparence -trop parfaite pour  être honnête.

James SALTER  Un bonheur parfait 1997

                     Et rien d'autre 2013

Dans un style précis et fluide, la chronique du désenchantement .

 Jim HarrisonLégendes d'Automne, Dalva, Sept péchés capitaux

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 Dan FanteLa tête hors de l'eau

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 Paul AusterTrilogie new-yorkaise 

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David Vann SukkvanIsland, Désolations

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Cormac Mac CarthyLa route

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Annie ProulxCartes postales

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Joyce Carol OatesBelle fleur, Journal

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Un temps d'échanges ensuite : autres œuvres connues et appréciées des participants, discussion sur les thèmes et sources d'inspiration de ces auteurs, le portrait de l'Amérique qui se construit à travers ces textes .

Pour Métaphores, Janine Delaitre

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10 janvier 2017

Résumé du Cercle littéraire 25/01/17 : Notes de lecture

Cercle Littéraire

         Le Cercle littéraire du mois de janvier s'est tenu le 25 au Dimanche à la Campagne à 18h45 sur le thème suivant : 

"Notes de lecture"

         "Depuis notre dernière séance, vous avez sûrement fait vos délices d'ouvrages divers, derniers prix littéraires ou auteurs recommandés par vos amis ou vos émissions préférées. Retrouvons-nous autour de nos notes de lecture pour partager coups de cœur, découvertes ou relectures. Chaque participant prépare, s'il le souhaite, la présentation de cinq à dix minutes environ d'une œuvre qu'il ou elle a particulièrement appréciée, avec lecture d'un passage représentatif. Chaque présentation peut être suivie de commentaires et questions à propos de l'oeuvre présentée. Au menu : Suggestions, conseils, critiques sur d'autres œuvres lues récemment. Au plaisir de passer une soirée ensemble autour de notre passion commune." 

Résumé de la soirée :

Un petit groupe de lectrices passionnées et motivées a bravé le froid pour se retrouver dans l'ambiance chaleureuse du Dimanche à la campagne. Voici leurs derniers coups de cœur, œuvres récentes ou plus anciennes. Le thème de l'enfance se retrouve dans plusieurs des œuvres présentées.

                1) Le sagouin  de François Mauriac  1951

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 C'est la lecture de vers de cet auteur qui a amené à ce court récit où l'amour fait cruellement défaut. L' enfant mal aimé ressemblant trop à un père épousé pour le titre qu'il porte, deux êtres un peu « demeurés » à qui est refusé le don d'amitié ou d'intérêt à l'autre. Récit émouvant porté par une écriture dense et forte suggérant la beauté derrière les apparences .

                 2)  Les Demeurées de Jeanne Benameur  2002

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 La mère est l'idiote du village et vit repliée dans une  relation fusionnelle avec sa fille . Mais le monde se rappelle avec l'intrusion  de l'école Et c'est l'institutrice qui va se trouver enfermée dans l'échec, l'incompréhension et la solitude face au mystère d'êtres demeurés mais qui possèdent une force insoupçonnée. L'écriture poétique, incantatoire elliptique fait naître un beau récit.

               3) Petit Pays  de Gaël Faye  2016

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 Des accents autobiographiques dans ce premier roman qui cherche à ressusciter le paradis de l'enfance, le bonheur et l'insouciance, avec la famille et les copains. Mais quand on est un gamin franco-rwandais au Burundi dans les années 90, un jour, le paradis se transforme en enfer, monde d'horreur incompréhensible. «Ce qui s'est passé dans ces régions-là a atteint les sommets de violence et d 'horreur que même la littérature ne pourrait pas décrire et j'ai essayé-comme le personnage met la violence à distance, moi-même en tant qu'écrivain à  ce moment-là, j'ai essayé de mettre le plus longtemps possible cette violence à distance et de ne pas trop la décrire.»

 Le thème du don est interrogé dans un récit très documenté :

               4) Réparer les vivants de Maylis de Kérangal 2014. La construction narrative offre de beaux portraits des différents acteurs et de leurs milieux.

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              5)  De coeur inconnu  de Charlotte de Valandré inspiré d' une histoire vraie : la rencontre entre le mari de la donneuse et celle qui a reçu le cœur. Ecriture précise et poétique qui aborde avec délicatesse ce sujet difficile. 

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                 6)  Les secrets de famille, la quête de l'identité est au cœur de La cache, premier roman de Christophe Boltanski.

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Dans le Paris de l'Occupation, une famille d'artistes, des Juifs immigrés souffre d'une névrose familiale nourrie par la peur, l'exil et la clandestinité. A la manière d'une enquête policière construite comme un jeu de Cluédo, le récit cherche la vérité derrière le mensonge et la multiplication des identités.

               7) L'Indolente de Françoise Cloarec 2016 explore le mystère de Marthe Bonnard. 

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L'épouse du peintre Pierre Bonnard est omniprésente dans les tableaux de son mari. A la mort de ce dernier, en 1946 on découvre que Marthe, qui se disait orpheline, avait une mère et une sœur qu'elle voyait en cachette. Dans les péripéties de cette incroyable double vie, toute une époque revit: le milieu de l'art du début du XX°, la façon de travailler de Bonnard, ses amis, sa maison du Canet. Ce récit offre aussi l'occasion de redécouvrir la peinture de cet homme discret au travers de l'incroyable histoire de son modèle.

                8) Un voyage original en Italie, telle est l'invitation de Jacques de Saint Victor avec Via Appia. 

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En suivant l'antique Via Appia qui relie Rome aux Pouilles, ce carnet de route se lit comme un feuilleton et croise tous les domaines : art, histoire, sociologie, politique. Ce grand spécialiste et amoureux de l'Italie voyage seul et se livre  au cours de son cheminement…à bord de sa vieille Panda. Il fait revivre couleurs, odeurs, saveurs dans un véritable enchantement. Livre bourré de références, gourmand et gai.

