05 janvier 2019

Résumé - Atelier-philo - 30/01/19 - Blaise Pascal, penseur des limites

Atelier-philo 2

L'Atelier-Philo du mois de janvier s'est tenu le 30 à 18h45 au Dimanche à la campagne (Pau) autour du sujet suivant :

Les limites de la condition humaine

 

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"De Blaise Pascal, penseur, écrivain, savant et inventeur autant protéiforme que génial du XVIIè Siècle, nous avons gardé en mémoire quelques formules devenues des adages célèbres : "le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas", "vérité en-deça des Pyrénées, erreur au-delà", c'est comme une "seconde nature", etc. Du savant, on retient souvent la première machine à calculer (la pascaline conçue à 19 ans, réalisée à 22 ans), ses recherches sur le vide en physique et sur l'infini en mathématiques, avec toutes les conséquences imaginables qu'elles ont entraînées. De l'homme de foi, on retient aussi son fameux "pari" et ses réflexions sur les limites de la raison : "Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison" note-t-il dans les Pensées.
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Par ailleurs, Blaise Pascal est aussi un penseur singulier de l'existence dont l'approche est parfois qualifiée de tragique. En effet, les hommes s'appliqueraient à se détourner de leur condition, à se masquer leurs propres limites et leur place au sein d'un univers infini. C'est entre autres choses sur ces points que nous nous interrogerons en présentant d'abord quelques aspects saillants de sa pensée, puis en débattant sur quelques orientations proposées au public." DP
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         La soirée fut animée par David Pourille, philosophe de formation, président de l'association Métaphores ; une lecture et un commentaire littéraire d'un passage des Pensées furent proposés par Janine Delaitre (professeure agrégée, animatrice du cercle littéraire). 
Résumé de la soirée :

Pascal, penseur des limites et de la condition humaine

En résumé, Blaise Pascal est un mathématicien et un physicien qui à l’issue d’une conversion spirituelle a cherché à « rendre aimable » la religion chrétienne dans une œuvre inachevée que l’on a intitulé les Pensées. Chrétien qui ne défend ni n’admet aucune preuve de l’existence de Dieu, il cherche les traces d’un Dieu caché. Sa pensée s’origine dans son époque : Montaigne, Descartes, l’influence de Saint Augustin et surtout, les mathématiques et la révolution scientifique ouverte par Galileo Galilée. Cette pensée se développe selon trois ordres (la chair soit le monde, l’esprit soit la science, et la charité soit la vie spirituelle) et c’est l’examen du premier ordre qui dessine, scrute, « désembrouille » la condition humaine.

Voici donc ce premier ordre, celui de la condition humaine : l’homme, dominé par ses libidos (désirs de sensation, de curiosité et de domination), adhère aux produits de son imagination, il les prend pour des vérités ; et lorsqu’il pense, tourne son regard vers les choses, il ne cherche que ce qui lui convient, écartant le reste. Incapable de vivre en repos, au présent, il se divertit afin de ne pas penser à sa condition « misérable » de mortel. Sa contingence, ses limites, sa vulnérabilité ? Son moi cherche à les écarter, les cacher aux autres comme à lui-même. Et ce moi ira jusqu’à tyranniser les autres « comme » pour se « venger » d’avoir été mis à découvert ; c’est pourquoi il est haïssable. Enfin, le corps politique auquel il appartient est aussi un « embrouillement » de faux-semblants où règne la force plus que la justice.

Reste-t-il une possibilité de bonheur, introuvable dans le premier ordre, dans le second ? La philosophie, l’antique du moins, n’invitait-elle pas à accéder à la sagesse ou au bonheur grâce à la connaissance ? Là encore, il n’y a pas de faux espoir à poursuivre. La raison peut chercher à embrasser l’univers, le Tout ; elle peut vouloir se faire juge de tout, elle est engloutie par l’infiniment grand et l’infiniment petit. On ne peut accéder qu’à des « régions » toutes relatives de savoir ; nulle vérité absolue et définitive. Et il n’existe pas de premiers principes sur lesquels se fonder : « tout craque ».

Reste-t-il à se réfugier en Dieu ? A y trouver tout le réconfort pour une conscience qui perce les illusions de la condition humaine et des ambitions inaccessibles du savoir humain ? Ni les preuves (impossibles) de l’existence de Dieu, ni un Pari (souvent mal compris) sur son existence ne conduisent à lui. « C’est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Dieu sensible au cœur, non à la raison ». Blaise Pascal ne développe pas de théologie. Il veut conduire à Dieu par une conversion du cœur, sans certitude que l’on y parvienne.

Une manière de penser de Blaise Pascal.

