Manhattan-philo1

 Le Manhattan-Philo (activité libre et gratuite) du mois d'octobre s'est tenu le mercredi 10 à 18h45 au Manhattan-café, rue de Sully à Pau. 

 

Sujets proposés :

Sujet 1 : Qu'est-ce qui distingue l'homme des autres animaux ?

Sujet 2 : Pourquoi punir ?

Le sujet choisi par le groupe fut :

Qu'est-ce qui distingue l'homme des autres animaux ?

Résumé de la soirée :

Pour cette soirée philosophique au Manhattan, le public a choisi de parler de l’homme et de l’animal autour de la question suivante : « Qu’est-ce qui distingue l’homme de l’animal ? ». J’ai introduit ce sujet en commençant par souligner que cette question du propre de l’homme n’est pas réglée, en dépit de la théorie de l’évolution. Car s’il est clair que l’homme est un animal, qu’il est issu d’un processus d’évolution du vivant, la nature de l’homme reste indéfinie. Et cette nature est plus essentielle à connaître que la nature d’une autre espèce animale. En effet, ainsi que Kant le rappelle, la question « Qu’est-ce que l’homme ? » est la question qui résume tout le questionnement philosophique. Et puisque définir, c’est délimiter, il est légitime de chercher à délimiter l’homme des autres animaux pour comprendre sa spécificité.

Durant la soirée, on peut dire que deux grandes lignes de réflexion sont apparues. La première a consisté à interroger la légitimité de la question. En effet, il apparaît à plusieurs que cette question relève d’une volonté de se distinguer du monde animal, d’un besoin de se penser supérieur et de donner des raisons à cette supériorité. L’exploitation que l’homme fait du monde animal se trouve ainsi légitimée par un tel discours anthropocentriste. Certains avancent que l’homme pourrait n’être qu’un animal parmi d’autres, sans distinctions particulières telles que la conscience ou l’intelligence, qui s’observent chez les animaux. Pour un autre, la notion d’espèce humaine n’a tout bonnement pas de sens eu égard à la théorie de l’évolution. L’espèce n’est qu’une vue, qu’une coupe faite sur l’histoire évolutive. Pour un autre enfin, l’homme n’est tout bonnement pas capable de se définir car il ne peut pas s’objectiver, étant tout à la fois juge et partie ; son jugement est donc biaisé.

Une seconde ligne de réflexion a consisté à proposer une série de critères permettant de démarquer l’homme et l’animal. Ont été cité en particulier la raison, la conscience, ou encore la parole. Ces termes restants assez généraux, certains ont établi des distinctions plus précises. En particulier, a été mentionné la capacité à la symbolisation. L’homme serait ainsi un animal créateur d’un univers symbolique, notamment par le biais du langage, dans lequel il peut produire à loisir des fictions. Le symbole, chez l’homme, serait ainsi à distinguer du signal, chez l’animal. Le symbole renvoie dès lors à la pensée, tandis que le signal renvoie à l’action et à la réaction. Un autre, enfin, propose de voir dans la capacité que l’homme a de s’interroger sur sa nature une marque distinctive de l’humanité. En effet, les animaux n’observent pas les hommes pour les connaitre, mais nous, en revanche, nous observons les animaux pour chercher à savoir non pas tant ce qu’ils sont, que ce que nous sommes. 

 Pour Métaphores,

Timothée Coyras