12 février 2018

Résumé Cercle littéraire 28/03/18 : Lectures croisées

Cercle Littéraire

Le Cercle littéraire du mois de mars s'est tenu le 28 au Dimanche à la Campagne à 18h45 sur le thème suivant : 

Lectures croisées

Résumé de l'activité :

 

Mark Twain Cette maudite race humaine

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Cinq courts essais écrits par Twain à la fin de sa vie mettent à mal le complexe de supériorité de l'homme. Ces textes retracent la dégénérescence de la race humaine depuis un lointain ancêtre. De sa plume trempée dans le vitriol, l'auteur ne se prive jamais de s'en prendre aux Français! Causticité, humour grinçant au service d'un réquisitoire impitoyable mais si juste.

 

Sébastien Barry Des jours sans fin (Auteur irlandais) 2018

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Deux très jeunes hommes miséreux, venus l'un d'Irlande l'autre de Nouvelle-Angleterre, arrivent dans une ville minière sans femmes. C'est leur itinéraire que retrace ce roman depuis les cabarets où ils se produisent jusqu'aux scènes terribles de chasse à l'Indien et aux champs de bataille de la Guerre de Sécession . Des descriptions très dures, mais aussi des moments d'humour et de tendresse, la beauté foudroyante des paysages américains. Un roman génial, à découvrir absolument.

 

Patrick Grainville Falaise des fous 2018

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Ce pavé très documenté évoque le monde de l'art et de la littérature durant la période impressionniste et le début du XX° (1867-1927). Le narrateur, Charles, n'a jamais quitté Etretat et a côtoyé des artistes comme Monet, Boudin, Pissaro, Flaubert, Maupassant. Fresque éblouissante, baignée de la beauté des paysages normands suggérés par une belle écriture.

 

Gontcharov Oblomov 1859

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Ce livre longtemps boudé en France raconte l'histoire d'un barine élevé par sa mère. Ce velléitaire cultive un art de passer son temps à ne rien faire ou vraiment pas grand chose. Il vit seul servi par son valet Zakhar ; une préoccupation chez lui : la nourriture. L'élaboration des menus remplit une bonne partie de son temps. Pour le reste, c'est le champion de la procrastination. Ce personnage bourré de faiblesses mais terriblement sympathique passe à côté des événements politiques ; quelques allusions à la vie miséreuse du peuple, mais surtout en sourdine, un mal de vivre qui nourrit ses longues discussions lors de visites mondaines. Type humain devenu un mythe en Russie, ce personnage a donné son nom à l'oblovomisme, désignant l'apathie, l'impossibilité à agir. Ce roman, considéré par Tolstoï comme une œuvre majeure de la littérature russe, a été porté au théâtre et au cinéma.

 

Raphaël Jérusalmy La rose de Saragosse 2018

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1485 Pendant la sombre époque de l'Inquisition se produit l'assassinat d'un inquisiteur. Des caricatures signées d'une mystérieuse rose sont placardées sur les murs de la ville. Torquemada lui-même mène l'enquête. Une riche famille de Juifs récemment convertis, férus d'art, dont la fille unique est douée pour le dessin est dénoncée . Le suspense est intense... Au-delà, le roman interroge sur le rôle de l'art, comme reflet . Oeuvre dense, très bien écrite, le roman s'achève trop vite aux dires de ses lecteurs .

 

Bernard Malamud Le commis 1957

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Cet auteur juif new-yorkais qui a influencé Philip Roth retrace le parcours, dans le Brooklyn des années 50, d'un jeune émigré italien qui, après avoir braqué une misérable petite épicerie, en devient le commis. Il tombe amoureux de la fille des épiciers et veut se convertir. Son énergie tente d'enrayer la léthargie de cette famille. A travers ce personnage, circule une interrogation sur l'identité juive dans la confrontation de deux mondes ; Fable morale, interrogation sur la responsabilité, ce court récit écrit par l'auteur de L'homme de Kiev vaut la lecture.

 

Philippe Kerr La trilogie berlinoise 1989 Policier

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Cet auteur écossais récemment disparu situe les enquêtes de son détective privé, Bernie Gunther dans l'Allemagne nazie. Ce maître du roman noir construit une œuvre bien documentée et haletante. Un vrai plaisir de lecture.

 

Les lectrices du Cercle ont également apprécié :

Chanson douce de Leïla Slimani

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La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

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Les Aventuriers de l'art moderne, série en trois tomes Dan Franck 

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Pour Métaphores, Janine Delaitre

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11 février 2018

Résumé Apéro-philo - 22/03/18 - Le désir c'est ce qui dérange

Apero philo

L'Apéro-philo du mois de mars s'est tenu le jeudi 22 à 18h45 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

Le désir c'est ce qui dérange 

Résumé de la soirée :

1)    Dans une économie psychique marquée par le souci de régularité, de sécurité et de prévisibilité – telle que peut l’être celle d’un moi centrée sur le bien-être – l’apparition soudaine du désir se signale par le dérangement, vécu comme une menace, ou un beau risque. La littérature mondiale a souvent traité ce thème, et décliné les variantes de ce dérangement, parfois jusqu’aux conséquences les plus dramatiques : Anna Karenine, abandonnant sécurité, mari et enfant pour s’exalter dans la violence d’un amour qui la mènera au suicide. On reconnaîtrait la puissance du désir, sa dimension singulière précisément au dérangement qu’il cause. Il viendrait compromettre la sécurité paisible d’ « une vie rangée », ouvrant au risque et à l’incertitude.

