17 juin 2017

Apéro-philo - 22/06/17 : L'argent a-t-il une odeur ?

Apero philo

L' APERO-PHILO (entrée libre et gratuite) du mois de juin s'est tenu le 22 à 18h45 à Pau au café restaurant Le Dimanche à la campagne sur le sujet suivant :

L'argent a-t-il une odeur ?

 

Résultat de recherche d'images pour "Odeur argent"

L'animateur et philosophe Guy Karl a proposé une présentation problématisée de la question d'une vingtaine de minutes et a proposé un plan d'étude pour la soirée.

Résumé à suivre.

Posté par metaphores 64 à 22:43 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

15 septembre 2016

Résumé café-philo du 11/10/16 : Vivre et se mentir à soi-même ?

CAFE-PHILO

Le café-philo de Pau du mois d'octobre s'est tenu le mardi 11 à 18h45 au café associatif La Coulée douce - Cité des Pyrénées (maison de la montagne) rue Berlioz. Un vote démocratique a décidé du sujet à traiter :

Peut-on, pour vivre, ne pas se mentir à soi-même ?

Résumé de la soirée : 

1)   Quel est le sens de cette question ? Celui qui parviendrait à ne pas se mentir à lui-même pourrait-il encore vivre dans la société telle qu’elle est ? Ou bien au contraire pourrait-il accéder à un vivre de meilleure qualité, même s‘il constate un écart significatif entre sa vie et celle des autres ?

 2)   Le groupe, dès l’abord, relève des présupposés dans la question : quel est ce soi dont il faudrait prendre connaissance ? Est-il possible de ne pas se mentir ? Pour mentir ne faut-il pas la connaissance préalable de la vérité ? S’il est facile de concevoir le mensonge à l’égard d’autrui, plus difficile est l’idée d’un auto-mensonge.

 3)   Une grande partie de la soirée va être consacrée à la définition du mensonge. Le mensonge est un acte de parole intentionnel qui consiste à dire quelque chose que l’on connaît soi-même comme étant faux. Celui qui découvre qu’on lui ment se sent dupé, blessé, trahi. Il y voit une rupture de la confiance, surtout si c’est l’œuvre d’un ‘ « ami ».

 4)   Peut-on se mentir à soi-même ? Là-dessus  les avis sont partagés et donnent lieu à des approfondissements considérables. On peut se mentir à soi-même en se cachant des vérités que l’on connaît par ailleurs, en se coulant dans des attitudes, des positions insincères , par conformisme, ambition, jeu, séduction, flatterie, peur, se laissant peu à peu prendre au piège, au mépris de son vrai désir fondamental. On se coule dans la toile que l’on a soi-même ourdie : mensonge social, voire existentiel, dont on serait à la fois la cause et la victime. La littérature explore abondamment des situations de ce genre. Un participant cite les Précieuses ridicules de Molière. D’autres des expériences vécues.

 5)   Il devient fort difficile de distinguer la part du refoulement, du déni, de l’illusion consentie et entretenue, et autres mécanismes de défense – du mensonge proprement dit. Le mensonge est intentionnel : puis-je délibérément décider de me mentir à moi-même ? La question n’est pas tranchée, peut-être ne le peut-elle pas. Si je me mens je sais que je me mens ? On n’en sort pas, sauf à admettre (c’est ma thèse) qu’il existe ici un clivage entre le conscient et l’inconscient : le conscient campe sur une position de dénégation, l’inconscient « sait » ce qu’il en est. Un enfant par exemple, qui a volé,  soutient qu’il n’a pas volé, il l’affirme avec tant de force qu’il finit par y croire : il se ment à lui-même. Mais inconsciemment il sait. La contradiction sera levée avec la reconnaissance du savoir refoulé qui revient à la conscience.

 6)   Quoi qu’il en soit, mensonge à soi-même, illusion, refoulement, piperie, « cacherie », dénégation ou déni, constatons que toutes ces stratégies participent de la difficile adaptation à la vie sociale, qui exige beaucoup de nous, et notamment une sorte d’hypocrisie institutionnelle : refoulement des pulsions, renoncements narcissiques, compétition, performance. Dès lors être vrai pour soi devient une tâche très difficile. Vivre, ce sera jongler avec les impératifs sociaux, tout en veillant à sauvegarder l’essentiel, le désir fondamental. En ce sens il est sans aucun doute urgent de ne pas se mentir à soi-même, en cultivant notre part singulière de vérité.