               9) Le Maître des jardins noirs d'André -Marcel Adamek. Atmosphère inquiétante dans ce récit à l'ombre d'un village déserté ravagé autrefois par la peste; la rencontre de deux mondes qui se méconnaissent, celui  de la campagne et de la ville ; regards soupçonneux, sorcellerie, étranges récits aux frontières du mythe et du surnaturel.

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                   10) Laurent Gaudé avec Ecoutez nos défaites  Magnifique récit à l'écriture envoûtante, lancinante et haletante. 

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Enchâssés dans une histoire d'amour improbable, les voix de chefs de  guerre se relaient : Hannibal le Carthaginois, le Général Grant, le Négus d'Ethiopie. Ils évoquent les batailles qu'ils ont menées, victoires cher payées en vies fauchées et horreurs sanglantes. Réflexion mélancolique et grave  sur la destinée humaine, l'Histoire, le fracas des batailles et le silence de la mort .

Pour Métaphores, Janine Delaitre

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27 septembre 2016

Résumé du Cercle littéraire du 03/11/16 : La lecture

Cercle Littéraire

Le Cercle littéraire du mois de novembre s'est tenu le jeudi 03 au Dimanche à la campagne (clic) à 18h45 à Pau sur le thème suivant :

LA LECTURE

et de nous interroger sur cette activité tantôt suspectée tantôt célébrée, c'est selon, à partir de nos propres pratiques. Comment choisit-on les œuvres que nous lisons ...ou comment nous choisisssent-elles ? Quels rituels de lecture ? Quelles attentes ? Quelle place ?" (JD)

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Résumé de la soirée : 

    Les différentes pratiques de la lecture sont liées au développement de la technique : lecture collective et à voix haute avant l'imprimerie, devenue silencieuse et solitaire avec l'apparition de l'imprimerie et la large diffusion de l'objet livre .

    Les figures de lecteurs rencontrées dans les œuvres lancent le questionnement sur l'image de la lecture selon les époques : lecture suspecte qui éloigne de l'action et de la vie en créant des  chimères : de  Don Quichotte , gorgé de lectures qui dessèchent son cerveau en le remplissant d'extravagances, contre-modèle du lecteur idéal à Emma Bovary qui se nourrit de clichés romanesques, dessinant les charmes mensongers d'un idéal illusoire en passant par Julien Sorel qui lit en cachette, le Mémorial de Sainte-Hélène qui plus est ! Au lieu de travailler.

      Lecture source de savoir et de réflexion chez les humanistes, à l'origine de l'écriture pour Montaigne, univers des livres qui décident de vocations : celle de Jean-Paul Sartre, et de bien d'autres. Evasion bienheureuse d'un réel décevant, temps de bonheur, compagnonnage et discussion avec les grands esprits par delà le temps et l'espace, pied de nez à notre condition en multipliant les expériences, fenêtre ouverte sur le monde, expression de liberté.

       Les interventions ont souligné le plaisir de la lecture, la sensualité de l'objet livre, prémisse de la découverte, l'importance du titre, de la quatrième de couverture. Livres conseillés par le libraire, les amis qui prêtent et conseillent, les chroniques spécialisées des journaux et revues , les émissions télévisées … Livres aussi qui choisissent leur lecteur et viennent étancher des soifs qui s'ignoraient encore. Livres au goût délicieux de l'interdit,trouvés dans une malle, lus avec le frisson de la transgression, soulevant un coin de voile sur des mystères jusqu'alors insoupçonnés... Magie des lectures de l'enfance : moment privilégié où les parents lisent des histoires à leurs enfants, cercle s'élargissant parfois aux amis des enfants, communauté heureuse autour d'une voix qui fait chanter les mots, continuer à lire aux enfants même quand ils savent lire ; source du goût de lire car lire, c'est aussi revivre ce premier enchantement. Mais parfois, temps où la faim des mots se ralentit, s'assoupit pour reprendre plus fortement. Liberté de ne pas terminer un livre, d'en lire plusieurs en même temps. Lire et relire…de grands classiques lus parfois sous la contrainte au temps du collège et du lycée mais redécouverts avec émerveillement parce que, à 18 ou à 40 ans les livres ne nous racontent pas la même histoire. Graines semées et auxquelles il faut laisser le temps de germer.

      Belle et riche soirée où s'est partagée la gourmandise de lire, nombreux échanges autour d' oeuvres. Voici les titres cités, tels qu'ils sont apparus au fil des échanges  :

Mauvignier     Continuer

Leïla Slimani   Dans le jardin de l'ogre, Chanson douce  Goncourt 2016 , belle construction romanesque

Belle du seigneur   Albert Cohen, formidable  roman d'amour  

Cent ans de solitude   Garcia-Marquez 

Le livre de l'intranquillité   Pessoa

Trois contes :  Un cœur simple    Flaubert

La mesure du silence,  Mia Coutau  écrivain du Mozambique ; très court ; surréaliste et poétique

Jésus-la-Caille  Francis Carco

Le jardin des supplices  Octave Mirbeau  cruauté, sadisme, humour noir et violent réquisitoirecontre l'hypocrisie du monde occidental        

Lucien Bodard,     Monsieur le consul  Anne-Marie

Georges Pérec,  L'homme qui dort

Marcher droit, tourner en rond  Emmanuel Vernet , cruel et tendre portrait de tous les membres d'une famille

La vieille qui marchait dans la mer   Frédéric Dard

L'année prodigieuse  Elena Ferante

 Le dernier qui s'en va éteint la lumière   essai sur l'extinction de l'humanité Paul Jorion

