02 février 2015

Résumé du Cercle Littéraire du 05/02/15 : Camus

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Le cercle littéraire du jeudi 05 février 2015 animé par Janine Delaitre s'est tenu au Pub-Restaurant "Chez Pierre", 14 rue Barthou (Pau) sur le thème suivant :

 L'absurde, la révolte et l'humanisme - Albert Camus

Présentation et résumé de la soirée :

1) Présentation

     « Écrire, ma joie profonde ». Qui aurait pu imaginer que le petit garçon d'un quartier pauvre d'Alger,orphelin d'un père tué à la guerre de 14 et fils d'une mère analphabète se verrait un jour consacré par un prix prestigieux entre tous , le Prix Nobel de Littérature, et deviendrait une des voix les plus marquantes du XX°siècle ?

       C'est par le journalisme qu'Albert Camus entra en littérature . Très tôt, s'affirment le combat contre l'injustice, et le besoin de donner la parole à ceux qui n'ont pas accès aux mots. A travers l'écriture de romans, de pièces de théâtre et d'essais , il poursuit une quête inlassable , ponctuée d' interrogations simples mais fondamentales : ses personnages dévoilent ses inquiétudes face au mal, à la souffrance, à la mort. De Meursault, l'énigmatique « étranger » au docteur Rieux pour qui l'essentiel est de « bien faire son métier »  en passant par Clamence, taraudé par le remords, Camus questionne inlassablement l'existence humaine, absurde, mais dont le sens est à construire.

      Cependant, si l'œuvre de Camus incarne et analyse tour à tour ces inquiétudes, elle célèbre aussi la beauté du monde, le soleil, la mer, la joie d'être et les noces avec le monde. « Pensée de midi » qui dissipe les brumes de la peur.

        Quelques œuvres majeures de CAMUS :

des romans : L'étranger La peste  La chute, Le Premier homme (oeuvre posthume et autobiographique)

des essais : Le mythe de Sysiphe, L'Homme révolté

des pièces de théâtre : Caligula, Le malentendu, Les Justes

Lettres à un ami allemand

Des articles de journaux, en particulier La profession de journaliste et le texte de son discours à la réception du Prix Nobel Discours de Suède. 

II) Résumé

             Le Cercle littéraire consacré à Albert Camus a débuté sur l'évocation des divers visages de cet auteur: l'homme de théâtre, le romancier, l'essayiste, l'intellectuel engagé. La discussion s'est ouverte sur la position de Camus dans la Guerre d'Algérie: son attachement à sa terre natale, son désir de justice lui ont fait envisager une solution qui ne léserait aucune des deux communautés, et ont motivé ses appels à la paix. Le film "Loin des hommes" de David Oelhoffen librement inspiré de la nouvelle L'Hôte, tirée de "L 'Exil et le Royaume" reflète d'ailleurs ces préoccupations.

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       Cette question, ainsi que la divergence sur l'attitude à adopter face à Staline et à l'URSS, a alimenté le conflit avec Sartre. Les "Lettres à un ami allemand" rappellent l'importance de la tolérance et le choix de valeurs centrées sur l'homme.

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        Cela  conduit le groupe à s'interroger sur l'humanisme revendiqué par Camus comme réponse à l'absurde et manière d'être au monde pour l'homme révolté . Est défendu cet engagement, fraternel et solidaire, parfois sous-estimé : on rappelle les formules assassines: "morale de boy-scout" ou encore "morale de la croix rouge ". Or, devant le scandale de la souffrance, qui s'éprouve et ne se raconte pas, celle ajoutée par l'homme à l'ordre du monde, il faut agir et combattre inlassablement.
       Comment interroger la pensée de Camus aujourd'hui ?  L'humanisme est-il mort ? Dans le vide du sens et de l'existence, il s'agit de penser autrement le rapport avec nous-mêmes. L'homme doit trouver une norme non auto référencée pour vivre. On ne peut pas sortir de l'humanité, mais il devient indispensable de reconsidérer la place de l'homme dans le monde.
        L'influence de la pensée philosophique de Camus est éclairée par ses combats ; il n'est pas un philosophe au sens traditionnel du terme, il ne conceptualise pas beaucoup. Cependant, c'est un grand penseur, qui donne à penser : Il reste une figure majeure de l'intellectuel engagé. 