 Pour Métaphores, Guy Karl

 

Posté par metaphores 64 à 22:44 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,
27 mars 2016

Résumé Apéro-philo du 26/05/16 - émotion et rapport au monde

Apero philo

L' Apéro-philo (entrée libre et gratuite) du mois de mai s'est tenu le jeudi 26 à 18h45 au Café suspendu (café associatif) à Billère (15 rue Lasansaa) sur le sujet suivant :

 

Les émotions nous enseignent-elles quelque chose de notre rapport au monde ?

 

Guy Karl, philosophe, a engagé une réfléxion à partir d'une problématisation initiale d'une vingtaine de minutes avant de laisser le groupe s'emparer des enjeux proposés sous forme de plan d'étude. 

Résumé : 

1)       Le premier moment de la réflexion consistera à préciser la nature de l’émotion : mouvement (movere) hors de (ex) – hors de l’apparente unité et stabilité du moi. Quelque chose surgit qui dérange, affecte, trouble, en agréable ou désagréable, l’ordonnance intérieure. Joie, tristesse, colère, angoisse, effroi etc. L’émotion, surgissant, semble incontrôlable, irrationnelle. Je proposerai le mot grec « a-logos »pour la qualifier – ce qui déborde le logos, la mesure, l’équilibre, la raison.

 2)      L’opposition entre la raison et l’émotion (plus ou moins identifiée à la « passion, le « subir, la passivité ») est un thème classique de la philosophie. En général on considère que seuls l’entendement, la pensée logique sont en mesure de nous enseigner la nature des choses, l’émotion étant trop subjective, trop irrationnelle, trop immédiate, confuse et réactive pour nous délivrer un enseignement vrai. Mais cette conception rationaliste est trop étroite : elle néglige un aspect bien réel de la condition humaine. L’homme n’est pas seulement « sapiens » mais aussi « demens » (Edgar Morin). Tout le théâtre antique et moderne, toute la littérature romanesque se nourrit de cette irrationalité, et en montre le caractère indépassable.

 3)        Peut-être l’émotion est-elle utile. Dans la lutte pour la survie, la peur et la colère sont des agents dynamiques. Les émotions collectives jouent un grand rôle dans l’histoire, pour le pire et le meilleur. L’émotion se partage, se diffuse, crée des liens « pathétiques », contribuant à sa manière à la socialisation.

 

apéro-philo 26 05 16

 

 4)       Premier bilan : Selon une conception étroite on s’imagine que seule la connaissance rationnelle est vraie. N’est-ce pas un préjugé idéaliste ? Second point : on assimile l’émotion à une perte de maîtrise. Mais le logos est-il une maîtrise ou une illusion de maîtrise ? On aboutit de la sorte à une réévaluation de l’émotion, qui, pour être confuse, n’en est pas moins un témoignage poignant de notre rapport au monde.

 5)       Mais qu’est-ce que ce rapport au monde ? Quel monde ? Manifestement il s’agit moins du monde tel qu’il est – et dont ne savons rien –que du monde tel que nous le vivons, sentons et ressentons. Nous sommes au monde, dans le monde, « pris dans le monde » - et nullement des observateurs détachés, comme dans les sciences de la nature. Ce monde est celui de l’attachement vital, de la dépendance organique, de la relation immédiate ou médiate aux autres, celui de la vie partagée. C’est ici que l’émotion est présente, voire omni-présente, c’est ici que se modulent tous ces affects de haine, d’amour, de déception, d’angoisse, de peur et de colère. Evidence existentielle.

 6)         Remarquons que de ce « monde » nous ne savons pas s’il est vraiment extérieur à nous ( ?) ou s’il est la projection hors de nous du monde intérieur, qui colore, conditionne toutes nous perceptions, toutes nos représentations. Le déprimé voit tout en noir et gris. L’exalté voit tout grandiose. Le colérique « voit rouge ». C’est plus qu’une métaphore, c’est une expérience vécue. Comment expliquer les variations d’humeur, les accès de frénésie, les délires et autres altérations de la perception, qui déclenchent les plus formidables émotions, alors que le monde réel n’a guère changé ? Ces constats nous amènent à nous interroger sur la structure neuronale, le rôle des transmetteurs chimiques, sur la biologie du cerveau, mais aussi sur les pulsions inconscientes, les formations psychiques, les images et les fantasmes.

