14 mars 2017

Manhattan-philo - 03/05/17 : Rêve et réalité

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo du mois de mai s'est tenu le 03 mai à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Animé par Timothée Coyras, professeur de philosophie, les 3 sujets édités ci-dessous ont été soumis au vote le soir de l'activité.  

Sujet 1 : Qu'est-ce qu'être courageux ? 

Sujet 2 :  Le rêve s'oppose-t-il à la réalité ?

Sujet 3 : Que peut-on espérer de la politique ?

 

Le sujet retenu à l'occasion de ce moment fort sympathique fut :

Le rêve s'oppose-t-il à la réalité ?

Résumé à suivre :

Manhattan-philo

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21 janvier 2017

Résumé du Café-philo 14/02/17 - L'enfance est-elle une erreur ?

CAFE-PHILO (2)

Le Café-philo du mois de février s'est tenu le mardi 14 à 18h45 au café Le Matisse (clic). Le sujet traité après propositions des participants et à la suite d'un vote fut :

L'enfance est-elle une erreur ?

1)    La problématique de ce sujet sera très difficile à cerner, et tout au long des débats, les intervenants se demanderont quel en est exactement l’enjeu. En effet, un enfant ne se demande pas si l’enfance est une erreur, seul un adulte, dans un regard rétroactif, peut juger après coup que l’enfance est une erreur. Mais pourquoi une erreur, si chaque humain est condamné à vivre l’enfance avant que de devenir adulte. L’enfance est nécessaire et inévitable, en quoi dès lors serait-elle une erreur ?

2)    L’adulte dira par exemple : l’enfance manque de raison, souffre d’un jugement immature, est porté à croire toutes sortes de fadaises et de chimères, de se plonger dans les fictions, les fantaisies, les contes, et de confondre le réel et l’imaginaire. S’agit-il d’une disposition naturelle, ou bien n’est-ce pas aussi l’effet de l’éducation familiale qui véhicule des histoires et des mythes, auxquels l’enfant est porté à croire ? Un participant signale que l’enfant peut faire preuve, par ailleurs, d’une singulière lucidité en posant les questions qui fâchent : pourquoi ceci, pourquoi cela, et pourquoi et pourquoi. En fait l’enfance n’est pas réductible à un jugement unilatéral.

3)    On évoque le caractère d’inachèvement de l’enfance, qui nécessite l’action éducative, formatrice, laquelle ne va pas aussi sans une certaine altération de sa nature. C’est ce rapport, qui est aussi un paradoxe, que le groupe va interroger : nature et culture, capacités natives et influences éducationnelles. Faut-il corriger l’enfant (attention : le mot a un double sens !) ce qui signifie qu’il est à dresser, dompter, instruire, comme si de nature il était paresseux, vicieux, « pervers polymorphe » - ou à l’inverse faut-il souplement l’accompagner  dans son développement ? Ici se heurtent les thèses et les auteurs, qui se partagent entre « réformateurs » et « accompagnateurs ». Pour simplifier : Kant et Rousseau.

Résultat de recherche d'images pour "l'enfance erreur"

4)    Suit une longue parenthèse sociologique et historique : le concept d’enfance est lui-même une donnée récente, du siècle de Rousseau, car auparavant l’enfance n’était pas vraiment considérée pour soi ; l’enfant était un adulte en miniature, très tôt mêlé à la vie civile et professionnelle. De plus on passait brusquement de l’âge enfantin à l’âge adulte. Le concept d’adolescence est lui aussi fort tardif, alors qu’il est aujourd’hui évident. Pour ces époques révolues, on peut dire qu’alors l’enfance était bien une erreur qu’il s’agissait de rectifier par l’éducation et la religion. Ce n’est plus le point de vue contemporain, qui donne parfois, à l’inverse, dans une sorte d’admiration béate de l’enfance, considérée comme « innocence », liberté, spontanéité, créativité. Autre mythe sans doute, qu’il importe d’interroger.

5)    Au total nous découvrons que la question posée n’a pas beaucoup de sens. En effet, il est moins question de l’enfance en tant que telle que des représentations que l’adulte s’en fait. Nous avons tous été des enfants, l’enfance est un moment de l’histoire personnelle, nécessaire et inévitable, qui en soi ne pose pas de problème. Le problème existe pour le parent qui éduque : considère-t-il son enfant comme un petit animal qu’il faut dresser, comme un pervers polymorphe qu’il faut redresser, comme une erreur de la nature, ou comme un accident fâcheux, ou comme un être en devenir qui a besoin de nourriture physique et psychique, de sécurité et d’amour, et qui, à ces conditions, peut se développer et accéder à une certaine maturité intellectuelle et psychique ?

6)    Je dirais volontiers que cette idée d’erreur est une invention de psychologue mal inspiré ou d’un philosophe grincheux qui a oublié qu’il était enfant que d’être homme.