2)    Cette analyse ne vaut pas pour le besoin, qui ne vise qu’à la conservation de la vie. Mais le désir n’est pas le besoin : le désir a une dimension d’indétermination, de variation (dans le choix des objets – qui au sens strict ne sont pas nécessaires). Dans le désir le sujet expérimente une poussée, un élan vital, une impulsion qui donne du prix à l’existence. S’il s’attache à un objet il peut s’en détourner après satisfaction, pour désirer encore ailleurs, dans une course métonymique sans cesse relancée. D’où l’hypothèse d’un manque structurel qui, du fond de l’être, détermine un mouvement interminable vers une satisfaction, toujours brève et incomplète. D’autres participants insistent plutôt sur la puissance du désir, qui signalerait un excès plus qu’un manque. Quoi qu’il en soit, le désir est là, qui agit et transit, apportant son lot de souffrances et de joies, au gré de la fortune et des circonstances.

3)    Notre énoncé n’a guère de sens si l’on s’en tient aux menus désirs de la vie quotidienne, désirs d’objets encouragés par la publicité, désirs conformes à la morale, aux impératifs sociaux etc. Ceux-là ne dérangent rien ni personne, tout au contraire ils font tourner la machine du monde. Mais d’autres désirs se signalent par leur violence, leur caractère éruptif, voire hors-norme, ou asociaux : ils menacent directement l’équilibre familial (une maîtresse, un amour passionnel, une soudaine envie de voyage au bout du monde, etc). Ou ils entraînent une totale refonte des valeurs : alors cela dérange l’entourage, bouleverse tous les rapports.

4)    Dans ces cas, plus fréquents que l’on pense, le sujet et ses proches vivent le dérangement dans un mélange d’angoisse et de peur. Mais aussi d’espoir – au moins pour le sujet lui-même, qui, risque assumé, espère un changement radical et positif de sa vie : Gauguin quittant la France, sa femme et ses enfants pour Tahiti, et pour la peinture, enfin libre, et la beauté. Il est bien difficile de comprendre quelle est la source d’une telle aspiration si on ne la partage pas : le désir de l’autre, qui n’est pas le mien, me reste une énigme. Mais à moi-même, dans l’épreuve du désir, je suis une énigme. Nous y verrons la marque propre de l’inconscient.

5)    Il semble que pour l’être humain il y ait un conflit fondamental entre l’aspiration légitime au bien-être, à la sécurité physique et psychique, conformément d’ailleurs au discours normatif de la morale, aux exigences sociales – et d’autre part un élan, une aspiration dynamique et survoltée vers un « ailleurs », un « autre monde », une intensité inépuisable qui nourrit en profondeur une insatisfaction chronique, un sentiment de révolte, une soif pour un continent inconnu « quelque part hors du monde pour y trouver du nouveau ».

Pour Métaphores, Guy Karl

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10 février 2018

Résumé Café-philo - 13/03/18 - Rechercher la beauté ?

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois de  mars (activité libre et gratuite) s'est tenu le mardi 13 à 18h45 au Palais Beaumont. Le sujet voté par les participants présents fut : 

Y a-t-il nécessité à rechercher la beauté ?

Résumé de la soirée :

1)   Existe–t-il « la beauté » ou seulement des choses, des œuvres belles ? Si la beauté en soi est introuvable, nous n’en faisons pas moins l’expérience, sous les espèces de l’émotion esthétique, de la sensation de plaisir, voire de l’extase (le syndrome de Stendhal). Expérience essentiellement individuelle, même si la beauté est régulièrement codifiée, normée par les institutions, les écoles et les traditions. Second paradoxe : si chacun est souverain dans le domaine de l’appréciation esthétique, l’idée de beauté est en elle-même universelle, comme référence, comme valeur, alors même qu’il n’existe pas d’accord universel sur la qualité de telle ou telle œuvre artistique, voire sur les beautés de la nature. Ces deux paradoxes (social-individuel ; subjectif-universel) sont indépassables, et creusent dans cette question un véritable abîme de perplexité.

2)   On relève qu’il y a bien des différences entre l’agréable, le joli, le beau et le sublime. Dans le beau il y a un élément, au-delà de la proportion, de l’harmonie, qui inquiète : «  le beau c’est ce qui désespère » (Valéry) ou de Breton : « la beauté est convulsive », expressions d’artistes qui témoignent là, d’intimité, de l’ « effroi du beau ». La beauté intimide parce qu’elle rend sensible l’écart entre la quotidienneté, la médiocrité, la banalité, la trivialité, et cette perfection à la fois offerte et refusée, accessible et inaccessible.

3)   Quelle nécessité nous pousserait à rechercher la beauté ? Plusieurs personnes évoquent la joie, l’intensité nouvelle qui transporte l’âme, qui dynamise la vie, comme un appel à une dimension supplémentaire, une certaine qualité de bonheur qui exige d’être communiquée et partagée. « Supplément d’âme » ? La beauté est du côté des forces de vie, la laideur des forces de mort.

4)   D’autres insistent plutôt sur le don de sens – à entendre à la fois comme sensualité, sentiment et comme signification. Mais quelle signification ? L’œuvre parle, parfois elle crie, créant une résonance mystérieuse et intime entre celui qui crée et celui qui contemple : accord qui ne relève d’aucune obligation ni contrainte, mais plutôt d’une « nécessité » toute subjective, à la fois libre et impérieuse. C’est pourquoi l’expérience esthétique est de l’ordre de la rareté – relative, car si pour certains, comme l’artiste, elle est vitale à sa création, elle peut être tout à fait exceptionnelle pour d’autres, ou quasiment absente.