             En bref, l’homme est sujet aux émotions, sa raison n’est pas impuissante, mais moins puissante qu’il croit : il a bien affaire au monde puisqu’il y est immergé, mais il continue de ne pas savoir quel est exactement ce monde qu’il habite tant bien que mal, qui le fait naître, qui le nourrit et le détruit.

Pour Métaphores, GK

Posté par metaphores 64 à 15:56 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , ,
03 février 2016

Résumé de l'Apéro-philo du 24/03/16 : Les pathologies psychiques

Apero philo

 

L'Apéro-philo du jeudi 24 mars 2016 s'est tenu au Café suspendu (café associatif) à Billère (15 rue Lasansaa) sur le sujet suivant: 

          Les pathologies psychiques contemporaines    

 

La soirée fut animée par Guy Karl, philosophe.

Résumé :    

         Nous remercions chaleureusement le docteur Hourcadette, médecin psychiatre, pour sa présence remarquée, la qualité de sa présentation et la clarté de ses réponses aux nombreuses questions des participants. L’objet de cette soirée était triple : Renouer symboliquement le dialogue très ancien, mais fâcheusement distendu dans la modernité, entre philosophie et psychiatrie. Réfléchir sur l’incidence que pouvaient avoir sur la psyché les problèmes actuels de la société postmoderne : précarité, obsession de la performance, atomisation des individus, affaiblissement du lien social, désintégration de certaines structures traditionnelles etc. Cet état de fait génère-t-il de nouvelles pathologies (comme  les troubles borderline, la fibromyalgie, le stress etc) ou bien ne sont-ce là que des expressions nouvelles de pathologies bien connues et dûment répertoriées ?

 Enfin j’eusse aimer interroger le psychiatre sur la déontologie : quel est le rôle du psychiatre, de normaliser la déviance, de réduire la souffrance, de rééduquer, de rendre une certaine liberté de parole à ceux qui en sont privés par la maladie ?

 Dans un premier temps le docteur Hourcadette a présenté les grands traits de l’histoire de la psychiatrie, marquant les temps forts, les grandes avancées théoriques, avec, en parallèle, le rôle déterminant des découvertes médicamenteuses, qui ont permis un net soulagement de la douleur, voire des guérisons, parfois spectaculaires.

 Puis il dresse un tableau synoptique des pathologies «  classiques » pour s’interroger sur  ce qu’il en est des formes contemporaines, dont on peut se demander dans quelle mesure elles relèvent de phénomènes de modes, voire de classifications qui sont surtout le fait de laboratoires : c’est le médicament qui, d’une certaine manière, « crée » la maladie : si le patient régit favorablement à l’antidépresseur c’est qu’il est déprimé !

 Il n’est pas certain qu’il y ait vraiment de nouvelles pathologies, mais il est certain qu’il y a de nouvelles expressions pathologiques. Cette remarque nous invite à penser que la maladie en général est toujours pensée et diagnostiquée dans un contexte culturel voire politique, et que les classifications sont fort variables au fil du temps : exemples types, l’hystérie, déjà repérée par les Anciens, mais définie tout autrement que chez nous, la mélancolie, la manie (mania = délire), chaque époque apportant des précisions ou des remaniements conceptuels. Il ne faut surtout pas croire que les nomenclatures médicales sont intemporelles et inchangeables. Les problèmes de classification en psychiatrie sont réels, et il en résulte parfois un errement dramatique au niveau des prescriptions médicamenteuses.

 Reste que la France est la championne du monde en matière de consommation de psychotropes et dans le même temps très peu de malades réels sont réellement soignés !

 La soirée s’achève sur quelques réflexions déontologiques : le premier rôle du médecin est de réduire la souffrance (souvent plus pour l’entourage que pour le patient lui-même, qui n’a pas toujours conscience de son état, comme on voit dans les délires). C’est dire que le psychiatre répond à une demande sociale (l’ordre public). La question de savoir s’il peut contribuer à libérer le sujet de sa maladie, est restée en suspens .On rappellera cependant que le médicament ne suffit pas et qu’il faut recourir parallèlement à une forme ou une autre de psychothérapie.

       Pour Métaphores, GK

 

Posté par metaphores 64 à 12:48 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,