07 avril 2017

ATELIER-PHILO mercredi 24 mai : esclaves de nos désirs ?

Atelier-philo 2

Le prochain Atelier-Philo (activité libre et gratuite) se tiendra le mercredi 24 mai au café-restaurant le Matisse (Pau) à 18h45. Nous sommes heureux d'accueillir à cette occasion Pierre Bernet, docteur en philosophie, spécialiste de Hegel et professeur pour aborder la question suivante : 

Sommes-nous esclaves de nos désirs ?

La soirée, animée par Timothée Coyras, philosophe, sera l'occasion de faire dialoguer dans un premier temps deux approches philosophiques différentes, celle de Spinoza et celle de Hegel. 

 

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Après une présentation problématisée des thèses et des enjeux, la discussion s'engagera avec le public. Nous ferons une pause apéritive au bar à mi-parcours (consommation non obligatire). Fin de l'activité vers 21h.

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05 novembre 2016

Résumé Café-philo du 13/12/16 - Du désir sans objet ?

CAFE-PHILO (2)

Le Café-philo du mois de décembre s'est tenu le mardi 13 à 18h45 au café Le Matisse (clic) à Pau (17 rue Lalanne, face au musée des Beaux-Arts). Le sujet voté par le groupe présent fut : 

Un désir sans objet est-il concevable ?

Résumé :

 1) Spontanément le désir se spécifie par l'objet : désir de...et la société contemporaine n'est pas en reste pour fournir d'innombrables objets à convoiter, dans le jeu infini d'un miroitement sans précédent dans l'histoire. Société de l'Objet pourrait-on dire. Mais à un niveau plus profond le même problème surgit : je désire être aimé, être reconnu, admiré - autant d'objets", immatériels, imaginaires ou symboliques. Ou bien je désire l'amour de ma partenaire, je désire son désir. Toujours on désire "quelque chose", alors même que nous savons pas au juste ce que nous désirons, au delà de l'objet identifiable et nommable. Le désir ouvre sur un espace infini, que rien ne semble pouvoir combler. C'est du moins l'approche classique de la question. Le sujet, à l'inverse nous propose une direction insolite : un désir qui ne se suspend pas à la représentation d'un objet, qui ne se définit pas par lui, qui l'excède ou le précède.

 2 ) Première proposition : le désir naît d'un manque, s'élance vers un objet supposé apte à combler ce manque de manière à obtenir la satisfaction. On se demandera toutefois si cette position ne rabat pas le désir sur le besoin : la soif, la faim etc qui, en effet, relèvent de cette analyse. Mais le désir n'est pas le besoin. L'objet du désir est moins circonscrit, moins immédiatement naturel, plus fluctuant, mobile et quasi indéfinissable. De plus il se déplace constamment (métonymie) ce qui crée une sorte de "folie" du désir dont se moquaient les auteurs de l' Antiquité : insatisfaction, démesure, errance, pusillanimité. Le sage se définissait par l'aptitude à se tempérer, donc à contrôler la mécanique du désir.

 3) Pour avancer il apparaît nécessaire de préciser ce qu'on entend par désir, même si chacun voit fort bien de quoi on parle : certains proposent une définition élargie, moins psychologique. Elan vital, force vitale, énergie de vie, effort pour persévérer dans son être, mouvement : le désir serait la manifestation spontanée de l'énergie, dont le défaut entraîne la stase dépressive. Vivre et désirer seraient quasiment synonymes. Selon cette perspective le désir ne naîtrait pas de la fascination de l'objet, mais serait en quelque sorte antérieur, principiel, bien qu'invisible, et se manifesterait clairement lors de la rencontre de l'objet. Spinoza : " ce n'est pas parce qu'une chose est belle que je la désire, mais c'est parce que je la désire qu'elle est belle". Je suis désirant de par ma nature d'homme, et ce désir se manifeste en créant le désirable, selon la logique seconde d'un "kairos" - l'occasion favorable, la bonne rencontre.

 4) Plusieurs personnes insistent sur le fait que le désir ne consiste pas seulement à cueillir les beaux objets offerts par la nature ou la société, mais bien davantage dans la capacité de créer ce qui n'existe pas encore - ce qui tendrait à prouver une antériorité du désir sur l'objet. C'est la logique de l'art, au sens étendu du terme. comme si l'homme ne pouvait se satisfaire de ce qui est et qu'il exprime davantage son essence en créant ce qui n'est pas encore : homo faber, homo estheticus. C'est aussi le cas des grandes réalisations culturelles qui font jaillir de nouvelles images et pensées de par le monde. L'objet n'est pas donné, il est toujours à venir...