 Auteurs étrangers :

 Toni Morrison     Beloved

 David Lodge     La vie en sourdine charge contre l'exercice universitaire de l'explication de texte, malicieux et jubilatoire

 John Irving      La part de Dieu, la part du Diable

 Paul Auster      L'invention de la solitude, livre poème écrit après la mort de son père, Chronique d'hiver                          

 Joyce Carol Oates    Chutes       

 Jonathan Frantzen    Freedom une histoire d'amour qui croise les problèmes actuels de la planète

 Notes de ma cabane de moine    Kammo no Chômei, poésie japonaise

 La Montagne de l'Âme  Gao Xingjian, pèlerinage d'un homme sur les chemins de la vie, écrit à la deuxième personne

 Italo Calvino  Le Vicomte pourfendu, Si par une nuit d'hiver, un voyageur drôle et jubilatoire

 Mariane Alphant  Ces choses-là, essai

 Comment j'ai vidé la maison de mes parents, Lydie Flem, l'expérience du deuil

 Cent vues de Shangaï 

 Nicolas Bouvier, un passeur pour notre temps de Nadine Laporte

 et bien sûr les livres de Nicolas Bouvier

 Un paradigme, court essai sur ce qui fait advenir la pensée  

 Esquisses, Jean François Billeter, sinologue et philosophe

 

Pour Métaphores, Janine Delaitre

 

 

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17 mai 2016

Résumé Cercle littéraire 07/07/16 Lectures de vacances

Cercle Littéraire

Lectures de vacances

"Quels livres vais-je glisser dans ma valise ou poser sur ma table de jardin cet été ?"

Le cercle du mois de juillet s'est tenu le jeudi 7 au Un Dimanche à la Campagne, Allée Alfred de Musset (belle adresse pour des amoureux des mots ), charmant café restaurant niché au coeur du Parc Beaumont à Pau, dès 18 h 45.
Mise en commun de nos récentes découvertes, propositions diverses, suggestions de relectures ...

 Résumé de la soirée :

Charmante soirée sous les platanes du Dimanche à la campagne, un petit air de vacances!
Voici les livres présentés:

              Les chaussures italiennes de Mankell, met en scène un chirurgien exilé sur une île solitaire suite à une faute professionnelle... Ce récit ne relève pas du genre policier dans lequel s'est brillamment illustré le maître suédois, mais développe ses thèmes de prédilection: la filiation, la culpabilité, l'observation de la société. La psychologie des personnages, la description de paysages époustouflants, une étude sociologique sont les atouts de cette oeuvre.

         Les quartiers périphériques parisiens, la Bretagne sont le cadre du roman: Les lisières (2011).
Ce beau récit évoque le parcours d'un homme torturé par le mal de vivre, la difficulté à être soi. Les fêlures intimes affleurent dans un récit qui se défend d'être autobiographique, mais rappelle l'auteur. Le déterminisme social, la peur de l'abandon, la tentation du suicide sont conjurés dans une belle écriture. Olivier Adam est aussi l'auteur de Je vais bien, ne t'en fais pas.

          Des histoires de famille apparaissent dans plusieurs romans proposés.

           La Caroline du Sud chez Pat Conroy Le Prince des marées, un pavé de plus de 1000 pages. Sur fond de racisme, se développent des souffrances familiales évoquées du point de vue des enfants. L'étude psychologique des personnages et la construction du récit soutiennent l'intérêt d'une histoire dramatique.

          L'antisémitisme est la toile de fond de Les frères Ashkénazi (1936 Poche) écrit par Israël Joshua Singer (le frère de. ).Il met en scène des jumeaux issus de la communauté juive polonaise de Lodz. Cette fresque retrace toutes les grandes étapes par lesquelles est passé le monde occidental depuis le milieu du XIX° jusqu 'à la deuxième guerre mondiale : les juifs boucs émissaires à chaque vague d'invasions, l'industrialisation, la construction du capitalisme, la montée de l'Internationale socialiste, la mondialisation. Instructif et captivant, ce récit vaut également par le regard sans concession de l'auteur sur les travers de cette communauté par l'un de ses membres.

          Du côté des chrétiens , un petit livre manie humour et irrespect: Merde à Jésus!: Souvenirs de José à Nazareth (1989) du philosophe belge Marcel Paquet présente une image iconoclaste de Jésus, par son grand frère José . Jubilatoire !

          La famille encore; cette fois-ci, le rapport entre parents et enfants est interrogé dans une inversion des rôles mise en fiction par Daniel Pennac : Messieurs les enfants. Humour et truculence mais aussi gravité de certains thèmes abordés.

          Le couple est au centre de Nous ne sommes pas nous-mêmes de Matthew Thomas (2015). L'histoire se déroule de 1941 à 2011 à New-York et explore le décalage entre un mari et une femme, dans une écriture souple, au plus près des personnage,avec empathie. Le rêve américain, source de conflit familial est questionné.

            Fragonard ou l'invention du bonheur, biographie écrite par Sophie Chauveau retrace le parcours d'un jeune provincial quittant Grasse pour apprendre le dessin à Paris puis Rome. Le processus de création de l'artiste, son énergie, son amour de la vie ressortent dans cette oeuvre foisonnante qui fait revivre une époque colorée et bruissante.

 

cercle littéraire 7 7 16

 

Janine Delaitre pour Métaphores

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03 février 2016

Résumé du Cercle littéraire du 7/4/16 : La poésie d'aujourd'hui

Cercle littéraire

Le dernier cercle littéraire s'est tenu le jeudi 07 avril à 18h45 au Café Suspendu (café associatif), 15 rue Lanansaa à Billère (entrée libre et gratuite) sur le thème suivant : 

La poésie d'aujourd'hui

Le Cercle a proposé une rencontre autour des questions suivantes : Pourquoi lire de la poésie ? Quelle place occupe la poésie dans nos lectures ?