Sans souci ni désir de système, Blaise Pascal organise ses réflexions, constats et critiques selon trois ordres : l’ordre de la chair, l’ordre de l’esprit et l’ordre de la charité. Au premier, qui correspondrait à notre vie pratique, en société, il associe les gens de pouvoir, d’action ; celui-ci est dominé par la concupiscence, ou la libido sentiendi, le désir de sentir, posséder et jouir. Au second qui correspondrait à la vie intellectuelle et surtout scientifique, il associe les curieux et les savants ; celui-ci est dominé par une autre libido, - sciendi, le désir de savoir. Au troisième qui correspondrait à la vie spirituelle ou religieuse, mais aussi à la vie affective, il associe les sages et les orgueilleux ; celui-ci est dominé par une troisième concupiscence, la libido dominandi, le désir de dominer.

 La condition humaine selon Blaise Pascal

Ceux sont donc les trois libidos qui dominent nos vies, et c’est tout ce premier ordre qui dessine la condition humaine. Car en chrétien largement inspiré par l’augustinisme (du théologien Saint Augustin d’Hippone), il considère que l’Homme (et donc la Femme aussi…) a chuté, il est tombé de son lieu originel : soit la proximité avec Dieu (métaphoriquement ou mythologiquement intitulé « Jardin d’Eden ») ; et considère qu’il vit depuis sous le pouvoir des concupiscences (les trois libidos). « La concupiscence et la force sont la source de toutes nos actions ».

L’homme veut posséder et s’approprier sans légitimité les choses : « Ce chien est à moi », disaient ces pauvres enfants. « C’est là ma place au soleil. » Voilà le commencement et l’image de l’usurpation de toute la terre ». Cette usurpation est sans doute le fruit de notre imagination car nous nous attachons comme des dupes aux symboles que nous créons, aux signes extérieurs de richesse ou de puissance, aux costumes, aux uniformes, etc. : « C’est cette partie dominante de l’homme, cette maîtresse d’erreur et de fausseté, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours, car elle serait règle infaillible de vérité, si elle l’était infaillible du mensonge. Superbe puissance ennemie de la raison. (…) Qui dispense la réputation, qui donne le respect et la vénération aux personnes, aux ouvrages, aux lois, aux grands, sinon cette faculté imaginante ? ».

A cette imagination s’ajoute la volonté qui domine l’esprit ; il s’agit ici de ce que la psychologie cognitive appelle aujourd’hui les biais de confirmation : « Les choses sont vraies ou fausses selon la face par où on les regarde. La volonté qui se plaît à l’une plus qu’à l’autre détourne l’esprit de considérer les qualités ce qu’elle n’aime pas voir ».

Nous allons jusqu’à nous attacher à l’inessentiel, écartant l’essentiel. De plus, nous sommes détournés, non par des forces extérieures, mais par nous-mêmes. Détourner de quoi ? De notre propre condition. Nous vivons dans le divertissement, et nous ne pouvons pas l’éviter. C’est l’un des thèmes majeur et transversal des Pensées : « Mais quand j’ai pensé de plus près et qu’après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs j’ai voulu en découvrir la raison, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective et qui constitue dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près ».

Plus qu’une occultation des choses tristes, de faits attristants, de l’issue de la vie qu’est la mort, par des occupations multiples, par nos divertissements, c’est toute la condition de mortel dont on veut se détourner par le divertissement. Car l’homme est misérable, même s’il est grand de se connaître misérable, de connaître sa misère par la pensée qui fait sa grandeur. La condition humaine se caractérise ainsi : un homme mu par ses désirs, dominé par son imagination et ses affects (la volonté), se détournant de cette condition par les divertissements, incapable de se tenir au présent. Il s’ennuie, c’est-à-dire, au sens en usage au 17ème siècle, s’angoisse, se ronge douloureusement. « Rien n’est insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent, il sortira du fond de son âme l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir ».

Mais que reste-t-il de moi ? du moi ? - Le moi est haïssable, car il se fait centre de tout et veut asservir les autres. C’est un tyran. Il est plein de haine pour les vérités qui le blessent. Il veut se faire aimer et pour cela il couvre ses défauts aux autres. « Le moi est haïssable. (…) En un mot le moi a deux qualités. Il est injuste en soi en ce qu’il se fait centre de tout ; il est incommode aux autres en ce qu’il les veut asservir, car chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres ».

Et le corps social ? Le corps Politique ? Ne peut-on pas trouver un point de vérité dans la coexistence sociale ? - Le Politique est le règne de la force et non de la justice, de la domination et non de l’équité, de l’arbitraire et non du raisonnable, etc. « Il est nécessaire qu’il y ait de l’inégalité parmi les hommes. Cela est vrai, mais cela étant accordé, voilà la porte ouverte non seulement à la plus haute domination, mais à la plus haute tyrannie ». La tyrannie est la tendance à sortir de son ordre et à dominer, en usant le plus souvent de la force.