5)   Un participant, dans un bel élan philosophique, déclare que pour lui la beauté est un psychotrope, autrement agissant que les substances chimiques. Un psychanalyste contemporain (Julia Kristeva) dirait : un contre-dépresseur. Remarque précieuse : sans psychotrope, quelles qu’en soient les modalités, que deviendrait la vie ? Songez à ce que dit Baudelaire de l’ « ivresse ».

6)   Reste que l’on assiste aussi, hélas, à un dévoiement public de l’usage de la beauté, au service de la publicité, du marketing, de la consommation, et de l’idéologie. C’est aussi un marché, et un enjeu politique et idéologie. Pensez aux artistes embrigadés de force au service de l’Etat ou du Parti.

7)   Concluons : il y a bel et bien une nécessité à rechercher la beauté, plus encore à la trouver : dans le spectacle de la nature (qui a aussi ses laideurs), dans les arts, dans les personnes, et parfois même dans la quotidienneté. Expérience précieuse, intime, réconfortante, apaisante ou dynamisante, allègre et heureuse, mais non sans un certain coefficient d’étrangeté et de distance. Si la beauté s’abaisse trop vers nous elle confine à la joliesse et perd aussitôt sa qualité propre. Il est bon que ce qui est précieux soit également rare.

Pour Métaphores, Guy Karl

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18 janvier 2018

Résumé Manhattan-philo - 07/03/18 : Penser mieux à l'écrit ou à l'oral ?

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) du mois de mars s'est tenu le mercredi 7 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. 

Sujets proposés :

Sujet 1 : L'homme et la femme, une différence naturelle ou culturelle ? 

Sujet 2 :  A quoi ressemblerait un monde idéal ? 

Sujet 3 :  Pense-t-on mieux à l'oral ou à l'écrit ? 

 

Résumé de la soirée : 

Il est remarquable que de grands philosophes et religieux n’aient rien écrit ; Socrate, Bouddha, Confucius, Epictète, Jésus, Mahomet, pour ne citer qu’eux, n’ont délivré que des enseignements oraux, transmis ensuite par leurs disciples et consignés par écrit. Cela pourrait-il nous indiquer que, non seulement « nul n’est tenu d’écrire un livre », selon le mot de Bergson, mais plus que cela, que l’oral possède une supériorité sur l’écrit ? Platon lui-même n’a-t-il pas choisi le dialogue pour penser, insistant ainsi sur la dimension d’élaboration dialectique du vrai ?

Le public prend alors la parole, pour une discussion très intéressante. Plusieurs éléments sont venus nourrir le débat. Tout d’abord, un problème de définition. Il ne faut pas, insistent plusieurs personnes, confondre la communication et la pensée. Pense-t-on mieux ? N’est pas la question : communique-t-on mieux ? Dans le premier cas, il y a élaboration d’une idée, dans le second, l’idée est simplement transmise. Pour la communication, l’écrit a une supériorité, dans la mesure où il inscrit de manière précise et structurée une pensée sur un support qui dure et échappe à l’oubli. Mais l’oral est par contre plus vivant, plus à même de faire passer les émotions et sentiments. Pour la pensée, par contre, l’écrit permet également de bien structurer son idée, tandis que l’oral est plus de l’ordre de la spontanéité.

Ensuite, se pose la question de la définition de l’oralité ? Est-ce seulement l’expression orale au sens de l’expression vocale ? Le « tchat » sur des messageries est-il de l’ordre de l’écrit ou de la parole ? Il semble qu’on soit plus dans l’ordre de l’oralité, même si on écrit quelque chose. Inversement, la conférence « lue » n’est-elle pas de l’ordre de l’écrit ? Si, affirment plusieurs personnes. On prend alors conscience que la distinction oral/écrit, n’est pas la différence entre le parler à voix haute, et l’écrit. Quelqu’un insiste alors sur le fait que l’oral met essentiellement la personne en rapport à autrui, et dessine une intersubjectivité, tandis que l’écrit laisse l’auteur dans une solitude, dans un face à face avec lui-même. Il n’y a que l’écrivain qui peut douter, tel Descartes, de l’existence du monde et des autres, mais pas l’orateur pris dans une relation intellectuelle où autrui est un pôle constituant de l’élaboration de l’idée.

La différence entre oral et écrit apparaît enfin dans la temporalité ; celle du présent pour l’oral, qui est ainsi un acte de pensée « en train de se faire », tandis que l’écrit est toujours du passé, du constitué, il est la pensée « faite ». Le besoin d’une trace écrite (d’un cours, d’une pensée, et même d’un café philo…) est ainsi le besoin d’inscrire dans le temps la pensée, et de ne pas la perdre dans l’évanescence. L’oral nous rapporte à autrui, mais l’écrit nous rapporte à ceux qui ne sont plus – ou pas encore – autrement dit à la civilisation dans son ensemble.

Le public ne parvient pas à trancher entre la supériorité de l’un sur l’autre – mais pourquoi le faudrait-il ? –, remarquant que ces modes d’expression et d’élaboration de la pensée sont tout simplement complémentaires, et varient aussi selon les sensibilités. Au fond, le seul risque est de privilégier l’un au détriment de l’autre. S’enfermer dans l’écrit nous prive du rapport vivant aux autres. Mais ne pas écrire, c’est courir le risque de ne pas clarifier sa pensée, ou encore de la perdre pour toujours, à moins que… à l’image des grands hommes cités plus haut, de fidèles disciples s’en chargent ! 