Quelques figures contemporaines ont été évoquées : Philippe Jaccottet, entré de son vivant dans la prestigieuse collection de La Pléiade, Robert Marteau amoureux de l'écriture et de la marche, James Sacré, François Cheng, Jean-Baptiste Maulpoix. Les poètes contemporains appréciés des participants ont été accueillis dans un échange orné de belles rencontres.

Animation : Janine Delaitre

 Petite  bibliographie : 

Robert Marteau    

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(Royaumes 1962)    ( Louanges    1996)    (Le Temps Ordinaire  2009 )      (Rites et offrandes 2002)

 

François Cheng 

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(De l'arbre et du rocher  1989)    (Trente-six poèmes d'amour  1997)    ( Que dira notre nuit ?  2001)    (La vraie gloire est ici   2015)

  

Philippe Jaccottet  

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(L'Effraie et autres poésies 1953)     (L'Ignorant  1958)     (La Semaison  1963)      (A la lumière d'hiver   1977)     (Après beaucoup d'années 1994)     (La seconde semaison 2015)

 

James Sacré  

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(Le femme et le violoncelle 1966)       (Figures qui bougent un peu 1978)     (Âneries pour mal braire  2006)

 

Jean Michel Maulpoix   

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(Emondes 1981)    (Ne cherchez plus mon cœur   1986)     (Pas sur la neige 2004)     (Le Voyageur à son retour 2010)

 Résumé de la soirée : 

      Le petit cercle qui s'est réuni autour de la question : « Pourquoi lire de la poésie ? »  s'est particulièrement intéressé à une  figure de la poésie contemporaine, Robert Marteau, peu connu du grand public. Ce Poitevin, né en 1925  dans une famille de forestiers est très sensible à la forêt et à ses enchantements, ses liens avec un univers légendaire où se rejoignent les figures d'un passé antique, Sylvains et Nymphes, échos lointains de récits mythiques et les mystères de Brocéliande. Sa  parole sert d'abord celle d'autres poètes qu'il traduit, Chaucer (Le Parlement des oiseaux) Gongora, («Première Solitude), Pavlovitch. Ce passionné de peinture et d'art évoque ses rencontres avec Corot,( Sur le motif ), Cézanne (Le message de Paul Cézanne) et invite à la visite du musée, Le Louvre entrouvert 1997. Ses voyages, au Québec par exemple, élargissent son expérience du monde et lui permettent d'éprouver l'essentiel : la sensibilité au réel, la forêt , « forêt primordiale », d'où vient l'homme et où il retournera, la marche. Rencontre aussi avec d'autres peuples, les Indiens d'Amérique du Nord dont il chante l'éloge : Fleuve sans fin, Journal du Saint -Laurent, Mont -Royal

       L'écriture se nourrit de la déambulation ; durant  les pauses suscitées par l'attention à ce que chaque pas fait découvrir, le carnet qui accompagne le poète recueille les sonnets véritablement nés de  la marche . Le poète cherche à mettre des mots sur tout ce qu'il voit. Pour cela, il faut suspendre son pas, s'arrêter, écouter et voir les signes envoyés par la nature. Contempler, être attentif : « La nuit ne m'emportera »

       Robert Marteau écrit pour célébrer le monde, dire la beauté, résister à l'horreur.  En témoignent ses recueils : Liturgie (1992), Rites et offrandes 2002. Ses lecteurs écoutent dans ses pages le chant des oiseaux, la magie de leurs noms, la louange de la beauté du monde. Ce poète aime les mots, aime jouer avec leurs étymologies, rapprochements inattendus et si pleins de sens.

« Nous verrons au-delà des flambeaux la réelle réalité. »

 « L'horreur et le tourment, il les apaise par l'aurore. » écrit-il à propos de Goya.

JD pour Métaphores

 

 

 

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05 janvier 2016

Résumé Cercle littéraire - 04/02/16 : Ecrivains-voyageurs

Cercle Littéraire

 

Le Cercle littéraire s'est tenu jeudi 04 février 2016 à 18h45 à Billère au Café-suspendu (café associatif, 15 Rue Jeanne Lasansaa). Le thème de la soirée fut : 

Ecrivains-voyageurs  

         Trois figures de découvreurs du monde, tôt travaillés du désir de rejoindre l'horizon portant leurs pas de la Chine au Tibet, de la Russie aux Indes, du Sahara au Japon …Trois voyageurs, curieux des autres, habités d'une soif toujours renouvelée d'ailleurs. D'abord arpenteurs d'espaces géographiques, ils se découvrent aventuriers d'un autre espace, celui de l'intériorité, quand la recherche spirituelle, la quête du sens de l'existence, le désir de connaissance s'invitent .

 Leurs ouvrages ont alimenté nos échanges autour du voyage hors de soi, chemin vers le voyage en soi. 

Résumé de la soirée : 

         A travers le parcours des trois écrivains voyageurs : Alexandra David-Néel, Blaise Cendrars, Nicolas Bouvier se pose la question des motivations du voyage et de son écriture. Les déplacements, le désir d'ailleurs traversent l'enfance de nos trois auteurs : déménagements de la Suisse à l'Italie pour le futur Blaise  Cendrars, une première expérience mystique pour la jeune Alexandra , cependant que  Nicolas Bouvier rêve sur les cartes du monde. Les conditions de leurs voyages diffèrent : si l'exploratrice dispose d'une fortune personnelle , Nicolas Bouvier, issu d'une famille bourgeoise cherche à  se déplacer avec des moyens limités. Blaise Cendrars connaît la faim et doit travailler pour subvenir à sa vie matérielle.