Pour Métaphores, GK

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19 mars 2015

Résumé du Café-philo du 07/04/15 : doute, certitude, folie et vérité

Café-Philo

           

      Le café-philo s'est tenu le mardi 07 avril 2015 à 18h45 au bar le Van Gogh, 15 rue Latapie à Pau. Nous remercions Max pour son accueil sympathique dans son établissement et pour l'organisation des lieux tout à fait adaptée à la formule café-philo. Les participants ont proposé une dizaine de sujets qui ont fait l'objet d'un vote. Le sujet retenu et traité collectivement a été : 

"Si ce n'est pas le doute, c'est peut-être la certitude qui rend fou."

 

 

Café-philo au Van Gogh

Résumé de la soirée et des débats :

1 ) Qu’est ce qui « rend fou » ? Que signifie « rendre fou » ? L’expression évoque un brusque passage de la normalité psychique à un état de dérangement, de déréalisation, marquée par une conduite aberrante, asociale voire dangereuse. Entre la folie « douce » et la psychose avérée, toute une panoplie de singularités plus ou moins décalées, déviantes et irrationnelles.

2) L’énoncé prend le contrepied d’une conviction commune, selon laquelle la certitude est positive, confortable, gage de réussite, signe d’équilibre et de santé. A l’inverse le douteur est dévalorisé, suspecté de faiblesse, de versatilité, donc peu fiable. (Il faudrait faire un test d’embauche !). S’il est un fou, ce serait évidemment le douteur – et pourtant ! Qui des deux est le plus dangereux, le plus tyrannique, qui le moins capable d’évolution, de questionnement ? La certitude a ses inquisiteurs, ses fanatiques, ses croisés – le doute jamais.

3) Sous la carapace de la certitude peut-être se cache une incertitude fondamentale qu’on s’acharne à nier, forclore, dans un retournement, une compensation pathétique et mortifère. D’où l’extrémisme. La question devient : quel type d’investissement psychique est à l’oeuvre dans la certitude, quels enjeux existentiels, presque toujours inconscient ? C’est cette méconnaissance originelle qui conduit à la folie, folie du sens, folie de la foi, et chez certains, folie de la raison – car la raison elle aussi a ses fous !

4) Le doute serait-il donc mécaniquement exclu de cette problématique, gage de santé et de vérité ? Ce n’est pas sûr : on parle parfois de « folie du doute » lorsque le sujet va revérifier à l’infini s’il a fermé son appartement. « Hé quoi, ce sont des fous ! » dirait Descartes. Ce cas mis à part le doute a un rôle très précis dans la démarche scientifique, et le philosophe, épris de vérité, lui confère volontiers une dignité de méthode – mais rarement au-delà. En général il en circonscrit soigneusement l’usage, car il craint, évidemment, d’être emporté dans un tourbillon où se dissoudrait toute certitude. A l’arrière-plan sans doute, la crainte de basculer dans la folie du vide !

 5) Bilan provisoire : il y a la certitude qui rend  et il y a le doute qui rend fou – sauf à penser qu’ils n’en sont pas du tout la cause, mais le symptôme. La folie est déjà là, inscrite dans la structure du sujet, et elle se manifestera soit comme pathologie de la certitude soit comme pathologie du doute.

6) Le problème est relancé à un autre niveau : il faudrait réexaminer certitude et doute dans leur rapport respectif à la vérité.

La certitude est la conviction, accompagnée de raisonnements (plus ou moins rationnels ou délirants) de posséder et de dire la vérité, présentée ici comme un savoir indubitable. Mais la probité nous contraint à poser qu’en tel savoir ne peut rendre compte de son fondement, et qu’en toute rigueur le fondement est toujours inconnaissable : « la vérité est dans l’abîme « (Démocrite).

Si le doute se raidit  en position dogmatique il relève de la même contradiction. Ni le doute, ni la certitude n’ont de fondement indubitable. En s’examinant avec attention et honnêteté l’homme est amené à découvrir qu’il ne peut se prétendre possesseur de la vérité : « je sais que je ne sais pas ». Ou, comme écrit Montaigne « Que sais-je ? »

La vraie folie, folie des plus communes et ordinaires, est d’oublier cette « vérité du non-savoir » et de faire les importants. A défaut de vérité, et puisqu’il faut bien vivre, choisir, décider, on se contentera de conjectures raisonnables et indéfiniment amendables.

 Ce fut une excellente soirée, riche, chaleureuse, et de tonalité joyeuse et décontractée. Je tiens ici à remercier et à féliciter les participants qui ont témoigné avec verve d’une allègre inventivité philosophique !

Animation et synthèse : Guy Karl, modératrice : Nicole Karl.

 

 

         

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