Existe-t-il au moins une justice ? - Non, c’est la force qui domine. « La justice sans force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique. Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste ».

Voilà donc ce premier ordre, celui de la condition humaine : l’homme, dominés par ses libidos (désirs de sensation, de curiosité et de domination), adhère aux produits de son imagination ; et lorsqu’il pense, tourne son regard vers les choses, il ne cherche que ce qui lui convient. Incapable de vivre en repos, au présent, il se divertit afin de ne pas penser à sa condition « misérable » de mortel. Sa contingence, ses limites, sa vulnérabilité, son moi cherche à les écarter, les cacher aux autres comme à lui-même. Et ce moi ira jusqu’à tyranniser les autres ; c’est pourquoi il est haïssable. Le corps politique auquel il appartient est aussi un « embrouillement » de faux-semblants où règne la force plus que la justice.

 La condition humaine ne trouve pas de refuge dans le savoir ou la connaissance.

Que pourra nous apporter le deuxième ordre, celui de la connaissance (l’esprit) ? Rien de plus stable, rien de plus clair et distinct.

La lecture roborative du fragment Disproportion de l’homme, par l’animatrice de notre Cercle Littéraire, Janine, et son analyse littéraire limpide a souligné que le fond de pensée s’accordait à la forme du style. Car si Blaise Pascal ne doute pas absolument des connaissances humaines (il est mathématicien et physicien), il en pose les limites. Nous sommes entre deux infinis : l’infiniment grand et l’infiniment petit. Effroyable condition oscillante. La raison n’y trouve qu’une place moyenne, instable, entre deux abîmes qui la dépassent et qui en modèrent les ambitions. Si Blaise Pascal est un mathématicien innovant, il cerne le caractère conventionnel et non nécessaire des mathématiques. Si Blaise Pascal est un physicien pionnier, il n’affirme aucune loi physique globale de la nature ni ne pose des fondements indubitables. Et si Blaise Pascal s’enquiert de Dieu, il ne développe pas de théologie, c’est-à-dire de discours rationnel et démonstratif sur Dieu.

 Dieu n’est pas l’issue immédiate de la condition humaine.

On pourrait imaginer qu’à l’issue d’un tel portrait de la condition humaine, Dieu ou la religion en général soient le refuge idéal d’une conscience malheureuse, cherchant le bonheur et la vérité partout et ne les trouvant nulle part. Mais Dieu est inconnaissable et indémontrable ; ce qui rend le refuge peu vraisemblable. Il est inconnaissable car il n’a ni étendue ni borne, alors que nous sommes dans l’étendue (c’est-à-dire l’espace) et que nous avons des limites. Et l’on ne peut accéder à Dieu ni spontanément ni par la raison. Blaise Pascal propose néanmoins deux voies : la lecture « déchiffrée » du Nouveau Testament et la conversion du cœur. Car « c’est le cœur qui sent Dieu et non la raison. Dieu sensible au cœur, non à la raison ». Mais là encore, il n’y a aucune certitude de trouver le salut. 

Le débat :

Comme souvent durant les ateliers, la longueur de la présentation de l’auteur et du thème a réduit le temps du débat. Avant la pause, le public a cherché à repréciser et clarifier certaines approches pascaliennes, comme le Divertissement. Face à cette pensée pascalienne « tragique », on préfère la diversion plutôt heureuse ou au moins plus gaie de Montaigne au divertissement de Pascal. Après la pause, plusieurs pistes sont abordées et c’est la question de Dieu et de la foi qui domine le débat. Dieu serait "une hallucination sonore" (Cioran), un idéal pour échapper à l’ennui, l’objet d’une recherche de perfection. Pour conclure, il faut revenir sur le soi-disant pessimisme de Pascal, auquel l’auteur de ces lignes et animateur du débat préfère le terme plus neutre de lucidité. Blaise Pascal serait un pessimiste s’il s’apitoyait sur cette condition insupportable de l’homme, s’il nous invitait à partager voire à développer les affects tristes qu’il met à jour (tristesse, ennui, chagrin, etc.). Or c’est l’inverse car si ces affects sont le lot de la condition humaine, celle-ci ne s’y réduit pas. Car enfin, comme l’a suggéré un participant, pourquoi faudrait-il s’accabler du fait qu’il y ait deux infinis et que la vie ne dure pas éternellement ?

Nous remercions vivement Janine Delaitre pour sa contribution active et éclairante.