       Il a fallu beaucoup de ténacité à Alexandra David-Néel au début du siècle précédent, obligée de  se noircir le visage ou de dissimuler ses cheveux trop clairs pour être la première européenne à entrer à Lhassa .

       Nicolas Bouvier et Blaise Cendrars cherchent à vivre au plus près des gens du pays et à éprouver leur être au monde. Alexandra David-Néel est habitée par la recherche d'une sagesse, l'atteinte du Nirvana. Elle n'en observe pas moins moeurs et habitudes de vie. L'écriture arrive après les voyages, dans un temps de pause, Paris ou Genève. Au cours des pérégrinations, carnets et notes fixent quelques traits,auxiliaires de la mémoire. Alexandra devient une spécialiste du bouddhisme, doublée d'une ethnographe. Accompagnée de son fils spirituel, elle parcourt les sentiers de monastère en monastère, rencontre de grands lamas et trouve la sagesse qu'elle cherchait.

      L'urgence pousse les deux hommes à aller de l'avant, dans une dynamique de l'errance.  Le mouvement habite leur écriture : phrases nerveuses ou souffle qui emporte  rythment leurs mots.  Partir, c'est respirer, dit Nicolas Bouvier. Il se détache de son moi pour s'ouvrir à autrui et au monde. Poèmes, récits et photographies rendent compte de ses découvertes. Pour ces  voyageurs immobiles dans le temps de l'écriture, un nouveau chemin s'invente dans le langage. Désir de partager, de revivre plus intensément et en pleine conscience ce qui a été vécu.

  « Ecrire, c'est peut-être abdiquer » dit Blaise Cendrars .

   Si vivre est la seule vérité, écrire ramène de l' hors-soi à l'en-soi pour le plus grand bonheur des lecteurs .

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Quelques lectures : Voyage d'une Parisienne à LhassaAu pays des brigands gentilhommesLa lampe de la sagesse 

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A découvrir : BourlinguerDu monde entier Poèmes   

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Lectures conseillées : Le poisson–scorpionDe l'usage du mondeChronique japonaise

L'animation fut assurée par Janine Delaitre et Anne Rougeaux.

Pour MétaphoresJD

 

 

 

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21 octobre 2015

Résumé du Cercle littéraire du 12/11/15

Cercle Littéraire

Le dernier Cercle littéraire s'est tenu le jeudi 12 novembre 2015 à 18h45 au Café-Suspendu (café associatif) à Billère (15 Rue Jeanne Lasansaa). Le thème de la soirée :

                               Des écrivains très contemporains 

Résumé de la soirée :

Les auteurs « invités » au dernier Cercle littéraire ont été choisis pour leur écriture singulière sans ressemblance aucune, et leur rencontre sur des thèmes  nés des préoccupations actuelles : le poids de l'Histoire dans les destinées individuelles, le  sort des migrants, les êtres marginalisés par leur différence ou leur secrets, la place de l'autre,  les drames personnels qui rejoignent l'universel.

 

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 Jeanne Benameur , (née en 1952)  très tôt arrachée à son Algérie natale , se retrouve « sans langue » . 

 Des études de Lettres et  Philosophie vont l'orienter vers  l'enseignement ; l'écriture devient son activité principale à partir de 2000 : poésie, roman,  littérature de jeunesse,  travail d'édition. Des études de Lettres et  Philosophie vont l'orienter vers  l'enseignement ; l'écriture devient son activité principale à partir de 2000 : poésie, roman,  littérature de jeunesse,  travail d'édition. Elle découvre que « quand on travaille avec ses mots, on a moins peur des mots des autres ." La relation à l'autre est au fondement de sa narration qui capte les instants avant la parole . « Le corps connaît , par la perception le sens des choses. Après, il arrive la parole, nécessaire qui nous permet le lien et en même temps nous sépare. »

Les  Demeurées évoque avec sensibilité la relation fusionnelle entre une mère et sa fille, menacée par l'école qui ouvre les portes du savoir. Mais comment accueillir en soi ce qui sépare des proches, ?

Les Reliques , court récit absolument magnifique évoque  la permanence de l'amour au-delà de la perte ; Otages intimes  interroge sur la part d''otage que chacun porte en soi.

L'écriture  poétique de Jeanne Benameur, animée d'une sensibilité frémissante , lyrique et contenue en même temps, confère à ses récits une beauté captivante.

Bibliographie : Les Demeurées  2001 ; Laver les ombres  2007 ; Les Reliques  2011 ; Les Insurrections singulières 2011 ; Profanes  2013 ; Otages intimes  2015

 

 

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 Alors que Jeanne Benameur s'ouvre aux autres  à partir de drames personnels , relevant de la sphère intime, Laurent Mauvignier (né en 1967 ) suit le  cheminement inverse . Son œuvre s'enracine dans les tragédies qui touchent les hommes : la guerre d' Algérie , le drame du Hetzel ou le tsunami du 11 mars 2011. Son écriture  traque au plus près la peur , la souffrance, la douleur, en  longues phrases au rythme haletant .