Café-philo du 13 12 16

 5) Suit un débat sur la difficulté d'obtenir une véritable satisfaction : que d'objets décevants ! Que d'objets si vite obsolètes ! Même dans l'activité artistique, si pleine, si intense, si expressive  comment ne pas expérimenter une forme de "ratage fécond" qui n'est pas exactement un échec, mais une sorte d'impossibilité structurelle : même dans l'oeuvre la plus belle il reste "un quelque chose" qui n'est pas dit, ou mal dit - qui nécessite la relance, et une autre oeuvre, à l'infini. Cette inadéquation semble constitutive, non seulement de l'oeuvre d'art, mais de l'existence humaine en tant que telle. L'objet fascine et se dérobe : vertige du désir.

 6) "Cet obscur objet du désir " - obscur parce qu'il n'y a pas de science du désir, pas de savoir concluant et décisif, ce que chacun peut découvrir en soi-même, pour peu qu'il accepte de s'observer lui-même. Le désir vient et part, et revient, furet indéfiniment déplacé. On peut décider de courir à l'infini, et comme Don Giovanni dans Mozart, accumuler les conquêtes, ou les échecs. On peut aussi prendre acte de cette béance structurelle, la considérer comme définitive et sans remède, et de là, réduire les désirs, désidéaliser les objets et opter pour une certaine simplicité : "non plus quam minimum" (Lucrèce) mais de ce minimum faire oeuvre de beauté.

 7) L'objet est-il cause du désir ? Ce n'est pas si sûr. Peut-être n'est-il que le support plus ou moins illusoire d'une démarche de vivre et de créer qui elle n'est pas illusoire. 

Pour Métaphores,

Guy Karl

 

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29 septembre 2016

Résumé du Café-philo du 08/11/16 Echapper à l'aliénation ?

CAFE-PHILO (2)

Le Café-philo du mois de novembre s'est tenu le mardi 08 à 18h45 au café Le Matisse (clic), face au Musée des Beaux Arts, 17 rue Lalanne à Pau. 

Le sujet proposé et choisi par l'assemblée présente fut :

Peut-on échapper à l'aliénation ?

Résumé de la soirée : 

 Avant tout nous tenons à remercier le patron du Matisse pour l’accueil chaleureux qu’il nous a réservé. La soirée fut très agréable et riche d’enseignements.

 1)   Si l’on se propose d’échapper à l’aliénation c’est qu’elle est supposée première, en quelque sorte « naturelle », posée comme une condition initiale de l’existence, de laquelle on serait invité à se détacher pour affirmer la liberté. Avant de répondre en décidant que la chose est possible ou non, il faut creuser plus avant la notion d’aliénation, et voir si ce terme rend compte ou non de cette situation initiale qu’il faudrait dépasser.

 2)   Il y a beaucoup de situations d’aliénation, éducatives, familiales, politiques, économiques, idéologiques mais quelle est la structure qui donne l’unité à ces champs ? Le groupe hésite sur les rapports entre dépendance, addiction et aliénation. Quand suis-je aliéné ? L’étymologie est convoquée : alius, autre ; alienus, étranger. Le sujet est aliéné quand il perd la jouissance de son être propre, qu’il devient autre qu’il est, étranger à soi-même, à son désir fondamental, qu’il se soumet par choix ou par contrainte à une force étrangère qui le dépossède de soi. On pourrait distinguer entre aliénation consentie (structures passionnelles) et aliénation imposée (comme dans les régimes autoritaires) ? Dans les deux cas la liberté et l’affirmation de soi sont gravement compromises.

 3)   La pire situation est celle de l’aliénation mentale : c’est ainsi que l’on qualifiait autrefois la psychose. Le psychiatre s’appelait alors l’aliéniste.

 4)   On remarque à ce moment-là que tout système social et politique, fût-il même relativement démocratique, ne va pas sans une sorte d’aliénation fondamentale, le citoyen renonçant à sa liberté de nature pour consentir à l’ordre commun, s’y plier en respectant la loi. Plus encore : il accepte de se ranger au langage commun (les mots viennent à lui du dehors) pour y exprimer son être, encore que manifestement cette expression soit en quelque sorte tronquée par les lois du langage et le devoir de se communiquer par la parole. Lévy-Strauss remarquait qu’en somme chacun a le choix virtuel entre l’aliénation langagière et l’aliénation psychiatrique. Mais il faut ajouter que l’aliénation langagière n’implique aucune pathologie, à la condition que le sujet, dans une langue qui s’impose à lui au départ, puisse parvenir à une expression subjective, « poétique » par laquelle il pourra affirmer sa singularité.

 5)   A la rigueur on distinguera entre aliénations passives, subies, et aliénations positives : j’accepte de me ranger sous une autorité le temps d’en retirer des enseignements, pour regagner ma liberté au plus vite. En ce sens toute formation impliquerait un certain degré d’aliénation : on en voit aisément le danger, comme chez ces artistes qui se mettent à l’école et finissent par perdre leur originalité propre.