Pour Métaphores, Timothée Coyras

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17 janvier 2018

Résumé Bedous-Café-Philo - 3/03/18 - Vouloir la paix ?

Bedous café-philo

Le Café-Philo-Bedous du mois de mars s'est tenu le 03 au café L'escala à 18h en vallée d'Aspe (Bedous). Le sujet proposé pour cette rentrée philosophique fut : 

Faut-il vouloir la paix ?

Le mot paix vient du latin pax,pacis et signifie le fait de passer une convention entre deux parties belligérantes mais aussi la concorde , la tranquillité régnant dans les relations entre deux ou plusieurs personnes. Quand on considère cette notion ,nous aurions tendance à considérer immédiatement son opposé, la guerre et à avoir une vision manichéenne (Paix/guerre, bien/mal,juste/injuste ) . Mais la simple absence de guerre est-elle garantie de justice?  Ne peut-il y avoir des paix injustes? faut-il vouloir la paix à tout prix? Qu ‘est-ce qu’un refus absolu de la guerre? Dans un contexte international, la paix qu’impose le vainqueur au vaincu est perçue comme injuste par ce dernier. Faut-il alors se rallier au défenseurs d’un pacifisme radical  et penser comme Erasme “qu’il n’y a pas de paix, même injuste qui ne soit préférable à la plus juste des guerres” ?. La question  suppose de réfléchir à ce que nous voulons pour une société. Si le conflit semble inévitable, est-il nécessairement négatif et à éviter à tout prix? La paix n’est-elle qu’un leurre?  On parle de “faire la  paix”, mais quel est ce “faire”? sur quoi doit-elle se fonder ?
 
La première réflexion part du principe que toute paix suppose le dialogue et que la guerre ne serait provoquée que par un noyau de la population. Les hommes se font la guerre pour la richesse,les terres ,et certains auraient intérêt à ce que le conflit perdure. Mais n’est-ce pas là une vision partielle des choses?  L’homme n’est-il pas toujours celui qui se ment à lui-même et comment alors peut-il dialoguer avec les autres?  La paix est-elle vraiment désirée?  Le chaos est  en nous, Eros et Thanatos marchent la main dans la main, et il serait illusoire de ne pas  considérer que le conflit n’est pas de façon latente en nous.
 
D’ailleurs, est-il forcément négatif? cette énergie agressive de conquête est synonyme de pulsion de vie et la paix voulue à tout prix peut se payer au prix fort, le prix du renoncement à se faire entendre et à faire valoir ses droits pour ne pas rentrer en conflit(mort sociale de certaines minorités.). D’ailleurs, cette agressivité qui serait latente ne peut-elle être créatrice, tant au niveau individuel que collectif? Le conflit serait alors ce qui nous fait avancer. On remarque alors que penser qu’un retour à l’état de nature nous ferait retrouver la paix est illusoire (sélection  naturelle) et que la culture ,par l’éducation, les échanges ,les accords garantit la vie et semble malgré tout avoir fait avancer la paix.
 
La question se déplace alors: certes, nous avons des pulsions agressives mais ne faudrait-il pas se demander pourquoi il y a conflit ? L’idée qui vient alors est le problème de la frustration. l’homme voudrait toujours trouver un responsable à sa propre frustration et le conflit naitrait d’un défaut de reconnaissance(de sa propre agressivité,de ses semblables). c’est alors le problème de l’injustice et la question du contrat social. Le politique peut entretenir des idées fausses dans une population(la question des ressources est citée) et le fait de laisser planer l’idée d’un manque engendre la peur et le conflit potentiel. Il faudrait donc passer à autre chose  et considérer que le problème du partage et de la reconnaissance de la différence sont ici essentiels.
 
On voit alors que le problème concerne le politique et quelqu’un exprime  sa difficulté face au sujet car comment lier individu,société,gouvernement? Même si à l’échelle individuelle, nous faisons en sorte d’être en paix avec nous-même, comment faire que le haut (gouvernement) corresponde au bas(individu)? .Si nous nous accordons  sur le fait que la paix peut être injuste( la paix sociale peut n’être qu’un ordre imposé ne garantissant pas à tous les mêmes droits ) et donc n’être qu’un mot illusoire( parce que non voulue par tous), c’est cependant par la volonté de tous que  nous pourrons la rendre plus authentique. C’est la vigilance du citoyen qui doit veiller à l’équité et ne pas se contenter d’une égalité de façade. le conflit peut alors être un devoir. A l’échelle de l’humanité , la question   des droits internationaux  par exemple est  une  idée nouvelle mais qui manifeste que l’humanité peut parfois chercher à évoluer. Le conflit , s’il s’ouvre sur la discussion , le compromis est alors à l’origine de cela. il est ce qui nous permet de nous dépasser et la paix ne garantit en rien la justice. en revanche,la justice peut amener la paix et c’est donc à tout un chacun de la rendre effective.
Pour Métaphores, Vétronique Barrail

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16 janvier 2018

Résumé Apéro-philo 22/02/18 : Vie et hasards

Apero philo

 

L' Apéro-philo, du mois de février s'est tenu le jeudi 22 au café-restaurant Un Dimanche à la campagne sur le sujet suivant : 

Notre vie n'est-elle qu'une suite de hasards ?