Autour du monde,  paru en 2014 marque un changement. Ce roman choral évoque quatorze histoires qui se sont déroulées simultanément au moment du tsunami en quatorze points différents du globe  et installe un ton plus apaisé. Il collabore aussi avec des artistes venus d' autres horizons : Angelin Prejlocaj, chorégraphe et danseur pour Retour à  Berratham

 Bibliographie : Loin d'eux 1999,    Apprendre à finir 2000,  Dans la foule,  Des hommes 2009, Autour du monde 2014

 

 

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Maylis de Kerangal (née en 1967) venue de la littérature de jeunesse et de l'édition , après des études d'Histoire, d'Ethnologie et de Philosophie se fait connaître par Naissance d'un pont , épopée sans guerre où sont évoqués avec minutie les désirs et les peurs sur un chantier.  A l'introspection, elle préfère  la vie des autres, dont elle se saisit dans une écriture précise et ardente . Ses œuvres sont toujours un mouvement de l'extérieur vers l'intérieur. Elle dit l'importance des vivants, la place de la mort et du deuil dans un mouvement analogique à la vague, dessinant un cycle éternel. Ainsi Réparer les vivants  évoque le don d'organes , une histoire de cœur où se rejoignent la violence de la mort accidentelle , l'angoisse de la mort et celle de l'attente, la joie violente de la vie retrouvée pour celle qui reçoit cette part d'un autre. Sa conception de l' activité littéraire  croise  cette conviction que   l'autre  entre dans la structuration de soi : « L'écriture, la littérature, dit-elle, n'est pas dans l'auto-construction. On écrit en portant en soi tout ce qui s 'est écrit avant et qui peut affleurer en divers endroits du texte".  

Bibliographie :   Corniche Kennedy  2009, Naissance d'un pont  2010 ; Tangente vers l'Est  2012 ;  Réparer les vivants  2014 ; A ce stade de la nuit  2015

 

 

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Mathias Enard (né en 1972) est  un « orientaliste »  à l'image des personnages de son dernier roman, couronné par le Prix Goncourt, Boussole Il sait transmettre dans  son écriture riche , foisonnante et érudite sa passion pour ces pays ravagés aujourd'hui par des bouleversements dramatiques  et dans lesquels il a voyagé : Liban, Syrie, Egypte, Iran. Entrer dans un roman d' Enard est une véritable invitation au voyage, vers l'Est généralement , lieu d'où vient la lumière. Formidable roman sur les guerres méditerranéennes, Zone adopte le rythme du voyage en train entre Milan et Rome dans une longue phrase animée d'un souffle épique .

Boussole, livre savant  sur les relations entre l'Orient et l' Occident, est aussi un roman d'amour, fil directeur qui ramène toujours à lui le lecteur après de nombreuses anecdotes,romans minuscules insérés dans la trame principale évoquant de nombreuses figures, de musiciens, d'exploratrices , de villes aux noms enchanteurs. Ce récit nous rappelle l'importance de l'autre dans l'enrichissement de soi, hymne à l'échange, à la curiosité de l'autre face à la tentation du repli sur soi et de la méfiance. Son œuvre se veut porteuse d 'espoir.  « Le savoir en général et la littérature en particulier, ont un véritable pouvoir : lire des livres , c'est une façon d' être libre. »

Bibliographie :   La perfection du tir  2003 ; Remonter l' Orénoque  2005 ; Zone  2008 ; Parle-leur de batailles, de rois d' éléphants  2010 ; L'alcool et la nostalgie   2012 ; Rue des voleurs   2012 ; Boussole  2015

 

Pour Métaphores, JD

 

 

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15 septembre 2015

Résumé du Cercle littéraire du 17/09/15 : Moisson estivale

Cercle Littéraire

 

Le cercle littéraire s'est tenu le 17 septembre à 18h45 au Café-Suspendu (café associatif) à Billère (15 Rue Jeanne Lasansaa).

 Sujet : Moisson estivale 

       Chers amis lecteurs ,

     Le mois de septembre marque le retour de nos activités et rencontres après l'interruption estivale. Pour ce temps de retrouvailles, je vous convie, au rebours de l'usage de la « rentrée littéraire », à venir partager vos coups de coeur, découvertes ou redécouvertes de cet été. Lectures guidées par le désir, le hasard, l'imprévu, sûrement très diverses et loin des contraintes, de la mode et des conventions. Que chacune et chacun apporte une œuvre de sa moisson, la présente à l'assemblée, sélectionne quelques passages en guise de mise en bouche et suscite ainsi la curiosité et le désir d'en savoir plus.      

 Résumé de la soirée : Les participants ont partagé leur récolte et des échanges sont nés à partir de ces trouvailles :

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         Voyage dans l'espace et le temps avec Léonardo Padura, connu par ailleurs comme auteur de policiers : le Portugal, Amsterdam au XVII°, Cuba avec le roman Hérétiques, trilogie foisonnante et palpitante mettant en scène une famille juive qui tente de retrouver son histoire, en lien avec un tableau de Rembrandt vendu puis volé et une mystérieuse disparition. Chaque période historique évoquée révèle les mécaniques répétitifs de l'exclusion, problématique universelle.

  

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            Un tableau encore comme fil conducteur dans le roman de l'américaine Donna Tartt, Le chardonneret, récit trépidant, rempli d'émotion et de mystère. Le destin d'un enfant dont la mère disparaît dans une explosion et qui se retrouve confronté à la perte, à la reconstruction, aux excès, à la culpabilité. Ce roman ne laisse pas indifférent : des réactions critiques et de l'enthousiasme.
A découvrir de toute évidence …

 

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        Une collection de « netsukes », petites figurines japonaises en ivoire ou en bois finement ouvragées, héritage familial de l'auteur Edmund de Wall, céramiste anglais célèbre est au coeur de ce premier roman. Le lièvre aux yeux d'ambre gravite autour de la riche famille Ephrussi, venue d'Odessa, confrontée aux tourmentes de l'histoire. L'enquête sur les pérégrinations de la collection entraîne le lecteur dans la Vienne de la fin du XIX°, puis le Paris du début du XX°, évoque la brillante vie mondaine et artistique du temps, celle peinte par Proust et jusqu 'au Japon, retour aux sources avec un des membres de cette famille. Oeuvre palpitante où grande et petite Histoire se rencontrent dans un récit bien écrit.