Pour Métaphores, David pourille

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15 octobre 2018

Résumé Bedous-café-philo - 10/11/18 - La beauté peut-elle nous sauver ?

Bedous café-philo

Le Café-Philo-Bedous du mois de novembre s'est tenu samedi 10 novembre 2018 comme d'habitude au café L'escala à 18h en vallée d'Aspe (Bedous). Le sujet proposé et traité fut : 

 Le beauté peut-elle nous sauver ?

Résumé de la soirée : 

C’est Dostoievski dans L’Idiot qui fait dire au prince Michtine que “ la beauté sauvera le monde “. Mais de quoi aurait-elle à nous sauver ? et qu’est-ce que la beauté ? Quelle est cette expérience qui semble se distinguer de toute autre, nous laissant à notre contemplation  sans que nous puissions expliquer ce qui se passe. Si nous prenons un tableau comme “ l’enterrement à Ornans “ de G.Courbet, on peut m’expliquer qu’il est l’acte de naissance du réalisme et me dire pourquoi ; ce n’est pas pour cela que je ressentirai quelque chose alors qu’il n’en sera pas de même devant une oeuvre dont je n’ai jamais entendu parler. Nous pouvons alors nous demander ce que nous dit la beauté et à quoi parle-t-elle en nous ? Est-elle la promesse de quelque chose ?
 
    La première remarque qui vient à l’esprit est que la beauté ne semble rien à voir avec la raison . Nous sommes libres  face à ce ressenti et on n’a pas ici à avoir raison ou pas. C’est peut-être ce qui explique le besoin , comme s’il s’agissait de s’inventer une utopie. Cependant, on se demande quel est le sens du sujet. Cette idée de sauver l’homme semble étrange mais on remarque un paradoxe : pour l’un des intervenants , l’homme semble avoir besoin du beau (il nous fait du bien) et c’est comme si pourtant, nous étions entourés de choses laides(architecture des villes) et que nous l’acceptions. c’est comme si il y avait, en même temps, un refus de la beauté( un oubli ?) et que le beau n’arrivait pas à fédérer.
 
    On se demande alors ce qu’est le beau, qu’est-ce qui est beau ? Un idéal peut-il être beau  ? la lumière d’un raisonnement quand il nous amène à la compréhension ? Quel sens donner à l’expression “une belle personne” ou encore “une belle vie “ ? Et pourquoi certains vont trouver des choses belles et pas d’autres ? Quelqu’un observe alors que l’expérience esthétique a à voir avec l’émotion et que tant qu’on a des émotions, on peut prendre l’autre en compte et donc on peut vouloir sauver le monde ? Certes , mais si la beauté élève, l’émotion, elle, peut ne pas le faire...
Une idée semble partagée par tout le monde, l’expérience de la beauté bouscule les codes normatifs et nous interpelle quand nous sommes capables de la voir. Peut-être alors qu’elle peut être présente sans que nous la voyons et il faut envisager que l’on puisse se re-sensibiliser à la beauté.  L’expérience de la beauté serait alors une posture pas ordinaire par rapport à quelque chose qui le serait tout autant(extra-ordinaire). De même, l’expression “ une belle personne”  peut vouloir signifier ce qui nous tient et nous fait vivre et qui se montre dans cet être qui sort du lot. En ce sens ,elle nous révèlerait quelque chose, s’imposant à nous, nous surprenant sans que nous l’attendions. Mais que vient-elle alors nous révéler ?
 
 
       Elle nous prend comme par surprise, comme par magie( on oublie tout un instant) et ce , même si on se prédispose à la rencontrer quand on va dans un musée par exemple, Le Louvre étant vu par un des participants comme un temple. Il est alors noté que c’est un espace ouvert en nous qui permet cela et elle nous montre que nous sommes vivants en nous rappelant à notre humanité par l’effet qu’elle suscite, nous rassurant sur la nature humaine. Elle nous dit qu’elle n’est pas que mauvaise, quelle peut faire autrement que ce qui est. Cela est d’autant plus surprenant que nous ne savons pas pourquoi et c’est peut-être cela qui provoque cet effet, comme devant une merveille de la nature que personne n’a fait et qui cependant nous fait nous arrêter. Elle nous déstabilise dans notre façon d’être sur  l’instant et quelqu’un remarque alors qu’elle nous met hors du temps, comme si ce dernier semblait s’arrêter, ce qu’on appelle éternité.
 