     JD   

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12 décembre 2014

Résumé du Cercle littéraire du 08/01/15 : Dostoïevski

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Le Cercle littéraire, présenté et animé par Janine Delaitre, s'est tenu le jeudi 08 janvier, au café-restaurant Chez Pierre (14 rue Barthou, Pau) sur le thème suivant : 

 

 Ombre et lumière chez Dostoïevski 

 

        Fiodor Mikhaïolovitch DOSTOÏEVSKI    (1821-1881)

I)  Présentation

      « Dostoïevski est la seule personne qui m'ait appris quelque chose en psychologie », affirme Nietzsche à propos de ce géant de la littérature russe et mondiale. Son nom évoque aussitôt des titres emblématiques : L' Idiot, Crime et Châtiment, L'Eternel Mari,  Les Frères Karamazov mais aussi Souvenirs de la maison des morts, évoquant les terribles années de bagne en Sibérie ou encore Les Démons.

      Il faut dépasser l'inquiétude que peut susciter l'œuvre de Dostoïevski, réputée sombre et tragique, et oser se plonger dans son univers dense et fourmillant qui prend souvent pour cadre la ville de Pétersbourg, sordide et altière. S'y croisent et se heurtent des personnages inoubliables dans lesquels s'affrontent les grandes passions humaines et s'expriment les questions qui ont sans cesse taraudé l'auteur.

      Figures d'assassins, d'ivrognes, de débauchés à côté de visages purs illuminant la nuit la plus épaisse. Qui l'emporte alors dans cette lutte entre ombre et lumière, or et écorce ? 

 II) Résumé de la soirée  

        La présentation rappelle les moments importants de la biographie de Dostoïevski. Cette vie, digne d'un roman, commence à Moscou entre un père médecin, sévère et violent et une mère tendre. A Saint-Pétersbourg, il fréquente l'Ecole militaire mais ne ressent que peu de goût pour les matières scientifiques et techniques ; il perd très tôt ses parents. Jeune homme réservé et solitaire, il dévore les œuvres de W.Scott, Shakespeare, Sue, Balzac dont il traduira Eugénie Grandet. Une grande amitié le lie à son frère Mikhaïl ; très tôt,le jeune homme se découvre une vocation littéraire. D'abord bien accueilli avec sa première œuvre, Les Pauvres gens (1846), il est ensuite boudé. Ses premières crises d'épilepsie apparaissent (1848) ; il publie Les Nuits blanches sa fréquentation d'un groupe révolutionnaire lui vaut arrestation, simulacre d' exécution (1849) et quatre ans de bagne en Sibérie. De cette période date sa foi très vive.

         Au retour de ses huit années de peine, activités littéraires, vie sentimentale et voyages vont alterner : deux mariages en 1857, puis en 1867 ; des publications : Souvenirs de la maison des morts (1860), Humiliés et Offensés ; la revue Le Temps, (1861), Crime et Châtiment puis Le Joueur (1866) L'Idiot (1868) ; L'Eternel mari (1870) ; des voyages en Allemagne, à Paris, Londres, en Suisse, Italie, au cours desquels il cède au démon du jeu, sans cesse harcelé par le besoin d'argent.  Le retour à Saint-Pétersbourg en 1871 ouvre une période plus apaisée : Dostoïevski ne joue plus. Apprécié du nouvel Empereur, il devient membre de l 'Académie de sciences et de divers comités.  Il publie Les Démons, puis un mensuel, le Journal d'un écrivain, enfin Les Frères Karamazov (1880) , son dernier roman.

           Le projet de Dostoïevski : analyser et résoudre le mystère de l'homme pour devenir lui-même un homme ouvre la discussion. Son univers est peuplé d'êtres en souffrance qui incarnent la misère humaine et sa profonde dualité. Meurtres, suicides, vices, ivrognerie témoignent des tourments qui agitent les figures romanesques de cette œuvre foisonnante. Ainsi, Douce raconte le mariage d'un vieil homme fortuné et d'une jeune fille qui finit par se suicider. Le crime, mystérieux et injustifiable, est un thème récurrent. Le meurtre de la vieille usurière par Raskolnikov, n'est pas mis au service des idéaux qui semblent le motiver. Le film de Woody Allen, Match Point est convoqué pour évoquer la complexité de ces motivations.

