Atelier-philo

 

           L' Atelier-philo s'est tenu le mardi 17 mars 2015 à 18h45 au Pub-restaurant Chez Pierre (14 rue Barthou) à Pau. A cette occasion,  la philosophie et l'art ont dialogué autour du sujet suivant :

A-t-on besoin de comprendre une oeuvre d'art pour l'apprécier ?

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        L'animateur-philosophe, David Pourille a reçu Bernadette Charpentier, artiste plasticienne pour interroger dans le cadre d'une discussion ouverte les enjeux du sujet et inviter le groupe à réfléchir sur cette question. 

         Comme il est convenu de le faire dans un atelier, la présentation de la question s’est contentée d’analyser les termes et de soumettre au public quelques questions comme pistes de réflexions possibles. Ainsi, comprendre, qui n’est pas expliquer, consiste-t-il à acquérir une signification, un sens, à cerner une conclusion (« j’ai compris, ou non, son explication » entend-on…). Apprécier a une double utilisation : on apprécie un prix (c’est une évaluation), on apprécie une personne (c’est une estimation). Mais que viennent faire ces verbes comprendre et apprécier dans le rapport à l’œuvre d’art ? Surtout que vient faire comprendre, qui relève de l’activité intellectuelle, avec l’œuvre d’art, qui relève ou relèverait de la sensibilité, et l’estime qu’on peut lui porter ? C’est l’ensemble des relations possibles à l’œuvre d’art qui sous-tend la question.

 I)        Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? C’est ce qui est essentiellement inexplicable et non reproductible développe Kant dans sa Critique de la faculté de juger. Si ces critères s’avèrent intéressants et utiles pour distinguer ce qui est une œuvre d’art de ce qui ne l’est pas, ils s’avèrent insuffisants pour déterminer ce qu’est une œuvre d’art de manière exhaustive, et surtout pour trouver des « airs de famille » entre elles, si diverses. D’ailleurs, le problème de la nature de l’œuvre d’art est réapparu à plusieurs reprises lors de la soirée.

                 Une tendance forte a largement dominé les échanges, celle d’un rapport direct et spontané à l’œuvre d’art, sans médiation de la connaissance ou de quelque compréhension que ce soit. Car le rapport à celle-ci appartiendrait à l’ordre de l’émotion, et non de la connaissance. D’ailleurs, cette émotion, dite esthétique, n’est pas n’importe quelle émotion ; une émotion qui serait plus profondément encore une expérience à part entière, voire une jouissance esthétique. Cependant l’effet d’une œuvre d’art sur le spectateur ne se limite pas à l’émotion : elle manifeste une dimension active ou activante, elle mobilise chez lui une possibilité d’action. Plus rares ont été les points de vue d’un rapport plus intellectuel à l’œuvre qui pourrait augmenter l’émotion que l’on ressent. Une question posée apporta un contraste intéressant à ce rapport spontané dominant : « une œuvre d’art laissant indifférent cesserait-elle d’être une œuvre d’art ? ».

             Étonnamment, selon l’animateur qui rédige ces lignes, la complémentarité des deux approches n’a pas trouvé son expression, ni même celle du fait que plusieurs rapports différents à une œuvre d’art puissent exister, indépendamment ou simultanément.

  II)        Et du point de vue de l’artiste ? Bernadette, artiste plasticienne, a su avec autant d’authenticité et de simplicité présenter son expérience de créativité en évoquant le travail de l’artiste d’où émane une œuvre qui n’a pas de fin en soi. Le travail de l’artiste fermente un matériau pour restituer une expérience ou une rencontre avec le monde.

              Pour conclure – non pas sur la question mais sur la soirée, les avis, points de vue, idées et conceptions des participants ont pris corps dans une parole collective qui a su évoquer et développer l’émotion esthétique, l’expérience esthétique ; ceci tout en parvenant, le plus souvent, à argumenter, s’affiner, se corriger et s’enrichir…

                 

              Pour Métaphores, DP