Café-philo

           Le café-philo (activité libre et gratuite) s'est tenu le mardi 10 novembre 2015 à 18h45 au café associatif La Coulée douce (Cité des Pyrénées - rue berlioz - PAU).

Après un vote des participants, le sujet retenu a été : L'humour, force ou faiblesse ?

Résumé de la soirée :

1)      Nous commençons par situer l’humour dans la gamme comique, à côté du mot d’esprit, de la plaisanterie, de la dérision, du caustique, voire du cynique, tout en reconnaissant qu’il existe une spécificité de l’humour qui semble résister à tout effort de définition. L’humour permet une mise à distance, effectuant un pas de côté, par lequel le sujet se dégage de l’épaisseur, de la lourdeur des choses et des situations. Il y a dans l’humour un gain de légèreté, de souplesse, une sorte de respiration soudaine qui désarme le conflit, et sans le résoudre, le rend moins brutal. L’humour allège l’existence.

2)      L’humour s’oppose à l’esprit de sérieux, mais d’une manière très subtile. Car le sérieux n’est pas nié, ni refusé, au contraire rien de plus lucide que l’humour qui constate en vérité le caractère tragique de l‘existence (le fait de la mort, de la souffrance, du deuil, de l’absurde, de l’incompréhensible et du dérisoire) mais au lieu de se rouler dans le négatif, il en sort par le haut, encore une fois sans le nier, mais en déplaçant l’accent, en pointant une dimension de vérité sur le mode caustique ou léger, créant la surprise, ridiculisant l’esprit de lourdeur. « Je ne sais pas si Dieu existe, mais allez donc trouver un plombier le dimanche ! » (Woody Allen) 

 3)      L’humour a un certain rapport avec la vérité : il dit, mais indirectement, allusivement, en quoi il se présente comme un remède au tragique, tout en véhiculant la conscience tragique. Il serait « cathartique », c’est-à-dire de nature à opérer une purgation des passions tristes. A condition toutefois de ne pas dégénérer en posture, en système, ce qui en ruinerait les effets positifs, donc qui relèverait plus de la faiblesse de caractère que de la force.

 4)      Il faut une certaine force d’âme pour user librement et spontanément de l’humour, quand de toutes parts agissent les forces de la convention, de la retenue morale, de la bien-pensance. Dans l’humour en effet on peut voir à l’œuvre l’intelligence des situations, le plaisir de surprendre, le goût de provoquer, de dénoncer, qui confèrent un bénéfice de plaisir. Il faut une singulière force pour accepter de voir le réel en face, et, sans le nier, le « guérir » en le transposant : métaphore et poésie.

 

Pour Métaphores, GK

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