   Quelqu’un revient alors sur  l’idée d’émerveillement et de magie et se demande à nouveau ce que cela touche en nous. Elle nous nourrit parce qu’elle a à voir avec la part spirituelle de l’homme et elle serait ce qui transcende la vie.Elle est alors comparée à un nettoyeur d’écran qui nous permettrait de voir autre chose ou autrement et si elle nous met en arrêt et nous hypnotise, c’est quelle touche au sacré (sans être religieux), à un mot qu’on n’utilise plus vraiment aujourd’hui, l’âme dont quelqu’un remarque qu’il fait penser à un autre mot, l’amour.On se demande alors si il y a du divin dans la beauté et si ce n’est pas cela qui nous ferait comme sortir de notre condition d’humains, comme une puissance qui nous appellerait à devenir autre ou plus, sur-hommes. L’homme est cet être incomplet qui trouverait dans cette expérience quelque chose, lui donnant étrangement l’impression qu’il a perdu quelque chose. Elle nous rappellerait notre aptitude à transformer, à transcender.
 
   A ce moment là, on remarque que parfois, face à une oeuvre, nous pouvons penser à celui qui l’a faite comme si elle pouvait faire lien, dépassant le cadre spatio-temporel. Il est aussi dit que peut-être, il y a du commun dans la beauté, comme une sensibilité commune, qui existerait  dans tous les peuples(ce qui nous lie à eux) et cela pourrait aider à rapprocher les hommes. C’est cette expérience partagée, cette universalité qui nous ferait nous rejoindre et pourrait alors  peut-être nous sauver.
 
   Enfin, revenant sur cette idée qu’elle dépend de notre capacité à la voir et des conditions requises,  quelqu’un se demande si elle ne doit pas être exceptionnelle. La verrait-on sinon encore? C’est parce qu’il y a de l’ombre que l’on voit la lumière. Cela fait penser à un poème de Garcia Lorca , dans lequel deux hommes sont sur un bateau; l’un dit : “ c’est beau !”, l’autre répond: “ j’ai faim”. Si elle nous appelle à une gratuité, comme quelque chose qui s’offre à nous, ostensiblement présente,  il faut alors donner la possibilité de la voir. Il n’est pas certain qu’elle puisse nous sauver( individuellement peut-être) mais en nous rappelant que nous pouvons avoir un rapport au monde libéré des préoccupations utilitaires, elle  peut nous faire entrevoir simplement la possibilité d’un salut. Parce qu’elle dit notre capacité à être encore étonnés, à prendre le temps, à accueillir l’inexplicable et parce qu’elle dévoile cette aspiration de l’humain au spirituel, il faudrait alors être plus vigilants face aux enfants et jeunes gens qui y sont sensibles. Elle serait un appel à autre chose(dépassement de soi) et c’est  vers cela qu’elle fait signe.
Pour Métaphores, Véronique Barrail

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02 février 2016

Résumé du café-philo du 08/03/16 : Animal et homme

 

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Le café-philo s'est tenu le mardi 08 mars 2016 à 18h45 au café associatif de La Coulée douce, Cité des Pyrénées, 29 bis rue Berlioz à Pau. Le sujet voté par l'assemblée présente fut : 

Quelle image nous renvoie l'animal ?

 

1)      On pouvait craindre qu’un tel sujet soit le prétexte d’un épanchement sentimental et  pathétique, chacun y allant de son expérience personnelle, entre la crainte, l’effroi ( animal comme objet phobique) et l’affection inconditionnelle (l’animal de compagnie, confident et soutien). Il n’en fut rien. On note en passant que nous flottons entre les deux extrêmes du sentiment : attraction et répulsion devant un « autre » irréductible à nos catégories de pensée. L’animal n’est pas l’homme, et pourtant il éveille en l’homme le sentiment d’une certaine communauté, celle du vivant, de l’appartenance commune à la nature, dont par ailleurs l’homme se prétend détaché. En témoignent abondamment les innombrables représentations artistiques où l’animal figure le sacré, voire le divin, avant qu’une conception moderne et rationaliste ne tranche entre les deux règnes, reléguant l’animal dans un ordre inférieur.

2)      Dans un second temps le groupe énonce les obstacles qui empêchent de penser correctement l’animalité : l’anthropocentrisme qui nous pousse à attribuer à l’animal nos propres catégories, par quoi l’image que nous en avons est un reflet narcissique et tronqué, l’idée de supériorité qui justifie l’exploitation et la domination, la vieille idéologie selon laquelle l’homme est le sens et le but ultime de la création, et enfin les conceptions mécanistes (Descartes) qui réduisent l’animal à une machine. Mais nous savons aujourd’hui qu’il y a une sensibilité animale, voire une organisation d’une complexité admirable et de fort subtils échanges intra-spécifiques et extra-spécifiques dont nous pénétrons difficilement les arcanes par la science biologique et éthologique. En un mot l’animalité n’est pas réductible à quelque schéma simpliste, et cette énigme nouvelle vient redoubler l’énigme que les Anciens déjà avaient considérée.