 6)   Pour échapper à l’aliénation il faut une prise de conscience : je m’aperçois que j’étais esclave, enfermé dans une structure qui à présent m’apparaît insupportable. Je romps. Analyse rétrospective : pourquoi me suis-je laissé enfermer ? A quels besoins répondait cet enfermement ? Qu’y ai-je gagné ? Qu’y ai-je perdu ? Je vois que je me suis soumis à la dictature de l’image : celle que les autres avaient de moi, celle que je tenais pour véridique et qui n’était que d’illusion.

 7)   Il faut la prise de conscience, le travail d’analyse, et souvent aussi le heurt ou les heurts du réel, par lesquels je peux m’apercevoir que je faisais fausse route. Le détachement se fera par un acte signifiant qui consomme la rupture.

 8)   Le groupe évoque longuement des tentatives de solitude volontaire (Thoreau, Into the Wild) en se demandant dans quelle mesure ces échappées dans la nature permettent une désaliénation : si l’on n’y trouve pas la mort il faudra bien revenir, et alors comment concilier liberté et aliénation sociale ? C’est bien notre problème à tous : vivre en société, travailler, éduquer nos enfants, avec tous les risques de nous perdre, et tenter de préserver pourtant un espace de liberté subjective, une dimension créatrice. Il  faudrait après ce débat s’interroger sur les possibilités d’une autonomie qui ne soit pas du semblant.

Pour Métaphores, GK

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06 décembre 2015

Résumé du Café-philo du 12/01/16 - Penser - créer

 

Café-philo

Le café-philo s'est tenu le mardi 12 janvier 2016, 18h45 à La Coulée douce -Cité des Pyrénées (29 bis rue Berlioz) à Pau. Comme d'habitude, un vote démocratique a décidé du choix du sujet à partir des questions, propositions, citations que les participants ont proposé. Le sujet du jour fut :

 

"Penser empêche-t-il de créer ?"

 

Résumé de la soirée : 

1)      Qu’est ce qui empêche de créer ? Il y a bien sûr les données externes, dictature politique, par ex – et les conditions internes, psychologiques ou intellectuelles. L’artiste aura peut-être une méfiance toute particulière vis-à-vis d’un excès de pensée. Trop penser empêche de faire. En particulier l’excès de culture, d’érudition, de savoir peut stériliser la source vive de la création, qui suppose un abandon relatif à l‘imagination,  au hasard (« laissez venir à moi les mille hasards » Nietzsche) ou à ce que l’on appelle un peu vite l’inspiration.

 2)      Le groupe insiste alors sur la variété des formes de création, dont l’art n’est qu’une modalité particulière : innovation technique, invention de théories scientifiques, créativité personnelle dans la vie publique et privée. Mais alors créer, c’est quoi ? Suffit-il de désirer, de vouloir ? Il apparaît bien vite que la création est l’aboutissement d’un processus complexe où le travail, l’effort, la persévérance, l’analyse, la réflexion, voire la culture ont joué un rôle indispensable. Les grands créateurs sont de grands travailleurs, mais dans un sens très spécial.

 3)      Vient alors un moment un peu miraculeux où plusieurs personnes – des créateurs justement – évoquent leur expérience : longue gestation, longue préparation où la pensée joue un rôle déterminant, puis, soudain une sorte de «  suspension », où l’on se jette à l’eau, arrêtant de penser, et se confiant au mouvement intérieur, à ce qui émerge des couches profondes de l’inconscient, où la non-maitrise s’accompagne de la plus vive attention au surgissement. Créer, cela serait peut-être réfléchir longtemps avant de se jeter corps et âme dans les eaux tumultueuses de l’inconnu.

 4)      Après la pose la réflexion se retourne une nouvelle fois pour interroger la signification du penser. Toute pensée se fait, au départ dans une culture donnée, un contexte, un espace mental saturé de significations et de préjugés. D’où la nécessité impérieuse, pour qui veut penser et créer (pour une fois les voilà liés dans la même démarche) de commencer par un travail de critique, de démontage, voire de destruction : détruire et créer seraient les deux faces d’un même processus. Il faut se donner de l’espace, du champ, de la liberté, pour accéder à sa propre source, à sa propre vérité.

 5)      C’est ainsi que nous parvenons à une idée plus précise de la création : un processus complexe, qui mène le sujet à une meilleure appréhension de sa vérité intérieure, grâce à quoi il peut faire apparaître quelque chose qui avant lui n’existait pas dans la réalité. Vérité et innovation.

                   Pour Métaphores, GK

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