 

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         Dans La première femme nue, roman de Christian Boquerel, Phrinê, modèle du sculpteur Praxitèle, raconte son histoire, sa rencontre avec le Sculpteur, son ascension, petite prostituée devenue hétaïre célèbre. La société athénienne du IV°siècle avant JC se déploie sous nos yeux : violente, traversée de rivalités politiques, artistiques, philosophiques et féminines. OEuvre passionnante et foisonnante, où le roman de formation de l'artiste et de son modèle ouvre à des questionnements sur la création artistique en plongeant le lecteur dans un mondehaut en couleurs, comme l'étaient, semble-t-il, les blanches statues marmoréennes venues de cette époque.

 

Résultat de recherche d'images pour       Grand maître, de Jim Harrison, se présente comme un pseudo-polar dont l'intrigue met en scène un policier vieillissant et désabusé glissant vers l'alcoolisme. A peine retraité, le voilà embarqué dans une affaire enfin intéressante, autour d'un gourou manipulateur pervers. La traque le mène sur les routes de plusieurs états, accompagné d'une jeune auxiliaire de seize ans. La fiction est prétexte à l'interrogation sur des thèmes récurrents chez Jim Harrison : la religion, le sexe, l'argent, la culpabilité. Le thème du vieillissement donne une couleur mélancolique au nouvel opus de l'écrivain américain âgé de soixante-quinze ans. 

 

 Résultat de recherche d'images pour         La deuxième guerre mondiale sert de cadre à la trajectoire de deux jeunes gens : un Allemand orphelin et une Française élevée par son père à Saint-Malo finissent par se rencontrer dans le Paris occupé. Ce roman d'Anthony Doerr, Toute la lumière que nous ne pouvons voir (Prix Pulitzer) présente des personnages attachants, dans un récit au rythme un peu lent, poétique et lumineux sans mièvrerie et questionne sur la destinée.

 

 Résultat de recherche d'images pour      Le roman australien Une vie entre deux océans de M.L. Stedman retrace le cas de conscience d'un couple en mal d'enfant qui voit échouer sur son île un canot abritant un bébé bien vivant auprès d'un cadavre. Peut-on faire sien cet enfant en taisant « l'incident » ? Quelles en seront les conséquences ? Peut-on vivre dans le mensonge ? Ce récit pose les questions de la culpabilité, de l'amour et de la haine, du pardon. Sans prétendre apporter des réponses, ce récit psychologique, aux phrases brèves témoigne de la part d'ombre et de vérité qui habite les êtres. Bref, une oeuvre captivante et émouvante.

       De belles rencontres offertes par les amis du Cercle littéraire, qu'ils en soient remerciés.

Pour Métaphores, JD

 

 

 

 

 

 

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14 juin 2015

Résumé du Cercle littéraire du 11/06/15 : Ecrire sauve-t-il ?

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Le Cercle littéraire (activité gratuite et libre) s'est tenu le jeudi 11 juin 2015 à 18h45 au Café suspendu (café associatif) à Billère (15 Rue Jeanne Lasansaa)  sur le sujet suivant (animation : Janine Delaitre).  

"Ecrire ne sauve jamais de rien" (Paul Auster)

                                        

       Cette réflexion de l'écrivain américain Paul Auster invite  les fervents lecteurs que nous sommes à nous interroger sur ce qui motive l'acte d'écrire. Ce constat, quelque peu désabusé, laisse à penser qu'écrire relève de l'exutoire, naît d'une blessure à jamais douloureuse. Mais il fournit aussi matière à discussion. En outre, le mot "écriture" suggère que nous, lecteurs, nous nous demandions ce que nous recherchons dans les oeuvres dans lesquelles nous nous  plongeons, quelles faims elles viennent combler (ou pas).

      Résumé de la soirée :

        Ce propos de l'écrivain  américain Paul Auster interroge sur les motivations de l'acte d'écrire. Cette affirmation péremptoire et désabusée révèle la perte d'une illusion: écrire pour se sauver, et pointe l'impuissance de l'écriture. A quels malheurs cherche-t-on à échapper ? Que cherche-t-on dans l'acte d'écrire ?

       Il apparaît d'abord qu'il s'agit d'un acte pour soi, acte de retrait qui paradoxalement dit le singulier,le subjectif  avec un outil commun. L'acte d'écrire n'est pas un acte social ;mais il n'est pas solitaire car se développe un dialogue avec soi. Il permet de mieux se connaître soi-même. On écrit parce que l'on cherche à combler un manque, dit Auster. L'urgence, la nécessité à écrire  apparaissent comme un besoin, un appel dont l'origine reste mystérieuse. Ce quelque chose qui pousse à fixer les pensées dans des mots ne se laisse pas saisir. En tout cas, l'écriture est un révélateur qui fait advenir l'écrivant à l'existence, éclaire sur soi .Cet acte est aussi un élément fondamental  de liberté, une affirmation de soi. Il remplit un rôle d'exutoire et de  catharsis. Façon d 'échapper à la folie, comme en témoigne  le texte  de Maupassant : Le Horla.

       Dans ce cas l'écriture soulage : « Je suis un être blessé », dit Auster. Il importe de se saisir de cet acte d'écrire pour ne pas se laisser écrire par les autres. Ecrire aide à penser et comme le note Clément Rosset : « Une pensée n'est véritablement pensée quà partir du moment où elle est écrite ».  L'écrit apporte plus de réflexion et diminue la violence dans le rapport à autrui. La figure de Robinson montre comment  l'écriture réintroduit la culture face à l'espace de la nature et au choc du réel.