3)      Retour : animal vient du latin anima, le principe vital. En grec Zoon, de zoè, la vie. L’animal c’est la figure du vivant (On pourrait en dire autant du végétal, mais le végétal, hormis quelques cultures rares au demeurant, inspire moins directement une image de ressemblance-différence avec l’homme). On peut dire qu’en tant que vivant l’homme ne diffère guère de l’animal – le biologiste en témoignera – il a des besoins, des pulsions, des fonctions comme lui, et comme lui il naît et meurt. C’est à cette part naturelle que l’animalité nous renvoie directement – part honnie souvent, refoulée et clivée par la culture, mais insistante et irréductible : l’animalité est notre « part maudite », du moins selon certaines traditions.

4)      Après la pause le sujet est plus explicitement traité : l’image que nous renvoie l’animalité c’est la diversité extraordinaire de la vie naturelle, c’est celle d’une longue histoire de l’évolution où nous occupons nous-mêmes une place (ambiguë – est-ce la dernière, la plus complexe, la plus menacée ?), et surtout d’une vie sans langage symbolique (précisons : non pas sans langage, l’animal communique effectivement et efficacement, mais sans langage symbolique, lequel est apte à produire des signifiants désignant les choses en leur absence). Ce qui nous fascine chez l’animal c’est peut-être l’image d’une vie sans langage symbolique – celle qui fut la vie de l’enfant « infans » (qui ne parle pas), donc celle de nos premiers mois-émois de notre vie, dont nous conservons sans doute une nostalgie indicible et inavouable (le refoulement primaire de Freud).

5)      L’homme, c’est le « zoon logon echon » d’Aristote : le vivant qui a le langage. Cette formule est remarquable car elle désigne clairement la double articulation de l’humanité, prise « zoologiquement » dans l’animalité, et y opposant le langage, lequel permettra l’édification d’un monde symbolique, politique, poétique, mythologique, par lequel il s’efforce d’échapper illusoirement à l’absurdité invincible de notre condition mortelle. En ce sens il faut revenir à penser l’animalité, par modestie, par humilité, pour développer la conscience d’être partie prenante de la vie universelle, de notre responsabilité planétaire. En un mot il y a une vérité dans l’animalité que la réflexion philosophique ne saurait  ignorer.

6)      A titre personnel je recommanderai la lecture du Mythe de Prométhée dans Platon : l’homme y est décrit comme l’ « oublié », le sans-ressources lors du partage des facultés vitales, et dès lors contraint d’inventer la technique pour survivre, puis le langage et l’organisation politique. Des travaux récents situent l’apparition du langage symbolique chez l’homo dit sapiens autour de – 70 000 ans.

Pour Métaphores, GK

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Pour en savoir plus sur l'activité, cliquez à gauche sur le lien qu'est-ce que le café-philo.

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09 janvier 2016

Résumé du Café-philo du 09/02/16 : Se passer d'un dieu ?

CAFE-PHILO

Le dernier café-philo s'est tenu mardi 09 février au café associatf "La Coulée douce", Cité des Pyrénées à Pau (29 bis rue Berlioz) à 18h45. Le sujet voté démocratiquement par les participants à la suite des propositions initiales fut :

A quoi faudrait-il renoncer pour se passer d'un dieu ?

 

Résumé de la soirée :  

1)    Question en tiroir, ou comme dans les poupées russes, un niveau en cache un autre : pour pouvoir se passer d’un dieu il faudrait préalablement savoir renoncer, mais renoncer à quoi ? La question ne porte pas directement sur le « dieu », sa nature, son existence ou son inexistence, mais sur ce fondement, ce socle invisible sur lequel la croyance est édifiée. On pourrait questionner : pourquoi voulez-vous croire, plutôt que : à quoi croyez-vous ?

2)    En fait tout le début de la séance est très naturellement consacrée à l’examen des termes, sans que la problématique puisse clairement émerger – ce qui est assez naturel, vue l’ambiguïté de la question. On remarque d’abord l’utilité politique de Dieu, garant de la loi, de l’autorité voire de l’ordre social. Voltaire : « Si Dieu n’existait pas il faudrait l’inventer ». La modernité a su pourtant se passer d’un fondement théocratique de l’Etat, en inventant le concept de « souveraineté du peuple ». Le dieu de la religion n’est plus indispensable au fonctionnement des démocraties modernes. En ce sens on peut se passer de Dieu, et des dieux.