Résumé de la soirée : 

1)   Le sujet est abordé à partir du livre de  Freud : « Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci » qui pose le problème avec beaucoup d’acuité : peut-on comprendre une destinée individuelle à partir d’une constellation de hasards qui ont façonné l’enfance et déterminé l’orientation générale de la vie ? Quelle est la part du hasard, des hasards, et celle de la liberté, si du moins une telle liberté existe ?

2)   Le premier temps de la réflexion est consacré au hasard. On relève que le terme renvoie à la pratique du jeu de dé. Le hasard c’est le dé qui tombe. On ne peut prévoir le coup, du moins individuellement. Le hasard ainsi compris marque notre impuissance à savoir, à maîtriser le cours des choses. Même si on peut parvenir à une certaine connaissance des séries (la loi des grands nombres et la prévisibilité statistique) la prévision du cas individuel (cas=caso= chance) est impossible. Ce qui va nous arriver tel jour à telle heure est imprédictible, et pourtant cela peut avoir de grandes conséquences pour notre vie : ex une rencontre, un accident de voiture etc. Quoi que nous fassions pour limiter les hasards il reste un coefficient d’incertitude qui ouvre sur la nouveauté et parfois sur le tragique.

3)   Pour ce qui est de notre destinée on peut relever un ensemble impressionnant de « circonstances «  et d’ « influences » qui préexistent et qui vont modeler notre vie : déterminations familiales, appartenances, pressions de groupe, modèles et normes de comportement etc. Tout cela crée les conditions d’une certaine régularité, façonnant peut-être la destinée. Mais elles ne sauraient exclure le rôle d’irrégularités imprévisibles qui peuvent orienter le cours dans un sens différent : apparaît alors de l’inconnu, du risque, mais aussi de l’imaginaire, et du désir.

4)   Surgit alors un nouvel élément de la problématique : que peut la conscience ? Que ferai-je des déterminations qui pèsent sur moi, que je n’ai pas choisies ? Ce hasard qui fait irruption dans ma vie que vais-je en faire, le nier, le refouler, l’examiner, l’intégrer et m’en servir selon mon désir ? C’est ici qu’il semble possible de poser la question de la liberté : je ne suis pas libre de ne pas être affecté par le hasard, mais je peux choisir le sens que je lui donnerai pour moi-même.

5)   Vivre sa vie c’est tracer un chemin – mais ce chemin est-il déterminé par le désir d’autrui ou par le jeu obscur des hasards et la force des circonstances – ou bien le sujet peut-il revendiquer sa part, sa part de conscience et de décision ? C’est dans l’épreuve du choix que se fait concrètement ce travail de réappropriation, de subjectivation. Face au hasard il appartient au sujet de « se hasarder » - de se lancer lui-même dans un espace non balisé où il puisse faire l’épreuve de sa liberté.

Pour Métaphores, Guy Karl

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15 janvier 2018

Résumé Café-philo - 13/02/18 : Perdre son temps ?

CAFE-PHILO (2)

Le CAFE-PHILO du mois de février 2018 (activité libre et gratuite) s'est tenu mardi 13 à 18h45 à Pau au Palais Beaumont. Il fut animé par Guy, philosophe, et modéré par Nicole. Le sujet voté par l'assemblée présente et motivée fut :

Pourquoi faudrait-il ne pas perdre son temps ?

Résumé de la soirée : 

1)   La question est évidemment une provocation, si l’on songe à l’injonction universelle de mettre son temps à profit, de gagner du temps, de gérer le temps, voire de le maîtriser. Si «  le temps c’est de l’argent » on saisit d’emblée la nature de cette injonction, dans un monde dominé par le souci de la rentabilité, de l’utilité et de la performance.  D’où l’intérêt de la question : faut-il se soumettre sans résistance au diktat du système, ou bien rechercher un autre rapport au temps, dans lequel le sujet puisse sauvegarder ou affirmer quelque chose de sa subjectivité créatrice ?

2)   D’emblée le groupe met l’accent sur cette injonction sociale et sociétale : le temps est précieux, il faut l’utiliser, ne pas le gaspiller, ne pas le perdre. Etre efficace, gérer rationnellement, être performant. Discours dominant qui exerce une pression constante, au travail, mais aussi hors du travail, dans les loisirs, l’organisation familiale, les rapports sociaux ; diktat qui détermine les rythmes de la vie sociale, mais aussi individuelle. Forme moderne de la moralité, avec ses devoirs et ses interdits spécifiques, qui détermine largement l’image que chacun se fait de soi et qu’il renvoie aux autres.

3)   Le manquement à cette injonction crée chez certains un sentiment de malaise, une sorte de stress, ou de mauvaise conscience : cela vérifie l’analyse précédente.

4)   Mais ces analyses ne rendent compte que d’un aspect de la question en négligeant le pôle subjectif : le sentiment de perdre son temps s’éprouve plutôt dans l’ennui, dans l’impuissance, dans l’inoccupation stérile, voire dans des occupations faites sans plaisir. On peut perdre son temps tout en se dévouant  à quelque tâche socialement utile, pour peu qu’on n’y trouve aucun intérêt personnel. Apparaît alors un nouveau thème : le temps devient mon temps si je suis en accord avec moi-même, si j’agis en conformité avec moi-même, selon mon désir, en exerçant ma liberté. Dans ce registre les injonctions et valeurs sociales n’ont plus cours. Le temps perdu c’est le temps aliéné.

