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             Le café-philo du 21 avril 2015 s'est tenu pour la première fois au Café associatif La Coulée Douce (clic) à la Cité des Pyrénées, 29 bis rue Berlioz à Pau.

La soirée s'est passée idéalement : accueil très chaleureux, ambiance conviviale et concentrée, dynamique collective de grande qualité, sens de l'écoute et une pause apéritive bienvenue avec quelques assiettes et boissons à des tarifs "associatifs". Nous tenons à remercier Marie et l'équipe de bénévoles pour leur gentillesse et leur sens de l'accueil.

 

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Les trente-cinq personnes présentes ont proposé une dizaine de sujets. Le sujet qui a été voté et traité dans la foulée fut :

 

"Pouvons-nous nous passer de nos masques ?"

 

1)   Le masque renvoie au premier chef à la « persona », personnage de théâtre, rôle conventionnel. C’est la nécessité qui nous contraint à jouer notre rôle, ou nos rôles plutôt, dans la vaste tragi-comédie sociale.,,  Le masque est un signe d’appartenance (songeons aux masques des sociétés traditionnelles) qui signifie une position, un statut, un ou des rôles sous lesquels l’individualité s’éclipse.

2)   D’où la question des fonctions : il y a les masques qui dissimulent, ceux qui visent à tromper, ceux qui donnent à voir. Cacher et montrer sont en fait dans une étroite relation de paradoxe, si bien qu’on ne sait trop si, en se masquant, le sujet se dissimule, ou si, tout au contraire, il n’exhibe pas ce qu’il cache. Subtil jeu de dupes, où, croyant tromper l’autre, on finit par se duper soi-même…Au jeu du désir les dés sont toujours pipés.

3)   D’où une autre question : quel rapport le masque  entretient-il avec la vérité ? La vérité est-elle de l’ordre du « naturel », de la nudité, voire de la sauvagerie ? La civilisation ne commence-t-elle pas avec l’artefact, l’artifice, donc la vêture, et le masque. Il est sans doute un peu naïf de croire qu’à enlever le masque on révèlerait la vérité. Les masques nous sont consubstantiels, comme le langage et la culture, encore qu’il soit possible de distinguer entre des masques « intériorisés », invisibles, connaturels, et les masques de parade ou de circonstance qu’on peut mettre en enlever à loisir.

4)   Il semble que chacun ait intérêt, au bout du compte, à se réfugier derrière ses masques, s’ils ne nous étouffent pas, si nous pouvons prendre conscience qu’ils existent et qu’ils sont inévitables : c’est dans ce modeste interstice que se glisse une chance de liberté. Sachant, je ne suis plus totalement dupe. Mes masques, mes rôles, mon personnage, les connaissant, je peux apprendre à en jouer – et revoici l’acteur, un peu moins niais, un peu dégrossi, acteur-joueur.

5)   Finalement, existe-t-il une sphère d’intimité où « les masques tombent » où l’on peut être en résonance avec l’autre, et surtout en congruence avec soi ? Que craignons-nous dans ce dévoilement ? Quelle est cette peur ? Quelles émotions voulons-nous éviter ? Sans doute y a–t-il ici un puissante force de refoulement, celle peut-être qui a présidé à la socialisation elle-même, à cet âge tendre où s’est construite une image de soi, premier masque, le mieux oublié, et peut-être, inamovible, indéchiffrable.

Pour Métaphores, GK

         

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