      Pour qui écrit-on , seulement pour soi ?  Les avis divergent sur ce point. Besoin de partager la beauté, de coïncider avec le monde ? Le lecteur devient constructeur de l'oeuvre. L'altérité fonctionne comme support symbolique. On s'ouvre à l'autre. La singularité de l'écriture se dit dans son opposition à la parole : mouvement et stabilité en même temps, elle s'oppose à l'éphémère elle est signe, marque, repère. Mais l'écriture permet de retrouver une parole, celle de la mère par exemple dans le livre « Pas pleurer » de Lydie Salvayre. Si l'on se réfère à d'autres formes littéraires, la fiction romanesque  est une échappée belle dans l'imaginaire.

       L'écriture est aussi envisagée sous l'angle du geste:le traçage des lettres,révélation de la personnalité,soumis aux normes , parfois vécu comme castrateur avec le regard moralisateur de la société : les « fautes » d'orthographe, le jugement sur le style qui peut étouffer la créativité. Le plaisir de l'écriture passe par le  mouvement de la main, prolongement de l'esprit. Façon de dessiner les sinuosités de l'âme ; plaisir d'entendre le bruit de la plume sur le papier... Si ce temps de l'écriture apparaît comme une  jouissance, un moment de fête, elle est aussi perçue comme une souffrance, un travail au forceps chez certains auteurs comme  Flaubert. La difficulté à trouver les mots, le style qui rendent  compte de la pensée  avec exactitude et en vérité tourmente et désespère. L'essentiel ne peut pas être dit, selon Coetzee : « Nous ne savons pas ce que nous voulons dire ».

         « Hurler sans bruit » (M.Duras) tel est peut-être le destin de l' é-cri-vain ("les cris vains").

      Pour Métaphores, JD

 

      

 

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02 février 2015

Résumé du Cercle Littéraire du 05/02/15 : Camus

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Le cercle littéraire du jeudi 05 février 2015 animé par Janine Delaitre s'est tenu au Pub-Restaurant "Chez Pierre", 14 rue Barthou (Pau) sur le thème suivant :

 L'absurde, la révolte et l'humanisme - Albert Camus

Présentation et résumé de la soirée :

1) Présentation

     « Écrire, ma joie profonde ». Qui aurait pu imaginer que le petit garçon d'un quartier pauvre d'Alger,orphelin d'un père tué à la guerre de 14 et fils d'une mère analphabète se verrait un jour consacré par un prix prestigieux entre tous , le Prix Nobel de Littérature, et deviendrait une des voix les plus marquantes du XX°siècle ?

       C'est par le journalisme qu'Albert Camus entra en littérature . Très tôt, s'affirment le combat contre l'injustice, et le besoin de donner la parole à ceux qui n'ont pas accès aux mots. A travers l'écriture de romans, de pièces de théâtre et d'essais , il poursuit une quête inlassable , ponctuée d' interrogations simples mais fondamentales : ses personnages dévoilent ses inquiétudes face au mal, à la souffrance, à la mort. De Meursault, l'énigmatique « étranger » au docteur Rieux pour qui l'essentiel est de « bien faire son métier »  en passant par Clamence, taraudé par le remords, Camus questionne inlassablement l'existence humaine, absurde, mais dont le sens est à construire.

      Cependant, si l'œuvre de Camus incarne et analyse tour à tour ces inquiétudes, elle célèbre aussi la beauté du monde, le soleil, la mer, la joie d'être et les noces avec le monde. « Pensée de midi » qui dissipe les brumes de la peur.

        Quelques œuvres majeures de CAMUS :

des romans : L'étranger La peste  La chute, Le Premier homme (oeuvre posthume et autobiographique)

des essais : Le mythe de Sysiphe, L'Homme révolté

des pièces de théâtre : Caligula, Le malentendu, Les Justes

Lettres à un ami allemand

Des articles de journaux, en particulier La profession de journaliste et le texte de son discours à la réception du Prix Nobel Discours de Suède. 

II) Résumé

             Le Cercle littéraire consacré à Albert Camus a débuté sur l'évocation des divers visages de cet auteur: l'homme de théâtre, le romancier, l'essayiste, l'intellectuel engagé. La discussion s'est ouverte sur la position de Camus dans la Guerre d'Algérie: son attachement à sa terre natale, son désir de justice lui ont fait envisager une solution qui ne léserait aucune des deux communautés, et ont motivé ses appels à la paix. Le film "Loin des hommes" de David Oelhoffen librement inspiré de la nouvelle L'Hôte, tirée de "L 'Exil et le Royaume" reflète d'ailleurs ces préoccupations.

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       Cette question, ainsi que la divergence sur l'attitude à adopter face à Staline et à l'URSS, a alimenté le conflit avec Sartre. Les "Lettres à un ami allemand" rappellent l'importance de la tolérance et le choix de valeurs centrées sur l'homme.

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        Cela  conduit le groupe à s'interroger sur l'humanisme revendiqué par Camus comme réponse à l'absurde et manière d'être au monde pour l'homme révolté . Est défendu cet engagement, fraternel et solidaire, parfois sous-estimé : on rappelle les formules assassines: "morale de boy-scout" ou encore "morale de la croix rouge ". Or, devant le scandale de la souffrance, qui s'éprouve et ne se raconte pas, celle ajoutée par l'homme à l'ordre du monde, il faut agir et combattre inlassablement.
       Comment interroger la pensée de Camus aujourd'hui ?  L'humanisme est-il mort ? Dans le vide du sens et de l'existence, il s'agit de penser autrement le rapport avec nous-mêmes. L'homme doit trouver une norme non auto référencée pour vivre. On ne peut pas sortir de l'humanité, mais il devient indispensable de reconsidérer la place de l'homme dans le monde.
        L'influence de la pensée philosophique de Camus est éclairée par ses combats ; il n'est pas un philosophe au sens traditionnel du terme, il ne conceptualise pas beaucoup. Cependant, c'est un grand penseur, qui donne à penser : Il reste une figure majeure de l'intellectuel engagé. 

     JD   

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