5)   Perdre son temps c’est souffrir, soit par impuissance, inhibition – alors je ne puis rien faire, ni agir, ni penser – soit parce que je suis contraint de faire ce que je n’ai nulle envie de faire. Sitôt que je retrouve mon désir et ma liberté je n’ai plus le sentiment de perdre mon temps, et même si je ne fais que contempler, penser ou rêver, je suis dans mon temps (mon tempo) personnel, j’ai le plaisir d’être là, présent à moi et au monde. Voir la cinquième « Rêverie » de Rousseau, qui, allongé sur sa barque au milieu du lac de Bienne, goûte le ravissement d’une inactivité plaisante et le pur sentiment de son existence.

6)   « Les processus inconscients sont intemporels » notait Freud. C’est dire que par un côté de notre être nous sommes étrangers aux impératifs sociaux, dans la rêverie, le fantasme, le désir et les productions diverses de l’art. L’homme est condamné à vivre sur deux plans à la fois, s’adaptant vaille que vaille à la nécessité sociale (principe de réalité), et rêvant d’une vie plus libre (principe de plaisir). Quand l’opposition entre les deux plans est trop violente l’homme souffre, et a le sentiment de perdre son temps en manquant sa vie. Dans l’idéal on peut souhaiter que chacun puisse, dans la mesure de ses moyens, et selon les circonstances, introduire un peu de fantaisie dans le sérieux de la vie, et faire souffler « un supplément d’âme ».

Pour Métaphores,

Guy Karl

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13 janvier 2018

Résumé Manhattan-philo 7/2/17 : La philosophie est-elle dangereuse?

Manhattan-philo1

Le Manhattan-Philo du mois de Février s'est tenu le mercredi 7 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. Notre animateur, Timothée Coyras, exceptionnellement absent ce soir a été remplacé par Guy.

Nous avons substitué à la formule rituelle du Manhattan avec ses trois sujets (qui seront relancés le mois prochain) un café-philo en recueillant en début de soirée des propositions soumises au vote.

Le groupe présent a opté majoritairement pour la question suivante : 

La philosophie est-elle dangereuse ?

Résumé de la soirée :

1)   Danger pour qui ? Le système politique ? Les valeurs et les coutumes ? Ou bien danger pour celui qui s’y livre, en raison de quelque inquisition ou répression à son égard ? Ou encore parce que l’exercice de la philosophie, même en régime démocratique, serait intrinsèquement dangereux ?  Il faudra en conséquence distinguer les types de danger selon leur source mais aussi selon leur nocivité, réelle ou supposée. On peut croire qu’il y a du danger là où objectivement il n’y en a aucun.

2)   Que faut-il entendre par philosophie ? Est-ce le corpus impressionnant des textes classiques et modernes ? Est-ce l’institution universitaire, voire, au lycée, la classe de philosophie ? Mais il n’y a pas de philosophie vivante hors de la pratique, et celle-ci est essentiellement personnelle, même s’il faut souvent passer par un apprentissage auprès d’un aîné. La question devient : que faut-il entendre par « philosopher », et quel danger – éventuel – encourrait celui qui se livre à cette pratique ?

3)   Le groupe met l’accent sur le doute, inséparable de l’activité philosophique. On convoque l’exemple cartésien : qu’est-ce que penser, en quoi la pensée est-elle l’activité propre du sujet, qui dans la pensée découvre son existence : je pense, je suis, j’existe. Peut-on dès lors généraliser le doute, suspendre les croyances établies, les traditions, les savoirs – et pourquoi pas les pouvoirs ? A-t-on le droit de procéder à un universel examen de toutes les opinions et certitudes ? C’est là que l’on retrouve le problème politique et religieux, avec le danger bien réel qui a pesé sur nombre d’esprits libres, qui parfois furent pourchassés, condamnés, exécutés (Socrate, Giordano Bruno par ex). Les régimes autoritaires et surtout totalitaires veulent mettre la pensée au service du pouvoir et y parviennent souvent par leur politique de répression. Dans cette situation là il y a danger réel, et tout le problème est de contourner la censure, comme le fit Spinoza en son temps.

4)   Philosopher c’est mettre en doute, interroger, problématiser : « Ose te servir de ton entendement » disent les Lumières. A la source de cette pratique c’est l’étonnement qui joue le rôle de déclencheur, étonnement devant l’opacité du monde (les espaces infinis de Pascal), devant la souffrance (Schopenhauer, Bouddha), devant l’énigme de la mort etc. Etonnement qui sera stérile si l’on en reste au constat, fertile si le sujet « travaille » le pathos en se servant de son intelligence. Dans ce champ-là ce n’est pas tant le pouvoir politique qui présente un danger que le sujet lui-même qui se fait peur à lui-même, invoquant des forces imaginaires qui le détourneraient de l’activité de penser : idoles interiorisées, inhibitions psychiques, soumission aveugle à l’autorité, peur du châtiment céleste, besoin de protection et de sécurité, bref ce que Kant appelait la « lâcheté ». Philosopher s’entend dès lors comme un travail de libération psychique, dont beaucoup de maîtres ont su donner l’exemple.

