Bedous café-philo

Le Café-Philo-Bedous du mois de mars s'est tenu le 03 au café L'escala à 18h en vallée d'Aspe (Bedous). Le sujet proposé pour cette rentrée philosophique fut : 

Faut-il vouloir la paix ?

Le mot paix vient du latin pax,pacis et signifie le fait de passer une convention entre deux parties belligérantes mais aussi la concorde , la tranquillité régnant dans les relations entre deux ou plusieurs personnes. Quand on considère cette notion ,nous aurions tendance à considérer immédiatement son opposé, la guerre et à avoir une vision manichéenne (Paix/guerre, bien/mal,juste/injuste ) . Mais la simple absence de guerre est-elle garantie de justice?  Ne peut-il y avoir des paix injustes? faut-il vouloir la paix à tout prix? Qu ‘est-ce qu’un refus absolu de la guerre? Dans un contexte international, la paix qu’impose le vainqueur au vaincu est perçue comme injuste par ce dernier. Faut-il alors se rallier au défenseurs d’un pacifisme radical  et penser comme Erasme “qu’il n’y a pas de paix, même injuste qui ne soit préférable à la plus juste des guerres” ?. La question  suppose de réfléchir à ce que nous voulons pour une société. Si le conflit semble inévitable, est-il nécessairement négatif et à éviter à tout prix? La paix n’est-elle qu’un leurre?  On parle de “faire la  paix”, mais quel est ce “faire”? sur quoi doit-elle se fonder ?
 
La première réflexion part du principe que toute paix suppose le dialogue et que la guerre ne serait provoquée que par un noyau de la population. Les hommes se font la guerre pour la richesse,les terres ,et certains auraient intérêt à ce que le conflit perdure. Mais n’est-ce pas là une vision partielle des choses?  L’homme n’est-il pas toujours celui qui se ment à lui-même et comment alors peut-il dialoguer avec les autres?  La paix est-elle vraiment désirée?  Le chaos est  en nous, Eros et Thanatos marchent la main dans la main, et il serait illusoire de ne pas  considérer que le conflit n’est pas de façon latente en nous.
 
D’ailleurs, est-il forcément négatif? cette énergie agressive de conquête est synonyme de pulsion de vie et la paix voulue à tout prix peut se payer au prix fort, le prix du renoncement à se faire entendre et à faire valoir ses droits pour ne pas rentrer en conflit(mort sociale de certaines minorités.). D’ailleurs, cette agressivité qui serait latente ne peut-elle être créatrice, tant au niveau individuel que collectif? Le conflit serait alors ce qui nous fait avancer. On remarque alors que penser qu’un retour à l’état de nature nous ferait retrouver la paix est illusoire (sélection  naturelle) et que la culture ,par l’éducation, les échanges ,les accords garantit la vie et semble malgré tout avoir fait avancer la paix.
 
La question se déplace alors: certes, nous avons des pulsions agressives mais ne faudrait-il pas se demander pourquoi il y a conflit ? L’idée qui vient alors est le problème de la frustration. l’homme voudrait toujours trouver un responsable à sa propre frustration et le conflit naitrait d’un défaut de reconnaissance(de sa propre agressivité,de ses semblables). c’est alors le problème de l’injustice et la question du contrat social. Le politique peut entretenir des idées fausses dans une population(la question des ressources est citée) et le fait de laisser planer l’idée d’un manque engendre la peur et le conflit potentiel. Il faudrait donc passer à autre chose  et considérer que le problème du partage et de la reconnaissance de la différence sont ici essentiels.
 
On voit alors que le problème concerne le politique et quelqu’un exprime  sa difficulté face au sujet car comment lier individu,société,gouvernement? Même si à l’échelle individuelle, nous faisons en sorte d’être en paix avec nous-même, comment faire que le haut (gouvernement) corresponde au bas(individu)? .Si nous nous accordons  sur le fait que la paix peut être injuste( la paix sociale peut n’être qu’un ordre imposé ne garantissant pas à tous les mêmes droits ) et donc n’être qu’un mot illusoire( parce que non voulue par tous), c’est cependant par la volonté de tous que  nous pourrons la rendre plus authentique. C’est la vigilance du citoyen qui doit veiller à l’équité et ne pas se contenter d’une égalité de façade. le conflit peut alors être un devoir. A l’échelle de l’humanité , la question   des droits internationaux  par exemple est  une  idée nouvelle mais qui manifeste que l’humanité peut parfois chercher à évoluer. Le conflit , s’il s’ouvre sur la discussion , le compromis est alors à l’origine de cela. il est ce qui nous permet de nous dépasser et la paix ne garantit en rien la justice. en revanche,la justice peut amener la paix et c’est donc à tout un chacun de la rendre effective.
Pour Métaphores, Vétronique Barrail