Café-philo

Le dernier Café-philo avant la pause estivale s'est tenu le mercredi 20 juillet au café restaurant Un Dimanche à la campagne (face parc Beaumont). Le sujet voté démocratiquement par les participants sur la base des propositions (questions, citations...) fut : 

"Le danger n'est pas ce qu'on ignore, c'est ce qu'on tient pour certain et qui ne l'est pas." (Mark Twain)

Cette citation a suscité le plus de suffrages parmi les participants qui dès le début s’engagent dans la phase d’éclaircissement du danger. Potentiel ou réel ? Certain ou imaginé ? Au final, on retient l’idée que le danger est manifeste alors que le risque est plus probable. Par ailleurs, la perception du danger est-elle la même pour tous ou n’est-elle que relative à chacun ? Impossible de trancher, on convient qu’il faut abandonner le danger en général comme se concentrer sur tel ou tel danger, événement brutal de la nature, guerres, violences, sauvageries, menaces… mais par exemple un homme, une attitude ou telle ou telle conception. Car derrière la perception du danger se trouve déjà l’idée de représentation que l’on en a et la question de ce à quoi renvoie cette représentation. De plus, Mark Twain n’invite pas à réfléchir sur le danger en soi, ni sur tel ou tel danger particulier, mais sur ce qui est dangereux, à savoir l’ignorance ou la certitude. C’est bien là un reversement de l’opinion commune selon laquelle est dangereux ce que l’on ignore alors que ce qui est dangereux, c’est plutôt les certitudes auxquelles on tient, quand bien même ce que l’on tient pour certain ne l’est pas. Il y a là un conflit.

Le débat se porte alors plus sur les préjugés et les croyances que le danger en lui-même. Lesquelles sont dangereuses ? Qu’est le plus dangereux : l’ignorance ou la certitude ? On creuse alors le besoin de sécurité corrélé au besoin de certitude. La certitude protège, sécurise face à la peur, à l’angoisse, à l’absence de maîtrise. D’ailleurs, la maîtrise n’est-elle pas non plus une croyance plutôt qu’une réalité ?

C’est la croyance, le fait de croire en quoi que ce soit, y compris dans le champ religieux mais aussi politique, idéologique… qui devient alors le centre du débat, cette croyance qui nous fait tenir pour certaines nos opinions. Car on peut croire une chose certaine sans qu’elle le soit, comme lorsqu’on croit suivre une règle de grammaire ou une règle de politesse alors qu’en fait nous confondons croire suivre ces règles et suivre en fait ces règles.

Pour Métaphores DP