5)   On comprend mieux dès lors pourquoi les pouvoirs n’aiment pas la philosophie. Ce n’est pas un contre-pouvoir au sens strict, ce n’est pas un parti d’opposition, ni une niche d’antisociaux, rebelles et réfractaires. C’est une école de pensée, une « scholè » au sens grec : un loisir créateur, un lieu ouvert de discussions et d’échanges, un atelier d’essais, bref un lieu de parole. Son objet est l’étude de l’homme, comment cet homme peut évoluer de l’immaturité constitutive à la pleine maturité psychique, avec quelles méthodes, avec qui : sans doute faut-il au penseur un ami, comme le fut La Boétie pour Montaigne. Et pour tous l’amie par excellence que les Anciens appelaient la Sagesse.

6)   Pour conclure je me suis permis un petit apologue sur Diogène le Chien, dont on peut toujours discuter les thèses, mais qui a offert l’exemple d’un détachement souverain à l’égard des biens de ce monde, des valeurs en cours et des idéologies sociales, allant jusqu’à apostropher Alexandre, le maître du monde : « ôte-toi de mon soleil » !

Pour Métaphores, Guy Karl

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04 janvier 2018

Résumé Cercle littéraire 6/2/18 : Lectures partagées

Cercle Littéraire

Le cercle littéraire du mois de février s'est tenu le mardi 06 février au Dimanche à la campagne. La soirée animée par Janine Delaitre a été consacrée aux ouvrages évoqués lors du dernier Cercle (clic).
 
Résumé de la soirée :

Résultat de recherche d'images pour "Falaise des fous"Patrick Grainville Falaise des fous ; ce roman évoque Etretat de 1868 à 1927 et les peintres Monnet, Courbet . La grande densité d'évènements apprend beaucoup sur cette période , Paris et la Commune, Etretat et les Terrre-neuvas

Résultat de recherche d'images pour "La jeune fille à la perle"Tracy Chevallier La jeune fille à la perle livre qui fait entrer dans l'intimité et le travail du peintre Vermeer . A redécouvrir .

Résultat de recherche d'images pour "Quand sort la recluse"Fred Vargas Quand sort la recluse Oeuvre très appréciée par plusieurs lectrices. Une intrigue haletante et tissée avec une maîtrise redoutable, qui intoduit dans un monde mystérieux et ignoré .

Résultat de recherche d'images pour "Couleurs de l'incendie"Pierre Le Maître Couleurs de l'incendie suite de Au revoir là-haut , dix-spet ans après…Ce récit captivant narre la vengeance menée par Madeleine contre trois personnes . Rebondissements, structure de roman feuilleton, ambiance à la Dumas, la patte de l'auteur de polar est bien présente .

Résultat de recherche d'images pour "Le gang des rêves"La vengeance toujours mais à New-York, dans les années 1909-1920 dans le milieu de la mafia avec Le gang des rêves de Lucas de Fulvio (2016) Cette oeuvre très bien écrite et poétique montre de façon documentée l'envers du rêve américain.

Résultat de recherche d'images pour "Les enfants de Venise images"Une suite : Les enfants de Venise .Auteur cubain :Padura, L'homme qui aimait les chiens met en scène l'assassinat de Trotsky. Ce roman mi-historique, mi-policier fait défiler le XX°, les Brigades Internationales, les communistes assujettis à Moscou et dresse la critique du castrisme. Autres romans du même auteur : Les hérétiques, La bourgeoisie . Un roman plus psychologique sur une Emma Bovary moderne, situé dans le Nord

Résultat de recherche d'images pour "Danser sur l'abîme"Danser sur l'abîme Grégoire de Lacour ( 2017) L'auteur s'est fait connaître par La liste de mes envies , ouvrage sur le désir.

Résultat de recherche d'images pour "L' homme qui voyait à travers les visages"Le dernier livre d'Eric Emmanuel-Schmitt L' homme qui voyait à travers les visages ,suite de La nuit de feu suscite des avis divergents: le mysticisme et le surnaturel dérangent ou enthousiasment . Une enquête, des rebondissements, du suspense, pas de réponse définitive …Chacun se fera son opinion.

Résultat de recherche d'images pour "La croisée des mondes"Une lecture d'«ados», l'univers de la fantasy, vraiment palpitant et à découvrir : Philippe Pullman. La croisée des mondes , La trilogie de la poussière . Bien écrit, un vrai plaisr de lecture .

Résultat de recherche d'images pour "Chanson de la ville silencieuse"On aime ou pas : Olivier Adam Chanson de la ville silencieuse 2018 La fille d'une rock-star qui ressemble à Nino Ferrer, recherche son père disparu à Lisbonne . Un ton juste pour cette quête menée par une jeune fille discrète . « Très beau roman tout en délicatesse » , selon François Busnel . Le monde politique est évoqué dans La renverse , Peine perdue , le Japon dans Le coeur régulier

Résultat de recherche d'images pour "Auprès de moi"Le Nobel 2017 Kazuo Ishiguro est cité (ne pas se fier au nom japonais ; l'auteur est britannique) Auprès de moi toujours Récit d'anticipation (mais jusqu'à quand? ) sur les clones . Cette oeuvre très bien écrite et captivante pose de graves questions éthiques .

Résultat de recherche d'images pour "Quand nous étions orphelins"Quand nous étions orphelins 2001 est considéré comme le chef d'oeuvre de cet écrivain.Le géant enfoui 2015 sorte d'épopée médiévale relatant le voyage d'un couple âgé est jugé difficile .

Résultat de recherche d'images pour "La petite-fille de Monsieur Linh"Une valeur sûre : Philippe Claudel : sa nouvelle La petite-fille de Monsieur Linh , conte très émouvant évoque les drames de l'émigration . Le rapport de Brodeck est un très beau récit sur le thème de l'exil et de la déportation .