3)    Nouvelle direction de recherche : la croyance apporte l’apaisement, le réconfort, la « chaleur », la sécurité, voire un sentiment de communauté. Y renoncer c’est faire l’expérience de la séparation, de la solitude, du « délaissement », se sentir jeté dans un monde de hasards, sans idéal ni boussole. Sans compter la question de la mort, qui donne un relief dramatique au destin de chacun. Peut-on dès lors renoncer à ce qui fonde (ou fondait jadis) l’existence ?

4)    Nouvelle direction : si le Dieu traditionnel de l’Occident a perdu de sa signification, on voit fleurir un panthéon baroque de dieux substitutifs : sportifs, personnages publics, idoles, gourous, sorte de kaléidoscope bariolé qui semble satisfaire certains besoins sociaux. Mais il y a des idéaux plus redoutables, des forces réelles qui déterminent la vie présente : l’Etat, la Justice, la Loi – et l’idole des idoles : l’argent. Formes dégradées du religieux, formes profanes qui contiennent encore en elles quelque chose de la puissance du sacré.

5)    Le sujet se précise lentement : l’enjeu, c’est l’autonomie. Comment accéder à l’autonomie du jugement, à la singularité personnelle si l’on consent à la soumission au Grand Autre, quelle que soit sa nature ? Donc qu’est ce qui fonde notre soumission, à quels besoins répond la soumission ?

6)    La fin de séance reprend l’articulation entre « renoncer » et « se passer de ». Pour se passer de quelqu’un (un père par ex) il faut d’abord avoir été en contact, avoir évolué à son côté. Lacan disait très justement pour qualifier la maturation du fils : « se passer du père - à condition de s’en servir ». S’en servir d’abord, s’en passer ensuite. Peut-être peut-on considérer l’histoire de l’humanité comme le long apprentissage de la liberté au contact des maîtres successifs, qu’il faut abandonner. Cet abandon, à son tour, suppose des renoncements, à la sécurité, à un certain bien-être infantile : tout le problème est de s’assurer, en échange de ces pertes, des gains réels et symboliques où s’expriment la liberté et l’inventivité.

Pour Métaphores ,  GK

 

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20 octobre 2015

Résumé du Café-philo du 10/11/15 L'humour, force ou faiblesse ?

Café-philo

           Le café-philo (activité libre et gratuite) s'est tenu le mardi 10 novembre 2015 à 18h45 au café associatif La Coulée douce (Cité des Pyrénées - rue berlioz - PAU).

Après un vote des participants, le sujet retenu a été : L'humour, force ou faiblesse ?

Résumé de la soirée :

1)      Nous commençons par situer l’humour dans la gamme comique, à côté du mot d’esprit, de la plaisanterie, de la dérision, du caustique, voire du cynique, tout en reconnaissant qu’il existe une spécificité de l’humour qui semble résister à tout effort de définition. L’humour permet une mise à distance, effectuant un pas de côté, par lequel le sujet se dégage de l’épaisseur, de la lourdeur des choses et des situations. Il y a dans l’humour un gain de légèreté, de souplesse, une sorte de respiration soudaine qui désarme le conflit, et sans le résoudre, le rend moins brutal. L’humour allège l’existence.

2)      L’humour s’oppose à l’esprit de sérieux, mais d’une manière très subtile. Car le sérieux n’est pas nié, ni refusé, au contraire rien de plus lucide que l’humour qui constate en vérité le caractère tragique de l‘existence (le fait de la mort, de la souffrance, du deuil, de l’absurde, de l’incompréhensible et du dérisoire) mais au lieu de se rouler dans le négatif, il en sort par le haut, encore une fois sans le nier, mais en déplaçant l’accent, en pointant une dimension de vérité sur le mode caustique ou léger, créant la surprise, ridiculisant l’esprit de lourdeur. « Je ne sais pas si Dieu existe, mais allez donc trouver un plombier le dimanche ! » (Woody Allen) 

 3)      L’humour a un certain rapport avec la vérité : il dit, mais indirectement, allusivement, en quoi il se présente comme un remède au tragique, tout en véhiculant la conscience tragique. Il serait « cathartique », c’est-à-dire de nature à opérer une purgation des passions tristes. A condition toutefois de ne pas dégénérer en posture, en système, ce qui en ruinerait les effets positifs, donc qui relèverait plus de la faiblesse de caractère que de la force.

 4)      Il faut une certaine force d’âme pour user librement et spontanément de l’humour, quand de toutes parts agissent les forces de la convention, de la retenue morale, de la bien-pensance. Dans l’humour en effet on peut voir à l’œuvre l’intelligence des situations, le plaisir de surprendre, le goût de provoquer, de dénoncer, qui confèrent un bénéfice de plaisir. Il faut une singulière force pour accepter de voir le réel en face, et, sans le nier, le « guérir » en le transposant : métaphore et poésie.