          On remarque que l'univers de Dostoïevski présente de violents contrastes entre les situations et les personnages, au plus profond d'eux-mêmes. Le pouvoir occupe une place majeure dans les relations entre les gens ; la violence physique, verbale, morale est omniprésente. Cet aspect est particulièrement visible dans Les Frères Karamazov, unis dans leur haine pour leur père. Certaines scènes récurrentes la traduisent : la scène du cheval battu à mort pleuré par un enfant, scène vécue par l'auteur dans sa jeunesse, que l'on retrouve chez Nietzsche (Turin 1888). La culpabilité et la souffrance forment un couple indissociable ; mais la souffrance peut-elle éponger la culpabilité ? Dans cet univers de ténèbres, la lumière naît souvent de figures féminines : Sonia, Lisa figures angéliques de bonté et de pureté. Mais ces personnages ne sont pas dénués d'ambiguïté. Sonia se prostitue, une part de perversion se glisse dans certains personnages enfantins.

          Autre hantise repérée et analysée par Freud : le désir de parricide qui se révèle dans l'épilepsie du romancier : deux phases se succèdent lors de ses crises : un sentiment de triomphe peut-être lié à l'assouvissement de la pulsion, suivi d'une retombée. On retrouve cela dans le jeu, Dostoïevski s'appliquant à tout perdre comme pour mieux s'humilier et retrouver ensuite l'énergie créatrice.

          Le bouddhisme comme le christianisme soulignent que l'on peut sortir de la souffrance en invitant à en rechercher la cause. Car c'est l'ignorance qui nourrit la souffrance. La douleur est sublimée dans la création ; mais l'écriture ne le sauve pas. L'oeuvre de Dostoïevski sonde magistralement l'âme humaine, les ressorts subtils et secrets qu'elle met au jour habitent des personnages marquants ; ténèbres de l'âme humaine mais une espérance cependant, à l'image de l'amour absolu qui sauve Raskolnikov, rédemption lumineuse présente dans tous les romans.

                   Pour "Métaphores", JD

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09 décembre 2014

Résumé du Cercle littéraire du 04/12/14 : Péguy, Lorca, Rimbaud

 

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             Le dernier Cercle Littéraire animé par Janine Delaitre s'est tenu le jeudi 04 décembre 2014 au café du Boulevard (avenue des Pyrénées Pau) autour de la thématique suivante :

"Charles Péguy, Federico Garcia Lorca, Arthur Rimbaud : Trop jeunes pour mourir" (Animatrice : Janine Delaître)

 

                Quelques mots relatifs à cette soirée :

               "La mort prématurée frappe toujours de stupeur et interroge sur la destinée. Celle des écrivains prend une dimension particulière car la mort interrompt brutalement une parole créatrice qui avait encore à dire. Que nous apprennent alors de l'aventure littéraire ces destins définitivement figés ?

 Le chant de Lorca suspendu par les assassins qui le guettaient ; la litanie incantatoire de Péguy éteinte aux premiers jours de la guerre de 14 par une balle en plein front résonnent dans  leurs mots. L'âpre sentiment du tragique de la vie, l'âme divisée mais un profond amour de la terre natale, des paysages et des visages de l'enfance, les convictions politiques et spirituelles, marquent l' oeuvre de ces hommes aux engagements forts.

 L'aventure poétique de Rimbaud ne dura que quelques années ; son insolent génie interroge sur l'étincelle de la création. Bateau ivre naufragé avant les rives de la mort humaine, mystère de l'étreinte de la rugueuse réalité, quête de l'Idéal cependant entrevu, tous trois ne désiraient-ils pas changer la vie ?"

                  Pour "Métaphores", JD

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05 décembre 2014

Qu'est-ce que le Cercle littéraire ?

Cercle littéraire

 

         Le Cercle littéraire invite les amoureux de la littérature à partager leur goût des mots et des livres. Belle occasion pour relire ou lire des auteurs de toute époque et de tous horizons. Une rencontre est programmée de manière bimestrielle autour d'un ou plusieurs écrivains, d'une thématique ou d'un enjeu prédéfini. La perspective destinée à orienter les échanges est précisée en même temps que la date et le lieu de la rencontre.

      La séance s'ouvre sur une présentation des auteurs et de la perspective par l'animatrice, se construit par les apports des participants :  lectures de passages d'oeuvres, réflexions, confrontation de points de vue, ouvertures sur d'autres arts, ou d'autres champs.

      L'esprit du Cercle littéraire est de favoriser le croisement des idées, de stimuler l'intérêt pour la littérature et la poésie, de susciter des curiosités et des émotions, de permettre à chacun de s'exprimer en toute liberté .

        C'est aussi un moment de convivialité où s 'échangent des informations sur les dernières parutions, lectures, films, expositions et autres activités culturelles...ou pas ! 

          Pour Métaphores, JD

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