Pour Métaphores, Janine Delaitre

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02 janvier 2018

Résumé Atelier-philo - 30/01/18 : La reconnaissance : Hegel et Honneth

Atelier-philo 2

L' Atelier-philo du mois de janvier s'est tenu le mardi 30 à 18h45 au  "Dimanche à la campagne". Cette soirée libre et gratuite, fut consacrée au thème de la reconnaissance en compagnie de Pierre Bernet, docteur et professeur de philosophie, spécialiste de Hegel. La soirée fut animée par David Pourille, président de notre association Métaphores. Après une analyse de la reconnaissance chez Hegel par notre invité, l'animateur proposa un prolongement théorique à partir des thèses de Axel Honneth (La lutte pour la reconnaissance), philosophe et sociologue allemand contemporain.  

"Reconnaître un enfant, reconnaître ses torts, reconnaître les faits ou reconnaître le mérite de quelqu’un, …, la reconnaissance est vraiment polymorphe. Pour autant, nos sociétés aujourd’hui sont traversées par un souci de reconnaissance, de soi, déjà, mais aussi des communautés auxquelles on appartient, qu’elles soient ethniques, linguistiques, sexuelles ou autres." (Pierre Bernet)

Résumé de la soirée :

La reconnaissance devient aujourd’hui un thème d’analyses socio-politiques de plus en plus courant. Les revendications sociétales à la reconnaissance remplaceraient, selon André Gorz, les luttes de classes ou leurs revendications. Reconnaissance de quoi ? Reconnaissance de qui ? Ce thème a été inauguré par le philosophe allemand G.W.F. Hegel au début du XIXème siècle et est devenu le thème principal des réflexions philosophiques d’un autre philosophe allemand, contemporain, Axel Honneth.

Résultat de recherche d'images pour "hegel"Hegel, La Phénoménologie de l'esprit

Pour le premier, Hegel, la reconnaissance est l’objet d’une lutte entre deux figures, l’un a la maîtrise sur l’autre, cet autre demeurant dans la servitude. A tort nommée la dialectique du maître et de l’esclave (traduisant mal le mot allemand qui renvoie plutôt à la servitude), cette dialectique est une lutte au risque de sa vie. Les deux figures luttent pour l’accès à la liberté. « L’individu qui n’a pas mis sa vie en jeu peut bien être reconnu comme personne ; mais il n’a pas atteint la vérité de cette reconnaissance d’une conscience de soi indépendante » écrivit Hegel dans sa Phénoménologie de l’esprit (1807).

Axel Honneth s’inscrit dans cette philosophie dialectique et agonistique. Dans son ouvrage La lutte pour la reconnaissance (1992), il structure trois processus de reconnaissance : affective, l’amour ; juridique, la responsabilité ; sociale voire éthique, les capacités et qualités de chacun. Chaque forme se développe de manière parallèle : l’amour induit la confiance en soi et a pour négation la violence, le mépris ; la responsabilité induit le respect de soi et a pour négation la privation de droit, l’exclusion ; et les capacités et qualités reconnues induisent l’estime sociale qui a pour négation l’humiliation, l’offense. Selon Honneth, il existe une lutte, ou une concurrence pourrait-on dire en simplifiant, pour l’accès à ses processus de reconnaissance ; cette lutte est sociale et elle a pour point de départ le mépris de ceux qui refusent aux autres l’accès aux reconnaissances.

Résultat de recherche d'images pour "Honneth"Axel Honneth, La Lutte pour la reconnaissance

Après une présentation détaillée de cette lutte pour la reconnaissance, sont proposées au large public présent trois questions : cette reconnaissance existe-t-elle ? Quelles formes prend-elle ? Et enfin, la lutte pour la reconnaissance peut-elle servir de norme ?

Si d’emblée on perçoit la reconnaissance comme un mouvement de la vie, car on entre dans le monde dans des formes qui ne sont pas « moi », et il s’agit donc de transformer l’autre comme mien, une objection apparaît : la reconnaissance est un jeu dupé, un ratage fondamental car « on n’aime que des qualités » (référence à une citation de Blaise Pascal), une reconnaissance pleine et entière serait un idéal inaccessible, sources de souffrances. Il ne peut y avoir de reconnaissance intégrale. Par la suite, cette quête de reconnaissance, si fréquente sur certains réseaux sociaux, est contredite par une recherche de réel anonymat sur d’autres réseaux sociaux moins visibles et plus militants.

La critique de la quête de reconnaissance s’approfondit : le besoin de reconnaissance ne s’apparente-t-il pas à une forme de dépendance et de perte de liberté ? Puis c’est le concept lui-même que l’on cherche à réfuter, car la reconnaissance présuppose une identité que l’on voudrait pérenne. On lui oppose alors la recherche de considération. Par ailleurs, où se situe le critère de la reconnaissance interroge-t-on ?

Le débat, plus fourni que ce résumé ne le laisse paraître, aboutit à la figure de l’artiste. L’artiste et sa subjectivité disparaît à la faveur de l’œuvre d’art pour, chez certains en tout cas, une élévation de l’esprit. L’artiste doit-il être reconnu ? Non affirme-t-on, il doit être au-delà.

 

Merci au public de s'être déplacé aussi nombreux pour un moment de belle densité philosophique et de discussion particulièrement riche.

Pour Métaphores, David Pourille

    

 

 

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