 

Pour Métaphores, GK

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14 juin 2015

Résumé du Cercle littéraire du 11/06/15 : Ecrire sauve-t-il ?

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Le Cercle littéraire (activité gratuite et libre) s'est tenu le jeudi 11 juin 2015 à 18h45 au Café suspendu (café associatif) à Billère (15 Rue Jeanne Lasansaa)  sur le sujet suivant (animation : Janine Delaitre).  

"Ecrire ne sauve jamais de rien" (Paul Auster)

                                        

       Cette réflexion de l'écrivain américain Paul Auster invite  les fervents lecteurs que nous sommes à nous interroger sur ce qui motive l'acte d'écrire. Ce constat, quelque peu désabusé, laisse à penser qu'écrire relève de l'exutoire, naît d'une blessure à jamais douloureuse. Mais il fournit aussi matière à discussion. En outre, le mot "écriture" suggère que nous, lecteurs, nous nous demandions ce que nous recherchons dans les oeuvres dans lesquelles nous nous  plongeons, quelles faims elles viennent combler (ou pas).

      Résumé de la soirée :

        Ce propos de l'écrivain  américain Paul Auster interroge sur les motivations de l'acte d'écrire. Cette affirmation péremptoire et désabusée révèle la perte d'une illusion: écrire pour se sauver, et pointe l'impuissance de l'écriture. A quels malheurs cherche-t-on à échapper ? Que cherche-t-on dans l'acte d'écrire ?

       Il apparaît d'abord qu'il s'agit d'un acte pour soi, acte de retrait qui paradoxalement dit le singulier,le subjectif  avec un outil commun. L'acte d'écrire n'est pas un acte social ;mais il n'est pas solitaire car se développe un dialogue avec soi. Il permet de mieux se connaître soi-même. On écrit parce que l'on cherche à combler un manque, dit Auster. L'urgence, la nécessité à écrire  apparaissent comme un besoin, un appel dont l'origine reste mystérieuse. Ce quelque chose qui pousse à fixer les pensées dans des mots ne se laisse pas saisir. En tout cas, l'écriture est un révélateur qui fait advenir l'écrivant à l'existence, éclaire sur soi .Cet acte est aussi un élément fondamental  de liberté, une affirmation de soi. Il remplit un rôle d'exutoire et de  catharsis. Façon d 'échapper à la folie, comme en témoigne  le texte  de Maupassant : Le Horla.

       Dans ce cas l'écriture soulage : « Je suis un être blessé », dit Auster. Il importe de se saisir de cet acte d'écrire pour ne pas se laisser écrire par les autres. Ecrire aide à penser et comme le note Clément Rosset : « Une pensée n'est véritablement pensée quà partir du moment où elle est écrite ».  L'écrit apporte plus de réflexion et diminue la violence dans le rapport à autrui. La figure de Robinson montre comment  l'écriture réintroduit la culture face à l'espace de la nature et au choc du réel.

      Pour qui écrit-on , seulement pour soi ?  Les avis divergent sur ce point. Besoin de partager la beauté, de coïncider avec le monde ? Le lecteur devient constructeur de l'oeuvre. L'altérité fonctionne comme support symbolique. On s'ouvre à l'autre. La singularité de l'écriture se dit dans son opposition à la parole : mouvement et stabilité en même temps, elle s'oppose à l'éphémère elle est signe, marque, repère. Mais l'écriture permet de retrouver une parole, celle de la mère par exemple dans le livre « Pas pleurer » de Lydie Salvayre. Si l'on se réfère à d'autres formes littéraires, la fiction romanesque  est une échappée belle dans l'imaginaire.

       L'écriture est aussi envisagée sous l'angle du geste:le traçage des lettres,révélation de la personnalité,soumis aux normes , parfois vécu comme castrateur avec le regard moralisateur de la société : les « fautes » d'orthographe, le jugement sur le style qui peut étouffer la créativité. Le plaisir de l'écriture passe par le  mouvement de la main, prolongement de l'esprit. Façon de dessiner les sinuosités de l'âme ; plaisir d'entendre le bruit de la plume sur le papier... Si ce temps de l'écriture apparaît comme une  jouissance, un moment de fête, elle est aussi perçue comme une souffrance, un travail au forceps chez certains auteurs comme  Flaubert. La difficulté à trouver les mots, le style qui rendent  compte de la pensée  avec exactitude et en vérité tourmente et désespère. L'essentiel ne peut pas être dit, selon Coetzee : « Nous ne savons pas ce que nous voulons dire ».

         « Hurler sans bruit » (M.Duras) tel est peut-être le destin de l' é-cri-vain ("les cris vains").

      Pour Métaphores, JD

 

      

 

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